FRANCE 26 novembre 2015

Chronique du livre "Les bateaux ivres" dans l’Obs. Par Doan Bui

En mémoire des migrants

"Dans ce récit poignant, qui nous emmène aux quatre coins de la planète..."

En mémoire des migrants

LES BATEAUX IVRES,

Les humains qui traversent les frontières ne font pas que passer d’un pays à l’autre, ils doivent aussi traverser les frontières entre les mots. Ils sont tour à tour migrants, réfugiés, sans papiers ou clandestins. » La violence est parfois dans les mots qui assignent et qui nient.

Les « migrants » anonymes, qui font la une de l’actualité, sont souvent réduits à des chiffres, des flux. Dans ce récit poignant, qui nous emmène aux quatre coins dè la planète, du Maroc à la Turquie, en passant par Lesbos, Jean-Paul Mari rend hommage à ces destins fracassés.

Le livre est dédié à Robiel, jeune Erythréen noyé au large de Lampedusa, dont le visage continue à hanter les rêves du journaliste. Prix Bayeux des correspondants de guerre, prix Albert-Londres, Jean-Paul Mari ne porte pas la plume dans la plaie, il l’écartèle en une blessure béante et son écriture se fait alors gifle.

Impossible d’oublier l’image de la mer où « noyés et surfeurs se partagent les vagues ». Et ce camp de réfugiés en Anatolie où un père implore le journaliste en tendant un petit paquet. « On dépliait les chiffons, l’odeur vous suffoquait : la petite chose à l’intérieur étaitinerte et tiède. Le gosse, déjà mort. » DOAN BUI

"LES BATEAUX IVRES "PAR JEAN-PAUL MARI, JC LATTÈS, 200 P., 19 EUROS.

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26 novembre 2015

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