Gamma, quand la coque craque
Rue89.com l’a annoncé le premier : Gamma, l’extraordinaire paquebot de la photographie reconnu de part le monde comme l’insubmersible aux 6 000 talents, chavire. « Eyedea Presse, qui coiffe l’agence et le fonds Stills, sera déclarée en cessation de paiement le 30 juillet. Cette décision sera, auparavant, annoncée officiellement au comité d’entreprise le 28 juillet. » Sans pathos, Augustin Scalbert poursuit. Gamma donc, le 3e fonds photographique de la planète, indissociable de ses grands noms, avec ses réussites, ses reconnaissances et aujourd’hui… ça casse.
Ainsi, les photographes écrivent l’Histoire, et les réalités économiques l’efface. Le constat est amèr : tandis que l’un des symboles mondiaux de la photographie se meurt, les Rencontres d’Arles fêtent leur 40 ans et Visa pour l’image révèle son programme 2009. Que faut-il comprendre à cela ? Que la fête continue comme le chantait Piaf ? Non, simplement que les signaux d’alarme n’ont pas suffit : la machine broie du photographe – et ce en dépit que les collectifs, agences et acteurs institutionnels le clament à corps et à cri depuis plusieurs années.
A défaut alors de pouvoir proposer une action concrète, je vous propose de se retrouver à Visa pour l’Image du 29 août au 13 septembre 2009. Pour quoi, pour qui ? Peut-être pour eux, justement, salariés de l’ombre qui se battent pour l’Histoire. Aux côtés de ceux d’hier, tels Gilles Caron et Françoise Demulder, mais aussi ceux d’aujourd’hui, à commencer par Noël Quidu et Laurent Van der Stockt, à l’affiche cette année de Visa justement.
Et aussi, www.gamma.fr ; www.visapourlimage.com.
Ainsi que le montage de Noël Quidu sur dix années de photos de guerre, « Les Portes de l’Enfer »
Svetlana Alexievitch, de la page à la scène
Je me souviens d’un jour où, fouinant dans le rayon Histoire d’une librairie, ce titre m’a interpellée : « La supplication, Tchernobyl, chronique d’un monde après l’apocalypse ». Les survivants du 26 avril 1986, avec leurs souffrances physiques et morales, et le vide, le grand déni auxquels ils se heurtent, le mensonge contre lequel ils butent. Pour les autorités comme pour la population, ils n’existent pas. Ou si peu. Ou si mal. Ils dérangent. Ils font peur.
Svetlana Alexievitch est Bielorusse. Elle est journaliste, écrivain et couronnée de prix. Elle écoute des tranches de vies, enregistre, retranscrit et, au final, recense. Avant la Supplication, elle avait déjà signé « La guerre n’a pas un visage de femme », un recueil de témoignages de gradées comme de petites mains, ayant servies dans l’Armée Rouge sous la seconde Guerre Mondiale. Après, elle a encore écrit « Les cercueils de zinc », sur la guerre de Tchétchénie et le quotidien réservé aux soldats russes quand l’horreur ne vient pas seulement de la ligne ennemie. Chaque livre est en soi un chef d’œuvre. Un appel antimilitariste.
Certes, ces textes sont difficiles à lire. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas aller les écouter ? Le Théâtre des Quartiers d’Ivry prévoit pour sa saison 2009-2010 un cycle Svetlana Alexievitch. Je ne peux que vous inviter à réserver.
Pour en savoir plus http://www.theatre-quartiers-ivry.com/index.html
Cambodge, libérer la parole
Si Malay Phcar a survécu au génocide cambodgien, il n’a de cesse de témoigner. Après deux ouvrages, « Une enfance en enfer » et « L’enfer Khmer Rouge », un film coécrit avec Olivier Weber, « Retour au Cambodge », et le site www.cambodgevision.fr, il enfonce encore le clou. Avec le blog http://m7france.blogspot.com/, il permet aux victimes du génocide de s’exprimer. Pour suivre le procès en cours, échanger vos idées ou simplement, vous abonner.
Pour en savoir plus : http://m7france.blogspot.com/
Et pour s’évader cet été...
Reza, père-fils sur les routes de la soie Qu’on se le dise, Reza tient ses promesses. Ainsi quand le photo-reporter promet à son enfant de partir avec lui pour un tour du monde une fois ses quinze ans venus. Les années ont passé, Delazad a atteint cet âge et père-fils sont partis. La route ? La plus belle mais celle qui fait sens aussi pour le photographe. La route de la soie. A paraître le 27 août 2009, « Chemins parallèles », de Reza et Delazad Deghati, éd. Hoebeke. Ou déjà, pour patienter, « Sur les routes de la soie », de Reza et Olivier Weber, Ed. Hoebeke, 2007.
Pour en savoir plus : http://www.hoebeke.fr/ouvrages/276/
Birmanie, entre amour et clandestinité Qu’un voyageur propose à FRANCE INTER des reportages sur le thème de l’amour en Asie, on sourit. Bien sûr. Mais quand ce voyageur n’est autre que Sophie Ansel, une journaliste attentive aux questions des droits de l’homme, on tend l’oreille. Première reportage : mercredi 29 juillet 2009, durant l’émission « Lovely Planete » programmée de 10h10 à 11h .

Commentaires
1. jeudi 3 septembre 2009 attime 10:30, par Gifford
2. lundi 12 octobre 2009 attime 17:29,
3. mardi 22 décembre 2009 attime 18:46, par Axelle
4. samedi 2 janvier 2010 attime 13:33, par matthieu
5. mercredi 6 janvier 2010 attime 07:05,
6. vendredi 8 janvier 2010 attime 19:51, par maxime
7. mercredi 13 janvier 2010 attime 17:47, par Xavier
8. lundi 8 mars 2010 attime 11:23,
9. samedi 27 mars 2010 attime 21:48, par Josianne
10. mercredi 7 avril 2010 attime 12:13, par alain :: jouer au poker
11. mercredi 21 avril 2010 attime 08:20, par Lola
12. mercredi 9 juin 2010 attime 23:04, par Isabelle59
13. lundi 21 juin 2010 attime 03:18, par jennaline
14. mardi 22 juin 2010 attime 04:03, par pat jordane
15. jeudi 24 juin 2010 attime 02:58, par oliveoyl
16. vendredi 2 juillet 2010 attime 07:22, par Gifford
ajouter commentaire