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Bienvenue en Palestine. Destination interdite.

Extraits d’un livre choc.

Se rendre dans les territoires palestiniens occupés par Israël devient de plus en plus difficile. La bande de Gaza est presque fermée. Le voyageur désireux de se rendre en Cisjordanie est soumis à de multiples tracasseries, dont la moindre n’est pas l’obligation de mentir sur sa destination en s’inventant différentes motivations, pour ne pas être refoulé.

L’État d’Israël cherche à décourager les visiteurs étrangers en les bloquant en amont, c’est-à-dire dès leur arrivée à l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv. Ici sont relatées plusieurs initiatives collectives pour se rendre en Palestine à l’invitation d’associations palestiniennes. L’une à Gaza en décembre 2009, l’autre en Cisjordanie en décembre 2010. La troisième, de nouveau en Cisjordanie, en juillet 2011, a réuni plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants, Européens en majorité.

Ces voyageurs pour la paix ont pris leur billet pour Tel Aviv avec la ferme intention de ne pas mentir sur leur destination. C’est cette aventure extraordinaire que le lecteur est invité à découvrir : les préparatifs du voyage, l’incroyable décision du ministère israélien de l’Intérieur de diffuser aux compagnies aériennes du monde entier une « liste noire » de 342 noms de personnes à refuser à l’embarquement. Un épisode qui n’a pas de précédent dans l’histoire de l’aviation civile !

Ce récit surprenant met en scène des femmes et des hommes de bonne volonté face à l’arbitraire du pouvoir israélien et à la chaîne des complicités dont il bénéficie. Il est émaillé de toute une série de témoignages directs et d’une analyse serrée des publications de presse en Israël, d’abord, puis en France, autour de cet événement.

Se rendre dans les territoires palestiniens occupés par Israël devient de plus en plus difficile. La bande de Gaza est presque fermée. Le voyageur désireux de se rendre en Cisjordanie est soumis à de multiples tracasseries, dont la moindre n’est pas l’obligation de mentir sur sa destination en s’inventant différentes motivations, pour ne pas être refoulé.

L’État d’Israël cherche à décourager les visiteurs étrangers en les bloquant en amont, c’est-à-dire dès leur arrivée à l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv. Ici sont relatées plusieurs initiatives collectives pour se rendre en Palestine à l’invitation d’associations palestiniennes. L’une à Gaza en décembre 2009, l’autre en Cisjordanie en décembre 2010. La troisième, de nouveau en Cisjordanie, en juillet 2011, a réuni plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants, Européens en majorité.

Ces voyageurs pour la paix ont pris leur billet pour Tel Aviv avec la ferme intention de ne pas mentir sur leur destination. C’est cette aventure extraordinaire que le lecteur est invité à découvrir : les préparatifs du voyage, l’incroyable décision du ministère israélien de l’Intérieur de diffuser aux compagnies aériennes du monde entier une « liste noire » de 342 noms de personnes à refuser à l’embarquement. Un épisode qui n’a pas de précédent dans l’histoire de l’aviation civile !

Ce récit surprenant met en scène des femmes et des hommes de bonne volonté face à l’arbitraire du pouvoir israélien et à la chaîne des complicités dont il bénéficie. Il est émaillé de toute une série de témoignages directs et d’une analyse serrée des publications de presse en Israël, d’abord, puis en France, autour de cet événement.

Extrait

"""" L’une des forces de l’opération « Flottille aérienne » – et c’est bien ceci qui met les autorités israéliennes en porte-à-faux – est l’extrême diversité sociologique des pacifistes qui prennent part à l’opération. Ils sont parfois « classables » dans des groupes sociologiques à peu près définis : gauche pacifiste, altermondialistes, anciens communistes, socialistes désenchantés, mais aussi droite sociale, musulmans et catholiques pratiquants. Ils sont aussi parfois totalement « inclassables », ceux que les sondeurs appellent les « atypiques ».

Tout l’éventail des âges est représenté : de 9 à 83 ans, avec deux « pics » : autour de la trentaine (les « hooligans », cible privilégiée de la propagande gouvernementale israélienne), mais aussi et surtout, la soixantaine et même au-delà, avec une majorité féminine : les « mamans, et même les « grands-mamans ». Certaines utilisent l’arme absolue : la dérision. Peppa est de celles-là. Personne ne sait comment elle a réussi, en prison, à changer de toilette tous les jours !

Parfaitement « classe », il faut l’avoir entendue appeler au travers de la porte une gardienne pour lui demander avec la plus extrême courtoisie : « Pourriez-vous m’apporter un café avec du lait, s’il vous plaît, mademoiselle ? » Difficile de qualifier ces femmes de terroristes ou de provocatrices violentes... Elles sont tout le contraire : tirées à quatre épingles, affables ; polyglottes, elles parlent d’une voix douce et posée, une solide complicité les lie les unes aux autres, et surtout ce qu’elles disent est d’une force extraordinaire. Fiona W. et Dee M. sont deux Irlandaises très représentatives de ces grands-mères indignées.

« Pour moi, s’exclame Dee, c’est complètement ahurissant que nous ayons été mises en prison à Ramleh en Israël... parce que nous avons dit la vérité ! Si nous avions menti, nous serions à Bethléem ? » Dee est en fait une « vétérante » : elle est allée plusieurs fois en Cisjordanie. Elle a été choquée par ce qu’elle y a vu, et entend bien prendre sa revanche en gagnant la bataille des images.

« Avant mon départ, on m’a suggéré d’emporter une caméra cachée, et ma réaction immédiate a été d’accepter. Je souhaitais avoir les images ou un film vidéo des choses graves que je verrais, des choses qui vous déchirent le cœur. »

Sur la vidéo qu’elle a réussi à tourner... on voit les couloirs, les lourdes portes grillagées, les discussions avec un directeur de prison embarrassé, le soldat qui, perché sur une table, filme avec application les « terroristes » rassemblés ! Il en va de la sécurité d’Israël ! Le ridicule du « traitement » israélien de l’événement saute aux yeux : Dee nous en donne définitivement les images.

À l’arrivée à la prison de Givon, la « surreprésentation » féminine parmi les pacifistes apparaît clairement : la section II réservée aux femmes est pleine, et nos deux héroïnes accompagnées de quelques autres doivent être hébergées dans la section V des hommes ! On retrouve alors ici aussi une attitude récurrente des autorités israéliennes qui consiste à mentir contre l’évidence, en vue de maintenir un créneau d’honorabilité et de « légalité ».

De même qu’Israël n’est pas en guerre contre les Palestiniens, ce qui donnerait à ceux parmi eux qui sont emprisonnés le droit de bénéficier de certaines règles du Droit de la guerre et impliquerait certains devoirs pour Israël, ici, on signifie à nos pacifistes qu’ils ne sont pas « prisonniers »… bien qu’ils soient dépouillés, enfermés en prison et qu’on s’apprête à les expulser ! Ils appartiennent à une autre « classe » ! « Vous n’êtes pas en Israël, vous êtes en transit », disent-ils ! « Mais nous sommes bien sur le sol israélien, dans une prison israélienne, couchés sur des lits israéliens, mangeant de la nourriture israélienne, avec des gardiens israéliens qui nous aboient dessus », répliquent les détenus.

Fiona et Dee décrivent aussi les mille et une façons de leurs gardiens de mettre les prisonniers en situation d’infériorité et d’humiliation. Mais, très vite, la résistance s’organise : les prisonnières refusent de sauter de leur lit dès l’aube pour « être comptées », de laver le sol pour obtenir un simple verre de café. Elles se mettent en grève de la faim quand les hommes sont punis… pour avoir passé un coup de fil ! Grâce à la caméra cachée de Dee M., on assiste à l’interview surréaliste du directeur de la prison. À la question : « Pourquoi sommes-nous enfermées ? », il répond, la main sur le cœur : « Je ne le sais pas ! »

Les prisonnières veulent formuler un recours en justice, afin d’obtenir une réponse à ces simples questions qui semblent embarrasser tant leurs interlocuteurs. Ce qu’elles demandent en vain, deux prisonnières de nationalité australienne et néo-zélandaise l’obtiendront, grâce à leur avocat israélien Omer Shatz. Un juge d’instance rendra en 48h son point de vue : « Je ne me prononcerai pas sur la volonté des plaignantes d’entrer dans les territoires palestiniens, mais Israël n’avait pas de raison de leur refuser l’entrée sur le territoire israélien. Pour le reste c’est l’affaire des autorités militaires. » Et les deux voyageuses opiniâtres de finir leur périple là où elles l’avaient décidé : en Cisjordanie !

« Le sentiment que nous avons, poursuivent Dee et Fiona, c’est que ce qui était implicite auparavant, interdire l’entrée dans les Territoires occupés, était utilisé par les militaires pour expulser les gens. Ça n’avait jamais été explicite ni discuté dans un tribunal. Maintenant, la procédure en justice a eu lieu, et l’affaire éclate au grand jour. »

Merci, les indignées !

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Les Auteurs :

Christophe Oberlin est chirurgien des hôpitaux et professeur à la Faculté Denis Diderot à Paris, il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger. Parallèlement à son travail hospitalier et universitaire, il participe depuis trente ans à des activités de chirurgie humanitaire et d’enseignement en Afrique sub-saharienne, notamment dans le domaine de la chirurgie de la lèpre, au Maghreb et en Asie. Depuis 2001, il dirige régulièrement des missions chirurgicales en Palestine, particulièrement dans la bande de Gaza où il a effectué près d’une trentaine de séjours.

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Acacia Condes est agrégée d’espagnol. Elle a travaillé dans l’enseignement (chargée de cours à Paris-IV Sorbonne). Elle a fait plusieurs voyages personnels et missions collectives en Palestine : pendant la 1ère et 2e Intifada (entre 1991 et 2003), et récemment, en décembre 2010. Issue d’une famille de républicains espagnols exilés en France, elle s’est engagée dans quelques-uns des combats libérateurs de l’époque, notamment en appui aux luttes du peuple palestinien pour la conquête de ses droits.

Par Jean-Paul Mari

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