Active sur la scène artistique depuis de nombreuses années, Marie-Paule Bilger a jalonné son parcours d’œuvres multidirectionnelles et protéiformes à l’image de son parcours personnel, de ses voyages et de ses centres d’intérêt. Née à Mulhouse elle entame des études d’arts plastiques à la faculté de Strasbourg pour devenir peintre et plasticienne. L’artiste convoque à la fois l’histoire personnelle ou collective, et les replace au cœur d’un débat social et politique pour interroger les changements du monde.

Sa peinture s’inscrit dans son époque : les évènements et conflits qui ont eu lieu depuis septembre 2001 jusqu’à maintenant ont galvanisé sa trajectoire. L’expérimentation de la peinture sur des supports transparents (plastique, plexi, verre) l’a menée vers une utilisation de la vidéo, elle aime à traduire des « oxymores » visuels à travers ce biais.

- Tous unis les uns aux autres

JPG - 84 ko

Marie Paule Bilger travaille à partir des médias, de la presse numérique et papier. Elle construire son travail dans le temps (2001 à 2013 et plus) et simule « les ready-mades » en reproduisant les reproductions. Elle souhaite agir avec lenteur en période d’internet et des réseaux sociaux pour conserver et archiver les informations. Elle a par exemple réécrit à la main des dizaines d’articles de journalistes reporters de guerre ou des dépêches AFP pour marquer l’instant en opposition à la course à l’immédiateté. Elle reste au plus près des documents, notamment des photos et des articles sur la guerre. Elle dit qu’elle observe le « nous », le « we ».

J’œuvre comme une tisseuse, le travail a comme support les images des médias et peut prendre différents aspects. Je me suis plus particulièrement intéressée à ce « corps social » et à cette masse dont Elias Canetti décrit si bien sa puissance de révolte.

Marie-Paule Bilger.

VOIR LA VIDEO

En tant que galeriste, j’utilise l’art pour faire réfléchir sur la guerre. La guerre n’est pas un sujet facile pour une galerie alors qu’elle est dans nos vies et dans nos histoires, souvent à nos portes. J’ai trouvé que Marie Paule Bilger savait la présenter crument mais sans violence. Les journalistes et photographes reporters de guerre risquent leur vie pour nous donner à savoir. Que leur travail serve de creuset artistique m’a touchée.

Nathalie Atlan Landaburu

Site de la galerie