Deux journalistes du quotidien Le Parisien ont été agressés mardi 30 juin, à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) alors qu’ils effectuaient un reportage. Vers 15h, une équipe de journalistes du Parisien, une rédactrice et un photographe, a été victime d’un vol avec violence. Les agresseurs ont fait usage de bombe lacrymogène et ont volé une mallette aux deux journalistes. Les deux journalistes étaient partis faire un reportage dans la communauté comorienne après l’accident de l’A310 quand deux personnes portant chacun une capuche les ont agressés. Selon la police, ils leur ont arraché l’appareil photo et leur ont donné des coups de pied.

À nouveau quatre ans après

Deux équipes de journalistes ont été agressées mercredi 17 avril au cours de reportages à Sevran et Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, département où les incidents entre les médias et certains habitants sont récurrents. Un journaliste reporter d’images (JRI) de la chaîne d’information en continu BFMTV a été molesté mercredi midi près d’une école primaire de la cité des Beaudottes, à Sevran, où des enfants s’étaient piqués mardi en jouant avec une seringue usagée retrouvée dans la cour. Le JRI était venu avec un reporter pour enregistrer une interview avec les représentants des parents d’élèves de cette école, a indiqué Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFMTV. Trois individus ont débarqué en courant et tenté de prendre la caméra du JRI, qui a tenté de la garder. C’est là qu’il a été frappé", a ajouté Hervé Béroud. "Plusieurs personnes encapuchonnées lui ont pris sa caméra, l’ont frappé avec et l’ont volée", a précisé la préfecture de Seine-Saint-Denis. Le JRI a "saigné au niveau du cuir chevelu" et un point de suture lui a été posé à l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Il en est sorti "choqué, mais son état est sans gravité", selon Hervé Béroud. "L’arrivée massive de journalistes dans le quartier crée une situation un peu tendue, d’autant plus que les CRS reviennent", a reconnu le maire EELV de la ville, Stéphane Gatignon, se disant "atterré". BFMTV a l’intention de porter plainte pour coups et blessures, ainsi que vol de matériel, a ajouté Hervé Béroud. Des journalistes "pris d’assaut" Quelques heures plus tard, deux journalistes travaillant pour l’émission 66 minutes de M6 ont été pris à partie par un groupe de jeunes hommes pendant un reportage près de la cité sensible des Fauvettes, à Pierrefitte-sur-Seine. Selon une source proche du dossier, les deux journalistes - qui travaillent pour la société de production Camicas - ont été attaqués lors de l’interview du gérant d’un magasin d’alimentation, victime de plusieurs braquages ces derniers mois. "En sortant de cette supérette, ils ont été pris d’assaut par derrière par un groupe de cinq jeunes", a expliqué un responsable de l’émission. "Le caméraman s’est recroquevillé au sol à la manière d’un rugbyman pour protéger sa caméra. Il a été roué de coups", a-t-il ajouté, précisant qu’il avait été examiné aux urgences de Saint-Denis. Selon la source proche du dossier, le caméraman a reçu des coups au visage et souffre d’un hématome à l’œil gauche. La journaliste qui l’accompagnait n’a pas été touchée. Quatre personnes - âgées de 18 à 20 ans, selon une source proche de l’enquête - ont été interpellées à la suite de cette agression, a indiqué la préfecture de Seine-Saint-Denis. Des agresssions à répétition Des agressions de journalistes ont régulièrement lieu en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France, et objet d’une attention médiatique constante. Le 11 janvier 2011, plusieurs journalistes, dont deux reporters de l’AFP, avaient été molestés alors qu’ils se rendaient dans la cité Balagny d’Aulnay-sous-Bois, où un jeune homme de 25 ans était mort d’un arrêt cardiaque lors d’une opération de police. En avril 2010, une journaliste et un caméraman de France 3 avaient été arrosés de gaz lacrymogène par un groupe de jeunes à Villepinte, commune limitrophe de Tremblay-en-France où trois bus avaient été caillassés. En février 2010, deux journalistes de la télévision du Qatar Al-Jazeera s’étaient fait voler leur caméra dans la cité des Poètes, à Pierrefitte, où ils réalisaient un reportage. Deux journalistes de France 3 avaient été agressés par deux personnes dans cette même cité trois mois plus tôt.