ISRAEL 1996

Palestine

Gaza la désespérée

Sans sa lumière fond de teint, Gaza a une mine de papier maché. Voila plusieurs jours que le ciel s’est abattu sur la ville. Pas ces averses lourdes, sensuelles, bénéfiques pour cette terre d’orient avide d’eau. Rien de bon dans cette pluie continue, soulevée par un mauvais vent, qui gifle les visages et les murs. Un océan de grisaille, de noirceur humide et collante qui pénètre le corps et l’âme et fait ressortir les plaies de Gaza la démunie, la lèpre de ses murs de ciment nu, de parpaing, la ferraille de ses chantiers rouillés avant d’être achevés, la boue grasse qui masque des rues creusées d’ornières profondes, des chiens errants maîtres du vide des terrains vagues de Palestine où des bouts de plastique déchirés flottent, accrochés aux barbelés, comme des fanions de misère. Avec la fermeture des territoires, coincée entre la frontière égyptienne et le blocus imposé par Israel, Gaza manquait déjà d’oxygène. Sans soleil, Gaza est maintenant privée de lumière. Et son espace de liberté surveillée a pris soudain l’allure d’un obscur ghetto. Pas étonnant que les gens d’ici vous confient qu’ils ont du mal à respirer.

Voilà exactement un mois que Nahed, chauffeur de bus, tourne en rond, à ne rien faire. Il a trente deux ans et six enfants qui courrent, pieds nus, dans les rues du célèbre camp de Jabalia. Quatre vingt mille habitants, un des endroits les plus denses du monde, deux à trois heures d’eau par jour, un bourbier en hiver, un four en été, des ruelles si étroites qu’un seul homme peut passer de front et des murs maculés de graffiti. L’inscription la plus fraîche dit : "Condoléances pour Ayache, le héros", l’artificier du Hamas, auteur de plusieurs bombes, abattu le 5 mars dernier, par les services secrets israeliens, à l’aide d’un téléphone piégé. Slogans, condamnations, appels à la grève, condoléances, plusieurs générations de signes se superposent, grouillent, s’enchevètrent, une sorte de tableau à la Pollock. Les murs de Gaza sont bavards, insolents, parfois menaçants, toujours révoltés. Ici, sur cette place, a commencé l’Intifada, les premières pierres, le premier mort. Mais les temps ont changé, les israeliens sont partis, la grande majorité des habitants du camp soutient Yasser Arafat, l’Autorité Palestinienne. Il n’y a plus de pierres dans le ciel de Jabalia, plus de haine dans le regard de ses habitants. Seulement du désespoir. Nahed conduit le bus qui amène les ouvriers palestiniens travailler à Tel-Aviv. Chaque jour, il se lève à trois heure du matin, prend un taxi collectif pour rejoindre le poste frontière d’Erez, marche un quart d’heure à pied à partir du dernier poste palestinien, passe à la fouille, récupère son bus de la compagnie "Egged" dans le parc industriel israelien et attend. Vingt deux mille ouvriers font le même chemin, piétinent entre une demie heure et deux heures au contrôle : "Parfois, les soldats sont corrects ; parfois, quand la situation politique est tendue, ils nous gardent, nous retardent, nous harcèlent" dit Nahed. Pour obtenir un permis de travail, il faut être marié, avoir plus de trente ans et présenter une carte magnétique qui mémorise l’heure d’entrée et de sortie. Interdiction de dormir en Israel. Encore une bonne heure de trajet et les ouvriers se présentent à leur travail, dans un champ ou un chantier de Tel-Aviv ou de Ramleh. Pour trois mille cinq cent francs par mois, le double d’un salaire à Gaza. Nahed les reprend vers dix huit heures, repasse tous les contrôles et rentre avec eux un peu avant vingt heures : "Dans le bus, à l’aller comme au retour, tous dorment la bouche ouverte.." Le 25 février dernier, tous se réveillent en sursaut, en entendant les informations à la radio du bus. Un kamikaze islamiste s’est fait sauter dans un bus de Jérusalem ; un autre à Askélon ; la réponse du Hamas à l’exécution de Ayache "l’artificier". Bilan, vingt huit morts. " Les ouvriers secouaient la tête, à la fois choqués et consternés. On a tous compris immédiatement. Les israéliens allaient nous le faire payer. En fermant la frontière. Une fois de plus." On ne comprend rien à la situation politique de Gaza si on ne se penche pas sur le bouclage de ce bout de terre collé à la mer. Attentats, menaces d’attentats, tension, fêtes arabes ou fêtes juives...A chaque fois, les autorités israéliennes ferment les territoires de Cisjordanie et de Gaza. Depuis l’autonomie palestinienne en mai 1994, en vingt deux mois de paix, les territoires sont restés fermés pendant près de trois cent jours. Une dizaine de mois. Plus que pendant l’Intifada. A chaque fois, tous les permis de travail, toutes les autorisations de sortie, si longues et si compliqués à obtenir, sont annulés. Et il faut en refaire la demande, sans être sûr de les obtenir. La fermeture des territoires, embargo larvé ou total, se fait à différents degrés. D’abord, l’interdiction du passage des ouvriers palestiniens. Ils étaient près de deux cent mille il y a quatre ans ; soixante mille au maximum jusqu’à hier, aucun depuis le blocus total du 25 février. Entretemps, Israel a recruté cent quatre vingt dix mille ouvriers roumains, thaïlandais ou philippins. Bientôt, Israel n’aura plus besoin des ouvriers palestiniens. Le deuxième degré de l’escalade touche les autorisations des "VIP", élus régionaux, peronnalités ou hommes d’affaires. Puis, on bloque les journaux, les mille deux cent élèves qui vont, de Gaza, étudier en Cisjordanie, les voyageurs qui doivent se rendre à Lod, près de Tel-Aviv, l’aéroport international du pays. Ensuite, on coupe l’approvisionnement en médicaments ou on gêne les évacuations sanitaires vers les hôpitaux modernes d’Israel. Le mois dernier, Khadija Odwan, une femme de 59 ans, est dans un état critique. L’Autorité palestinienne demande son transfert. Pas de réponse. On appelle à l’aide des organisations israeliennes des droits de l’homme. Le permis arrive enfin le 27 février. Le même jour, en début d’après-midi, l’ambulance est arrétée au barrage d’ Erez. On la fouille trois fois, pendant deux heures, puis on exige une autre ambulance, longuement fouillée, elle aussi. La malade finit par arriver à l’hôpital de Sarafand en Israel. Il est dix neuf heures ; elle meurt moins d’une heure après son arrivée. Mais les dommages les plus profonds affectent l’économie de toute la bande de Gaza. Import-export, fruits et légumes, matériaux de construction, technologie, médicaments, monnaie ; quatre vingt pour cent des activités commerciales se font avec le voisin israelien. Aujourd’hui, dans les champs de Gaza, un million de dollars de fleurs, à destination de l’europe, fanent sur pied, perdues. Comme les récoltes de fraises ou de tomates. Trop de marchandises, des revenus qui s’effondrent : les prix sont en chute libre. " Regardez les marchés," dit Nahed. "Ils sont vides. Les gens achètent juste de quoi survivre. Hier, un cageot de 15 kg de tomates se vendait 30 shekels. Aujourd’hui, il en vaut à peine 5..Et personne n’en veut !" A court de farine, les boulangeries ferment les unes après les autres et dans une semaine au plus, les pharmaciens commenceront à manquer de certains produits urgents : sérum physiologique, médicaments pour diabétiques et cardiaques. Cette fois-ci, le blocus est total. A l’exception des diplomates ou des journalitess, personne ne passe. Le passage de Quarni, dernier point d’entrée des marchandises garanti par les accords d’Oslo II, est fermé lui aussi. Même la mer est désormais interdite aux pêcheurs. Pour l’économie de la bande de Gaza, l’hémorragie financière coûte six million de dollars...par jour. Plus que le montant de l’aide des pays donateurs. "Je comprend très bien l’émotion du peuple d’Israel" dit Mohammed Awny Faris, homme d’affaires à Gaza. "Croyez-le ou non, j’ai pleuré en voyant, à la télévision, ces corps déchiquetés par les bombes ! Mais pourquoi nous enfermer tous dans cette prison ? Pourquoi cette punition collective ? C’est un étranglement lent, implacable !" Il a 41 ans, des yeux noirs brûlants soulignés par de grands cernes, la mine d’un homme qui ne dort plus, passe son temps à consommer du café et des cigarettes, assis à son bureau, sans rien faire, inutile. Il explose : " Du matin au soir, je vis en colère !" Il sort ses fiches, son permis de VIP régulièrement annulé, montre un *calendrier. Huit jours de fermeture de Gaza en juillet, quinze en août, vingt huit en octobre, neuf en novembre, onze en janvier, douze en février. "Il n’y avait pourtant pas d’attentats pendant six mois. Le Hamas avait décrété une trêve." Quant à mars, après quatre terribles bombes humaines qui ont tâché de sang le regard de chaque israelien..." Ils nous enferment à nouveau. Jusqu’à quand ? Jusqu’au élections israéliennes au printemps ?" Mohamed Awny Faris n’en peut plus. Psychologiquement et bientôt financièrement. Il allume son ordinateur : "Regardez mes comptes !" Venu de Grande-Bretagne il y a six ans, il reprend l’affaire familiale, se transforme en importateur-distributeur d’appareils électroménagers. Il investit le premier million de dollars, sa famille d’exilés lui en avance un deuxième ; avec l’euphorie de la paix, il espère la prospérité, compte sur un chiffre d’affaires de vingt millions et ne dépasse pas les trois millions : "Aujourd’hui, j’ai vendu... 120 dollars, (700 francs) de marchandises. Les gens n’ont plus d’argent. J’ai 200 000 dollars de chèques impayés. Sept entrepots bloqués en Israel où pourrissent des milliers d’aspirateurs. Mes économies ont fondu fin décembre, j’emprunte à 21%..J’aurais du gagner un million de dollars. et je perd de l’argent ! Ca sent la faillite." Il arrête de compter. "Ecoutez...Ma terre est ici, je hais la violence et le Hamas, le premier mot prononcé par mon fils a été le nom d’Arafat...mais si ça continue comme ça, je prend ma femme et mes enfants et je fous le camp !" Partout à Gaza, on retrouve à la fois cette volonté de vivre et cette peur, cette colère, ce sentiment d’impuissance. "Vous êtes surpris de voir des gens se faire sauter avec des explosifs ?", dit Iyad Saraj, psychiatre à Gaza. "C’est immoral, indécent, obscène. Mais l’étonnant, c’est qu’il n’y en ait pas plus !" Bombe humaine, kamikaze : un acte désespéré nourri à l’idéologie du martyr, elle-même culture fanatique du désespoir. " Gaza aujourd’hui est en colère parce qu’on s’en prend à son pain, à sa dignité ; elle se sent impuissante, coincée entre Israel et le Hamas ; elle a peur de l’action déstablisatrice du Hamas, peur de de voir Israel ré-occuper les territoires, peur de voir une guerre civile entre le Hamas et l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat." Après la quatrième bombe et le massacre de "Dizengoff" en plein coeur de Tel-Aviv, Shimon Pérez a déclaré la "guerre au Hamas" et prévenu qu’Israel irait éliminer les terroristes, "là où ils sont". Le soir même, des hélicoptères déposaient des parachutistes dans la colonie d’israelienne de Roush Quatif, à bout touchant de la ville de Gaza. Et la peur panique d’une invasion a saisi le territoire où le soldats palestiniens sont resté en alerte maximum pendant soixante-douze heures. L’armée de Tsahal n’a pas franchi la frontière mais, devant l’ultimatum, l’Autorité palestinienne a compris qu’elle n’avait plus le choix. De plus, Yasser Arafat était furieux. Juste avant les élections palestiniennes, ses émissaires avaient rencontré ceux du Hamas au Caire, une longue négociation conclue par un accord oral : Hamas s’engageait à ne pas s’attaquer à l’appareil palestinien et promettait de ne pas mener d’action, contre Israel, à partir des territoires contrôlés par Yasser Arafat. Or, le quatrième et dernièr kamikaze, devant le centre commercial de "Dizengooff", est parti de Gaza, caché dans un camion, avec la complicité d’un chauffeur arabe-israélien. Hamas n’a pas tenu sa parole. Si l’armée d’Israel entre à Gaza, c’en est fini de l’Autorité d’Arafat, des institutions palestiniennes, voire du processus de paix. Une catastrophe. Le soir même, un des hauts responsables de Hamas, Mahmoud Zahar vient demander audience à Arafat pour lui proposer " un papier", un arrangement par écrit. Arafat refuse même de le recevoir. Et un de ses proches conseillers, Tayeb Abdul Rahim, réserve un accueil glacial à l’envoyé du Hamas : "Je vous reçois par courtoisie. Votre papier n’a aucune importance. Sortez d’ici." Zahar sera arrêté quelques jours plus tard. Dans toute la bande de gaza, la grande chasse au Hamas a commencé. Dnas la cour du commissariat central, ex-poste de police israelien, un fonctionnaire regarde le mouvement des fourgons et les hommes en armes qui se préparent, comme chaque soir, à partir en opération..." Je sais que ces rafles sont nécessaires mais cela me fait une drôle d’impression. Hier, nous étions traqués par les israeliens. Aujourd’hui, c’est nous qui pourchassons d’autres palestiniens.." Parfois, deux hommes, du Fatah d’Arafat et du Hamas, ont partagé la même cellule sous l’occupation. Aujourd’hui, l’un est policier et passe les menottes à son ancien camarade de prison. Il est vingt deux heures, tout est prêt. A l’intérieur du poste, les officiers attendent les ordres près du téléphone. Il sonne enfin à deux heures et demie du matin. L’appel donne l’adresse d’une maison où il y aurait des armes cachées. On se retrouve dans l’obscurité déserte des rues du camp de Jabalia. Les véhicules filent, en silence, les vingt cinq hommes, tous armés de kalachnikov, chuchotent des consignes à leur poste-radio. Pour la plupart, ce sont d’anciens "Shebab", ces jeunes de l’Intifada qui combattaient ici même les soldats israeliens. Ils savent tout du labyrinte de ces ruelles, le nom et les adresses de ses habitants. Arrêt et déploiement. On frappe à une porte de fer. Un homme en khamis, visage ensomeillé, ouvre sans résistance. Au premier étage, dans l’appartement de trois pièces aux murs nus, sept à huit gosses dorment sur des matelas à même le sol. Les femmes sont debout, tête basse, silencieuses. On fouille les matelas, les placards, les valises...Rien si ce n’est quelques publications. On repart vers une autre maison. Une perquisition, rapide, en douceur, peut-être à cause du témoin étranger. Ailleurs, on a brutalisé les suspects, fracturé des portes, renversé les meubles, comme à l’université islamique où le laboratoire de chimie a été entièrement saccagé. On a aussi trouvé beaucoup d’armes, des kalachnikov, des explosifs et des mines télécommandées. Quatre cent personnes arrêtées à Gaza ; trois cent en Cisjordanie. Rien n’a été épargné, ni la célèbre " Mosquée Palestine" où le nouvel imam ne parle plus de "guerre aux sionistes" mais "d’unité entre les musulmans", ni les organisations d’aide sociale et religieuses du Hamas, ni les responsables politiques.."En prison, au moins, ils ne risquent pas d’être abattus par les services secrets israeliens.." dit un responsable palestinien. Partout Hamas se terre ou fait le dos rond... "Israel a promis de nous éliminer, Arafat, sous la dictée de Perez, nous jette en prison..Et alors ? Tout cela est provisoire," dit Saud, un pharmacien qui commence ses phrases en invoquant le coran. Pour lui, au delà de la revanche de la mort d’Ayache, la série d’attentats était un message fort à Israel : "Prouver que le Hamas est puissant, qu’on ne peut pas faire sans lui, qu’il peut changer le régime de la vie quotidienne en Israel et même le résultat des élections." Ce que ne dit pas le pharmacien est que le Hamas traverse peut-être la crise la plus grave de son histoire. Pas de scission mais des communiqués contradictoires qui révèle une lutte d’influence qui transcende toutes les ailes du mouvement, politique ou militaire. De par sa naissance, le Hamas est issu de l’intérieur des territoires ; son objectif numéro un, avant la lutte contre Israel, était la ré-islamisation de la société, à travers un réseau d’organisations sociales et religieuses. Contrairement au Hezbollah du sud-liban ou au Jihad islamique purement militaire, il n’a jamais été le favori des Iraniens. Personne aujourd’hui, à Damas ou Téhéran, ne peut, à loisir, télécommander un attentat du Hamas en Israel. Bien sûr, le mouvement a évolué, s’est durci et ses quatre cent militants, bannis par Rabin et expédiés à la frontière libanaise ont noué des liens à l’étranger et appris la technique des attentats-suicides. Aujourd’hui, il y a une direction partagée entre l’intérieur et la Jordanie, la Syrie, L’Iran et les Etats-Unis où le mouvement collecte l’essentiel de son trésor de guerre. Depuis les élections palestiniennes qu’il a boycotté, Hamas est en perte de vitesse. Paradoxalement, les derniers attentats, leur répétition, -quatre bombes !- montre que Hamas hésite, à la croisée des chemins, entre les tenants de l’action politique qui veulent renouer avec le but premier du mouvement et ceux, partisans de l’arrêt de tout dialogue, d’une lutte à outrance, les armes à la main, contre "l’entité sioniste". Aveu de faiblesse ? Ici, quatre vingt pour cent de la population soutient toujours Yasser Arafat. Et les derniers attentats et le bouclage des territoires n’ont fait qu’augmenter les critiques envers les islamistes.."Même si les gens condamnent avant tout Israel qui sabote le processus de paix, Hamas est en train de se suicider dans l’opinion publique" répètent vos interlocuteurs à Gaza. "On sait aussi qu’Arafat n’a pas le choix. La population comprend la chasse aux militants. A condition qu’elle ne soit pas trop brutale et qu’elle ne dure pas indéfiniment. Il ne faut passer la ligne rouge. Il y aurait danger de guerre entre frêres palestiniens." Voilà pourquoi l’imam de la mosquée Palestine lance de si fervents appels à l’unité, voilà pourquoi Gaza est si triste et si inquiète. Elle craint la poursuite de l’enfermement, elle redoute le mutisme politique, celui d’Israel, "Les Israeliens ne nous parlent plus. Même Perez !" avoue un des plus proches conseillers d’Arafat. Elle craint aussi le bruit des attentats ou des exécutions d’islamistes qui appelleraient d’autres kamikazes fous de revanche et de Djihad. Gaza aimerait bien enfin vivre, achever ses milliers de chantiers en cours, traîner sur la plage et au restaurant, entre l’odeur des kebabs, du poisson grillé et les senteurs marines. Sortir du cercle vicieux du sang. En finir avec le désespoir. Et cette saleté de pluie d’hiver palestinien.

1996

Par Jean-Paul Mari

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