FRANCE 18 novembre 2015

Hommage aux Invalides pour les 130 victimes des attentats

Attaques a Paris- Assaut à Saint Denis - Attaque à Bamako (Suite)

Avertissement ; grands-reporters.com n’est pas un site d’actualité mais vu l’importance des évènements à Paris, nous rendrons compte. Avec AFP

Hommage aux Invalides pour les victimes des attentats

C’est dans la cour d’honneur des Invalides, que sera rendu, vendredi 27 novembre, celui aux cent trente victimes de ce funeste 13 novembre.

« C’est extrêmement rare [d’y honorer des civils], explique la défense. Quand des honneurs sont rendus à un civil, c’est parce qu’il avait un passé de résistant ou un haut grade dans la Légion d’honneur. Mais le président a voulu cette cérémonie aux Invalides du fait du caractère très solennel de cette cour carrée et de ce qu’elle représente dans la mémoire collective. »

Une « Marseillaise » pour commencer, une autre pour conclure

La cérémonie devrait durer une heure, mais sa scénographie définitive faisait encore l’objet d’ultimes ajustements jeudi soir. Une Marseillaise pour commencer, une autre pour conclure. Les honneurs militaires, ensuite, même si la question de l’opportunité d’une sonnerie aux morts est discutée, certains responsables la considérant comme non pertinente s’agissant de victimes civiles. Le Les cent trente noms des disparus seront égrenés un à un, à l’exception d’un seul, les proches s’y étant opposé. L’option d’une succession de portraits photographiques des victimes sur un grand écran a été écartée, plusieurs familles n’ayant pas souhaité en fournir.

En revanche, des portraits seront posés dans la cour d’honneur, mais il fallait encore trouver le moyen qui permettrait à l’assemblée de les voir sans que les caméras filment ceux pour lesquels les familles s’y opposent.

Le discours rendra « hommage aux victimes et, à travers elles, à la génération à laquelle ces victimes appartenaient », explique-t-on enfin à l’Elysée. « Un hommage à la France, à sa façon de vivre, à sa liberté et à sa spécificité. »

Plus d’un millier de personnes devraient être présentes. La plupart des proches des victimes ont répondu présents. Des blessés mais aussi des personnes qui se trouvaient en terrasse ou dans la salle de concert du Bataclan le soir des attentats, et qui ont été choquées, feront également le déplacement.

« Votre main tendue, nous n’en voulons pas »

Deux familles ont fait savoir publiquement qu’elles n’assisteraient pas à cette messe républicaine et qu’elles se désolidarisaient de cet hommage.

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Après les attentats à Paris, le "trauma" par un des meilleurs spécialistes français Louis Crocq « Il faut les accueillir de nouveau parmi les vivants »

Pompiers, sauveteurs, témoins, familles… sont réellement traumatisés après leur expérience directe avec la mort. (Article dans Libération )

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Attaque à l’hôtel Radisson de Bamako : "la prise d’otages est terminée"

La prise d’otages à l’hôtel Radisson de Bamako, lancée vendredi matin par des individus armés, est "terminée", a affirmé à l’AFP une source militaire malienne en milieu d’après-midi.

"La prise d’otages est terminée. Nous sommes actuellement en train de sécuriser l’hôtel". Un journaliste de l’AFP devant l’hôtel a vu des agents de la protection civile en sortir des corps dans des sacs mortuaires orange sur des brancards.

Prise d’otages à l’hôtel Radisson de Bamako : "18 corps retrouvés"

Les corps de 18 personnes ont été retrouvés dans l’hôtel Radisson Blu de Bamako, théâtre vendredi d’une attaque avec prise d’otages, a indiqué à l’AFP une source de sécurité étrangère. "Dix-huit corps ont été retrouvés", a affirmé à l’AFP cette source sous le couvert de l’anonymat, précisant que les forces spéciales françaises venues de Ouagadougou, au Burkina Faso voisin, se trouvaient à l’intérieur de l’hôtel et "participaient aux opérations aux côtés des Maliens".

Un Belge tué dans la prise d’otages de l’hôtel Radisson à Bamako

Un Belge a été tué dans la prise d’otages de l’hôtel Radisson de Bamako, a annoncé vendredi son employeur, le parlement de la communauté francophone de Belgique.

Ce haut fonctionnaire au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles "était en mission à Bamako dans le cadre d’une convention de collaboration avec la francophonie parlementaire pour une durée de trois jours", a indiqué le porte-parole de l’assemblée, cité par l’agence Belga. Le ministère belge des Affaires étrangères avait auparavant fait état de quatre Belges enregistrés dans l’hôtel. Attaques à Bamako : des forces spéciales françaises présentes au Radisson Blu

Des forces spéciales françaises sont déployées à l’hôtel Radisson Blu de Bamako, théâtre depuis vendredi matin d’une prise d’otages massive, dont de nombreux étrangers, a annoncé le ministère français de la Défense. "En réponse à la demande des autorités maliennes, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a décidé l’envoi d’un détachement de forces spéciales françaises", en provenance du Burkina Faso. Ces éléments "sont en place depuis 14H00 heure française (13H00 GMT)", selon le ministère.

Hôtel attaqué à Bamako : "des touristes ou des responsables d’entreprises de nombreuses nationalités" (Hollande)

François Hollande a indiqué vendredi qu’il y a dans l’hôtel Radisson de Bamako, où des personnes sont retenues en otages, "des touristes ou des responsables d’entreprises de nombreuses nationalités", appelant à la précaution les "ressortissants français dans des pays sensibles". Dans l’hôtel, "il y a des touristes ou des responsables d’entreprises de nombreuses nationalités", a déclaré le chef de l’Etat, qui s’exprimait en marge d’une réunion sur la conférence climat de Paris COP21.

Il n’a pas précisé si des Français se trouvaient dans l’hôtel, mais il a demandé à ceux se trouvant au Mali de contacter l’ambassade de France à Bamako "pour être protégés".

Par ailleurs, douze membres d’un équipage d’Air France qui se trouvaient à l’hôtel Radisson de Bamako au moment d’une attaque par des hommes armés sont en "lieu sûr", a annoncé la direction d’Air France. Une quarantaine de gendarmes du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) partent vendredi en mission au Mali après l’attaque de l’hôtel Radisson de Bamako, a annoncé de son côté le ministère de l’Intérieur.

Une fusillade était en cours vendredi matin à l’hôtel Radisson de Bamako, au centre de la capitale, devant lequel les forces de l’ordre ont établi un périmètre de sécurité, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.

Des tirs d’armes automatiques pouvaient être entendus de l’extérieur de l’hôtel qui compte 190 chambres. "Ca se passe au septième étage, des jihadistes sont en train de tirer dans le couloir", a déclaré une source de sécurité à l’AFP.

Le cerveau présumé des attentats de Paris tué, état d’urgence prolongé

Le cerveau présumé des attentats de Paris, le jihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, a été tué dans l’assaut policier mené mercredi en banlieue parisienne, a annoncé jeudi la justice française.

Son corps, "criblé de balles" durant l’assaut, a été "formellement identifié", selon un communiqué du procureur François Molins, en charge de l’enquête. Mercredi, un assaut policier de grande ampleur avait été lancé contre un appartement de Saint-Denis, à la périphérie nord de Paris, à la suite d’un témoignage indiquant qu’Abdelhamid Abaaoud, présumé être en Syrie, se trouvait en fait en France.

Surnommé Abou Omar al-Baljiki ("le Belge" en arabe), ce jihadiste de 28 ans activement recherché était une des figures francophones de l’Etat islamique (EI), l’organisation qui a revendiqué les pires attentats jamais commis en France (129 morts, 352 blessés).

Petit délinquant radicalisé parti combattre en Syrie en 2013, Abaaoud s’était illustré fin 2014 par un aller-retour express en Europe à la barbe des services de renseignements, pour y préparer des attentats finalement déjoués. Son nom avait été évoqué par les services de renseignement américains dans un rapport en mai, qui mettait en garde contre une possible attaque structurée de l’EI en Europe.

Son sort restait jusqu’à présent incertain, alors que les corps déchiquetés des deux personnes tuées dans l’assaut de Saint-Denis étaient en cours d’identification. Huit personnes ont par ailleurs été arrêtées au cours de l’opération, dont les identités n’ont pas été encore divulguées.

- Rester ’prudent’ -

"Abaaoud, le cerveau de ces attentats - l’un des cerveaux car il faut être particulièrement prudent et nous savons les menaces - se trouvait parmi les morts", a déclaré jeudi le Premier ministre Manuel Valls aux députés. Mercredi, le procureur l’avait présenté comme "l’instigateur" présumé "de nombreux projets d’attentats ou attentats terroristes en Europe pour le compte" de l’EI.

Après l’identification de Abaaoud, les enquêteurs s’attachent à identifier les restes de la deuxième personne retrouvée morte dans l’appartement de Saint-Denis. Les policiers qui sont intervenus pensent qu’il s’agit d’une femme ayant déclenché son gilet d’explosifs.

La traque se poursuit par ailleurs contre Salah Abdeslam, 26 ans, un autre suspect clé, membre présumé du groupe qui a mitraillé le 13 novembre les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam qui s’est fait exploser.

Il est activement recherché après sa fuite samedi de Paris. Deux complices présumés de cette fuite ont été arrêtés à Bruxelles et inculpés pour "attentat terroriste". Un autre jihadiste, non identifié, serait peut-être aussi en cavale. Côté belge, six perquisitions ont été lancées jeudi dans la région de Bruxelles dans l’"entourage direct" de Bilal Hadfi, 20 ans, l’un des kamikazes de Paris. L’annonce de la mort d’Abaaoud "le Belge" intervient dans un contexte tendu, avec le vote jeudi à l’assemblée de la prolongation de l’état d’urgence, "réponse rapide d’une démocratie face à la barbarie", selon le Premier ministre.

Attentats : sept interpellations au total à Saint-Denis, dont trois dans l’appartement visé par l’assaut

Attentats : assaut terminé de la police à Saint-Denis, mort d’une femme kamikaze

Des tirs nourris, un centre-ville bouclé et survolé par un hélicoptère : un assaut policier d’ampleur mercredi à Saint-Denis, aux portes de Paris, a visé Abdelhamid Abaaoud, planificateur présumé des attentats qui ont fait 129 morts vendredi.

Lors de l’intervention terminée en milieu de matinée, deux forcenés sont morts, selon des sources policières, dont une femme qui s’est fait exploser, un acte sans précédent. Elle "a activé son gilet explosif au début de l’assaut", mené dans un appartement de Saint-Denis, non loin du Stade de France où l’un des attentats a été mené, a annoncé le procureur de la République de Paris, qui n’a confirmé que ce décès.

Abdelhamid Abaaoud, jihadiste belge de 28 ans, est recherché depuis janvier. Surnommé Abou Omar Soussi ou Abou Omar al-Baljiki, ce membre de l’organisation Etat islamique (EI), qui a revendiqué les pires attentats de l’histoire de France, est soupçonné d’avoir également projeté des attaques en Belgique. Jusque-là, les enquêteurs le localisaient en Syrie.

Les policiers d’élite du Raid ont extrait trois hommes de l’appartement, aussitôt placés en garde à vue, a précisé le procureur. Outre ce trio, interpellé "immédiatement, sans montrer de grande résistance", selon une source proche de l’enquête, quatre autres personnes ont été interpellées.

Dans le quartier envahi de policiers et de soldats en casques et gilets pare-balles, munis d’armes automatiques, une journaliste de l’AFP a vu les forces de l’ordre emmener un homme qui disait avoir hébergé deux personnes "qui venaient de Belgique" dans l’appartement, et une de ses amies.

Cinq policiers ont été légèrement blessés au cours de l’assaut, lancé vers 04H20 par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et le Raid. Les opérations de sécurisation se poursuivaient en fin de matinée dans l’immeuble à la recherche d’éventuels autres suspects. Une perquisition a également eu lieu dans un autre logement du quartier, qui était vide.

- "On se croirait en guerre" -

Depuis les attentats, les enquêteurs traquent Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d’avoir été l’un des tireurs qui ont mitraillé vendredi soir les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser. L’homme est activement recherché, notamment en Belgique, où les attaques ont été organisées selon les autorités. Une vidéo accrédite par ailleurs l’existence d’un autre assaillant dans le commando qui circulait à bord d’une Seat noire.

Deux hommes ont été arrêtés samedi dans le quartier bruxellois de Molenbeek, plaque tournante du jihadisme, et inculpés par la justice belge pour "attentat terroriste". Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 20 ans, sont soupçonnés d’avoir exfiltré Salah Abdeslam en Belgique après les tueries.

Les trois équipes coordonnées, qui ont fait 129 morts (117 ont été identifiés) et 352 blessés (221 encore hospitalisés dont 57 en réanimation), auraient été composées au total de neuf hommes : trois kamikazes aux abords du Stade de France à Saint-Denis, trois autres dans la salle de spectacles du Bataclan et trois assaillants pour les terrasses de bars et restaurants dans la capitale. Plusieurs ont déjà été identifiés, tous français : Samy Amimour (28 ans), Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans).

Mostefaï, Amimour et Hadfi se sont rendus en Syrie. C’est probablement le cas aussi des deux frères Abdeslam.

Les policiers ont aussi diffusé la photo d’un des kamikazes du Stade de France, pour obtenir des informations sur cet homme passé par la Grèce cet automne. On a retrouvé près de son cadavre un passeport syrien dont l’identité correspond à celle d’un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois.

Autre jihadiste français qui intéresse les enquêteurs : Fabien Clain, vétéran du jihadisme, qui a revendiqué au nom de l’EI dans un enregistrement les attaques parisiennes.

Saint-Denis : "deux personnes sont décédées dont une femme par explosif"

La police a mené deux opérations à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dans le cadre de l’enquête sur les attentats. Un mort (une femme kamikaze) et cinq interpellations. L’un des organisateurs présumés des attentats, Abdelhamid Abaaoud, était la cible de l’assaut à Saint-Denis.

Si le plus gros de l’opération semblait achevé, elle se poursuit. La cible de l’opération est bien Abaaoud, mais on ignore s’il était bien présent ou non. Il ne fait en tous cas pas partie des personnes interpellées.

Attentats : assaut de la police à Saint-Denis, mort d’une femme kamikaze

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Qui est Abdelhamid Abaaoud, le jihadiste cible de l’assaut de Saint-Denis ?

Abdelhamid Abaaoud est l’organisateur présumé des attentats du 13 novembre. Cible de l’assaut en cours mercredi matin au nord de Paris, Abaaoud est un jihadiste belge de 28 ans devenu un membre très actif du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, d’où il nargue les polices européennes depuis des années.

Né en 1987 dans la commune bruxelloise de Molenbeek, il se fait appeler Abou Omar Soussi, du nom de la région du sud-ouest du Maroc dont sa famille est originaire, ou Abou Omar al-Baljiki (Abou Omar "le Belge"). "C’était un petit con", harcelant ses condisciples et ses professeurs ou volant des portefeuilles, a raconté un ex-camarade de classe au tabloïd populaire belge La Dernière Heure.

Le "petit con" est maintenant dans le viseur des enquêteurs français et belges, qui voient en lui l’organisateur présumé des tueries de Paris qui ont fait vendredi 129 morts et 352 blessés et ont été revendiquées par l’Etat islamique.

Le suspect-clé dans ces attaques, Salah Abdeslam, qui a de fortes attaches lui aussi à Molenbeek et qui est activement recherché, ainsi que son frère Brahim, qui s’est fait exploser dans l’Est parisien, connaissaient Abaaoud. Ils apparaissent tous les trois dans des dossiers criminels de droit commun en Belgique.

"Abou Omar al-Baljiki" avait déjà fait la une des journaux belges début 2014 après avoir emmené en Syrie son petit frère Younes, 13 ans, surnommé "le plus jeune jihadiste du monde" par certains médias. Il aurait rejoint d’autres combattants belges, rassemblés dans une brigade d’élite de l’EI. Il apparaît, fine barbe et bonnet de style afghan sur la tête, dans une vidéo de l’EI où il se vante de commettre des atrocités, s’adressant goguenard à la caméra au volant d’un véhicule qui tire des cadavres mutilés vers une fosse commune.

- ’La honte de la famille’ -

"Avant, on tractait des jet-skis, des quads, des grosses remorques remplies de cadeaux, de bagages pour aller en vacances au Maroc. Maintenant, on tracte les infidèles, ceux qui nous combattent, ceux qui combattent l’islam", se vante-t-il, sourire aux lèvres, dans un mélange de français et d’arabe. Il a le profil d’un individu de la "classe moyenne", a souligné mardi le quotidien flamand De Morgen. Selon le journal, le jeune homme avait été envoyé par son père, commerçant, dans un collège chic de la commune résidentielle d’Uccle, dans le sud de Bruxelles.

"Nous avions une belle vie, oui, même une vie fantastique ici. Abdelhamid n’était pas un enfant difficile et c’était devenu un bon commerçant. Mais tout à coup, il est parti pour la Syrie. Je me suis demandé tous les jours pour quelle raison il s’est radicalisé à ce point. Je n’ai jamais reçu de réponse", avait déclaré en janvier son père, Omar Abaaoud, à la Dernière Heure. "Abdelhamid a jeté la honte sur notre famille. Nos vies sont détruites", avait réagi son père : "Pourquoi, au nom de Dieu, voudrait-il tuer des Belges innocents ? Notre famille doit tout à ce pays", avait expliqué Omar Abaaoud, dont la famille est arrivée en Belgique il y a 40 ans, en ajoutant qu’il ne "pardonnerait jamais" à Abdelhamid d’avoir "embrigadé" son jeune frère Younes.

Le plus connu des quelque 500 Belges partis combattre en Syrie ou en Irak est surtout lié à la "cellule de Verviers".

- Coïncidence troublante -

Le 15 janvier, une semaine après les attentats de janvier à Paris, la police belge avait donné l’assaut dans une maison de cette ville de l’est de la Belgique, tuant deux de ses occupants, qui selon les enquêteurs s’apprêtaient à cibler les forces de l’ordre.

Abaaoud n’est pas sur place. Mais début février, il revendique avoir "planifié" ces attentats déjoués de justesse dans une interview que lui attribue Dabiq, le magazine de l’EI.

"Nous avons finalement réussi à rejoindre la Belgique. Nous avons alors réussi à obtenir des armes et à établir une planque tout en planifiant de mener des opérations contre les +croisés+", se vantait-il. Selon la presse belge, Abaaoud avait été localisé en Grèce, d’où il communiquait avec les deux jihadistes tués à Verviers. Un coup de filet à Athènes n’avait pu réussir à l’arrêter.

"J’ai pu partir et venir à el-Cham (en arabe la Grande Syrie ou sa capitale Damas, NDLR) malgré la chasse menée par tant de services de renseignement", se félicitait-il dans Dabiq. En juillet, Abdelhamid Abaaoud a été condamné à Bruxelles, en son absence, à 20 ans de prison dans un procès sur les filières de recrutement de jihadistes belges pour la Syrie.

Au Bataclan, c’était "l’enfer de Dante" pour un policier de la BRI

C’était "l’enfer de Dante" : arrivé au Bataclan 35 minutes après le début de l’attaque vendredi soir, un policier de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) raconte l’assaut au terme d’une prise d’otages sanglante.

"A 21H40, nous avons eu les premiers coups de téléphone, nous disant qu’il y avait des explosions au Stade de France puis des coups de feu au centre de Paris", explique ce policier, qui souhaite garder l’anonymat. A 22H00, une première équipe quitte le "36", siège mythique de la police judiciaire parisienne au Quai des Orfèvres, "avec un peu de matériel". "Nous étions dans le hall du Bataclan à 22H15".

Un commissaire de la brigade anticriminalité (BAC) de Paris qui s’était rendu sur place avec son chauffeur avait abattu un jihadiste au rez-de-chaussée de l’établissement.

"Quand on arrive, on n’entend aucun tir. On se demande si les terroristes sont partis par l’arrière", raconte le policier de la BRI qui fait partie de la "première colonne" entrant dans les lieux.

"On a vu des morts sur le trottoir, puis dans le hall d’accueil. Dans ce qu’on appelle la fosse, il y avait plusieurs centaines de personnes couchées les unes sur les autres, appelant au secours, un mélange de gens morts, de gens blessés", a raconté à l’AFP Denis Safran, médecin de la BRI qui était dans la colonne.

"Je n’ai jamais vu ça", confirme le policier. "Une marée humaine, l’enfer de Dante, du sang partout, on marche sur des corps, on glisse sur du sang", se souvient-il.

- "Des otages partout" -

"Chaque fois qu’on ouvre une porte on trouve des otages. Il faut vérifier que ce sont bien des otages", raconte-t-il.

"Ça a été un travail de nettoyage très rapide de la BRI, s’assurer qu’il n’y avait plus de tireurs et pas d’explosif au rez-de-chaussé", souligne le médecin. La première colonne continue de progresser vers l’étage. La deuxième se positionne en renfort. Le RAID assure un soutien à l’extérieur et au rez-de-chaussée.

"A chaque pas nous trouvons des otages partout, dans des faux plafonds, sous les canapés... et chaque fois il faut vérifier qu’ils ne sont pas armés et n’ont pas de bombe", raconte le policier de la BRI.

A 23H15 "nous sommes devant une porte derrière laquelle un terroriste hurle. Ils sont deux, avec une ceinture d’explosifs qu’ils menacent d’enclencher. Ils veulent qu’on recule, menacent de décapiter des otages, parlent de la Syrie", continue-t-il.

Un négociateur discute par téléphone avec eux en vain. A 00H18, le "top assaut est donné". "On passe la porte et on se retrouve dans un couloir d’une quinzaine de mètres". Entre les policiers et les jihadistes qui engagent le feu, se trouvent des otages.

"Ils se couchent, ils se sont fait tout petits, on ne sait même pas comment. On avançait sous le feu des terroristes sans tirer tant qu’il y avait des otages, on était derrière le bouclier", explique-t-il. Pris en photo par l’AFP, le bouclier comptait une vingtaine d’impacts de balles après l’assaut.

"On fait une chenille humaine pour faire passer les otages derrière nous, les gars derrière, le bouclier encaissant les tirs de kalachnikov", décrit-il. "Et puis il n’y a plus d’otages entre eux et nous, le top du deuxième assaut est donné". Un policier est blessé par un ricochet de balle.

"Une marche, le bouclier tombe, on voit une ombre, on tire, on voit l’ombre s’affaisser et ça explose. On ne sait pas comment, mais le résultat est que les deux jihadistes explosent", selon lui.

Il faudra une heure pour sécuriser les lieux. "Ils se sont fait sauter devant une porte derrière laquelle il y avait une quinzaine d’otages qui ne voulaient pas croire que nous étions la police. Ils ont appelé le 17 pour être rassurés, ce qui est normal".

Les hommes de la première colonne sont ceux qui avaient donné l’assaut lors de la prise d’otages à l’Hyper Cacher en janvier.

Opération antiterroriste à Saint-Denis : écoles fermées, tansports à l’arrêt

Les établissements scolaires du centre de Saint-Denis, au nord de Paris, étaient fermés "jusqu’à nouvel ordre" mercredi matin et les transports en commun interrompus en raison de l’assaut antiterroriste en cours depuis la nuit.

En raison de cette opération lié aux attentats de vendredi, la préfecture de Seine-Saint-Denis a recommandé "à la population d’éviter absolument la zone du centre-ville", entre la gare de Saint-Denis et les rues autour de la mairie. La préfecture de police de Paris a aussi demandé aux habitants de ne pas sortir de chez eux et aux personnes travaillant dans le centre-ville de ne pas venir.

"Suite aux interventions de police de ce matin dans la commune de Saint-Denis, les établissements scolaires et universitaires à l’intérieur du périmètre de sécurité sont fermés jusqu’à nouvel ordre", a de son côté annoncé le ministère de l’Education nationale dans un communiqué. Les établissements concernés sont l’IUT, l’école supérieure du professorat et de l’éducation, le CIO, ainsi que plusieurs lycées (ENNA et Maison de le Légion d’honneur) et collèges (Elsa Triolet, Pierre de Geyter et Jean-Baptiste Delassale).

Plusieurs écoles du secteur sont également concernées par la mesure (Corbillon, Puy-Pensot, Brise-Échalas, Confluence, Estrée, Jules Guesde, Jules Vallès, Pina Bausch, La Source, Jean Vilar, Marcel Sembat, Hermitage, Moulin dos d’âne, Delaunay Belleville, Victor Hugo, Honoré de Balzac, Daniel Sorano et Saint-Vincent de Paul), selon le communiqué. "Dans les autres établissements scolaires de Saint-Denis, l’accueil des élèves est assuré", précise le ministère.

L’Université de Paris 8 a aussi recommandé "à la communauté universitaire de ne pas venir". "Paris 8 n’a pas reçu de consigne de fermeture" mais "il est préférable d’attendre que l’opération soit terminée avant de se rendre à l’université", dit-t-elle sur son compte Twitter.

Du côté des transports en commun, le trafic était très perturbé, avec notamment, au total, 20 lignes de bus interrompues "par mesure de sécurité", a expliqué la RATP sur son site.

Seuls trois bus sur quatre étaient prévus à Paris en raison d’un préavis de grève de trois syndicats (CGT, FO et SUD) pour mercredi, rappelle le site. Le trafic du métro et des tramways restait lui aussi perturbé dans la zone. A 09H20, le trafic était toujours interrompu entre les stations Carrefour Pleyel et Saint-Denis Université sur la ligne 13 du métro "par mesure de sécurité à la demande de la police", selon la RATP, qui parle d’un "trafic très perturbé" sur cette ligne.

Le trafic reste interrompu sur toute la ligne de tramway T5 Marché Saint-Denis - Garges-Sarcelles, sur la T1 entre la Courneuve - Six Routes et les Courtilles, et sur la T8 entre Delaunay-Belleville et Saint-Denis-Porte de Paris.

En revanche, le trafic était normal sur les lignes RER. Les lignes B et D ont des arrêts à Saint-Denis près du stade de France. La préfecture de police a enfin conseillé aux automobilistes "de contourner largement le secteur de Saint-Denis" dans un tweet précisant pour les Franciliens que la Nationale 1, la N301 les axes D27 et D29 "sont saturés".

18 novembre 2015

Par Jean-Paul Mari

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