FRANCE , SYRIE 19 avril 2014

OTAGES.

L’enfer de la libération.

Entretien dans l’émission Medias, sur RTS.

Didier François, 53 ans, grand reporter à la radio Europe 1, et Édouard Élias, 22 ans, photographe indépendant missionné par la radio, ont été enlevés le 6 juin 2013 à un barrage routier alors qu’ils faisaient route vers Alep. Nicolas Hénin, reporter de 37 ans, et Pierre Torrès, photographe de 29 ans, ont été enlevés le 22 juin à Raqqa (nord).

LIBRES

L’enfer de la libération.

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20 avr. 2014 15:23 - Médias-Syrie-France-conflit-otages

Certains des geôliers des quatre journalistes libérés après dix mois de captivité en Syrie parlaient français, a affirmé dimanche le chef de la diplomatie Laurent Fabius.

Interrogé sur la présence de geôliers des ex-otages, qui parlaient français, le ministre a répondu : "Malheureusement oui !".

"Il y a des Français, des Belges, des Italiens, des Européens en général, qui sont partis faire le jihad" en Syrie, a ajouté Laurent Fabius lors du Grand rendez-vous I-Télé, Europe 1, Le Monde.

"Il faut être très discret car les terroristes utilisent tout contre les otages eux-mêmes", a-t-il souligné en rappelant que des journalistes d’autres nationalités, une vingtaine selon lui, sont toujours détenus en Syrie.

Sur la libération des quatre journalistes, M. Fabius a précisé qu’ils "ont été lâchés près de la frontière turque, ils sont arrivés en Turquie, les Turcs ne savaient pas qui ils étaient" et ont procédé à des vérifications. "Samedi au petit matin, nous avons été avertis par le patron des services secrets" français", a-t-il raconté.

Depuis une quinzaine de jours, les autorités française savaient que ces libérations approchaient mais "c’est au dernier moment que l’on sait que les choses sont faites", a dit M. Fabius.

Comme certains des quatre ex-otages l’ont laissé entendre, "ils ont été traités très durement", a souligné le ministre. "Les preneurs d’otages sont des terroristes" et le terrorisme est un "mal absolu", a-t-il martelé.

"L’Etat français ne paie pas de rançons. C’est une instruction du président de la République que nous respectons", a répété le chef de la diplomatie, comme à chaque libération d’otages français. Il n’y a pas eu non plus de livraisons d’armes en échange de ces nouvelles libérations, a-t-il assuré.

A propos des deux derniers otages français, enlevés tous deux au Mali, le ministre a révélé les inquiétudes de la France au sujet de Gilberto Rodrigues Leal. "Cela fait longtemps que nous n’avons pas eu de nouvelles. Nous avons des contacts avec la famille mais nous sommes effectivement très inquiets", a-t-il affirmé.

Ce Français de 61 ans a été enlevé en novembre 2012 par des hommes armés près de Kayes (ouest du Mali), alors qu’il circulait dans un camping-car venant de Mauritanie.

"En ce qui concerne Serge Lazarevic, il y a un certain nombre d’éléments et nous nous en occupons activement", a encore dit M. Fabius. Le 24 novembre 2011, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, en voyage d’affaires au Mali, avaient été enlevés dans leur hôtel de Hombori, dans le nord-est du pays. Le corps de Philippe Verdon, 53 ans, avait été retrouvé en juillet 2013, assassiné d’une balle dans la tête.

"simulacres d’exécution"

L’ex-otage en Syrie, le journaliste Didier François, est revenu lundi matin sur Europe 1 sur ses conditions de détention et notamment les "simulacres d’exécution, pistolet posé sur la tempe ou le front", et son expérience de grand reporter qui lui a permis de décoder certaines situations.

"J’ai eu des simulacres d’exécutions, pistolets posés sur la tempe, ou le front", a raconté Didier François sur les ondes de la radio qui l’emploie et pour laquelle il s’était rendu en Syrie il y a plus de 10 mois pour faire un reportage sur le recours aux armes chimiques.

Mais "les simulacres d’exécution ne m’ont jamais particulièrement stressé dans la mesure où on voyait trop que c’était de la pression", a raconté le journaliste, âgé de 53 ans. S’ils avaient décidé de me couper la tête ou de me flinguer, c’est ritualisé. Il se trouve que, par ailleurs, j’ai la chance de connaître assez bien ce genre de choses. Les affaires d’otages, je les ai suivies très longtemps, et de très près, je connais relativement les procédures. ... Je voyais qu’on n’avait pas atteint la limite. C’est assez rassurant et ça permet d’être plus serein", a poursuivi le journaliste qui a couvert de très nombreux conflits, comme la Tchétchénie, le Kosovo, ou encore au Proche-Orient et en Irak.

Didier François est également revenu sur le quotidien, enfermé, une grande partie du temps avec les trois autres otages journalistes, dans des caves "avec des portes en fer, barreaux sur tous les interstices".

Les premiers jours ont été particulièrement éprouvants : "Ils vous mettent tout de suite dans l’ambiance. La pression est très, très, très forte. Quatre jours sans manger et sans boire. Au quatrième jour sans boire, on commence vraiment à être mal, menotté à un radiateur et des coups. C’est un peu pour casser les velléités de résistance".

Edouard Elias, 23 ans, le photographe qui avait été enlevé avec Didier François au nord d’Alep le 6 juin 2013, a raconté de son côté qu’il avait surtout pensé à sa famille lors de sa détention. "Ca, c’est assez compliqué".

"Ca aurait pu être pire. Il y a eu des hauts et des bas" mais "on peut marcher, on est en bonne santé. c’est l’essentiel", a-t-il déclaré sur Europe 1, parlant des "risques du métier".

"10 mois complets dans des sous-sols sans voir le jour"

"On est restés dix mois complets dans des sous-sols sans voir le jour", a raconté dimanche l’ex-otage Didier François à sa radio, Europe 1, peu après son arrivée à Villacoublay.

"Sur les dix mois et demi" de détention en Syrie, les quatre otages français sont "restés dix mois complets dans des sous-sols sans voir le jour, un mois et demi entièrement enchaînés les uns aux autres", a-t-il ajouté, évoquant des conditions de détention "rudes".

Se montrant réticent à entrer dans trop de détails, le reporter aguerri, doyen du groupe à 53 ans, a précisé : "Dans un pays en guerre, ce n’est pas toujours simple, que ce soit la nourriture, l’eau, l’électricité, parfois c’était un petit peu bousculé, les combats étaient proches, il est arrivé qu’on soit deplacés très rapidement dans des conditions un peu abracadabrantes".

Evoquant beaucoup "de tension, du stress", il dit avoir toujours gardé espoir. Au sujet de la mobilisation des autorités françaises et des tractations pour leur libération, il a ajouté : "On savait que si ça pouvait passer, ca passerait et que tout était fait pour que ça passe, et à partir de là, c’était notre responsabilité que de tenir".

En détention, à quoi se raccroche-t-on ? "A ceux qu’on aime, au fait qu’on sait qu’on fait notre métier et qu’il faut le faire".

Nicolas Hénin, qui a retrouvé ses deux filles et son épouse, a assuré devant un petit groupes de journalistes à l’aéroport avoir connu "pas mal de déplacements" pendant sa détention. Il avait raconté samedi sa tentative d’évasion trois jours après son enlèvement, disant avoir couru toute une nuit dans la campagne syrienne avant d’être rattrapé par ses ravisseurs.

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Communiqué du prix Albert Londres

Didier, Edouard, Nicolas et Pierre : OUF !

L’annonce de la libération de Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres est un soulagement pour toute la profession.

Dans ce pays déchiré qu’est devenue la Syrie, l’information est un enjeu fondamental. Les journalistes sont donc devenus des proies, monnaies d’échange ou personnes à abattre. La douloureuse expérience de nos confrères, partis "porter la plume dans la plaie", nous rappelle les dangers de ce métier. Mais aussi son impérieuse nécessité.

Le Prix Albert Londres est heureux de ne pas voir son édition du 12 mai prochain assombrie par la détention de ces quatre valeureux confrères heureusement rentrés mais n’oubliera pas tous ces journalistes qui, chaque jour, sur les terrains périlleux de l’actualité, continuent d’œuvrer pour nous parler du monde, avec foi dans leur métier.

Prix Albert Londres – www.prixalbertlondres.org – stephane.joseph@scam.fr – 06 82 90 01 93

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Retour en France ce soir ou demain matin dimanche

Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis 10 mois ont été libérés samedi et sont "en bonne santé", a annoncé le président François Hollande, l’Elysée précisant qu’ils seraient de retour en France ce samedi soir ou dimanche matin.

"C’est un bonheur de pouvoir voir le ciel, de marcher et de parler librement", a réagi Didier François, l’un des quatre hommes libérés, auprès de l’agence turque Dogan. "Nous venons tout juste d’arriver de Syrie", a-t-il ajouté, affichant un grand sourire et portant une longue barbe.

Dans une déclaration lue à l’AFP, le chef de l’Etat dit avoir "appris avec un immense soulagement ce matin la libération des quatre journalistes français" —Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres— retenus en otages en Syrie depuis juin 2013, précisant que les quatre hommes sont "en bonne santé en dépit des conditions très éprouvantes de leur captivité".

Didier François, 53 ans, grand reporter à Europe 1, et le photographe Edouard Elias, 23 ans, ont été enlevés au nord d’Alep le 6 juin 2013. Nicolas Hénin, 37 ans, reporter à l’hebdomadaire Le Point, et Pierre Torrès, 29 ans, photographe indépendant, ont été enlevés deux semaines plus tard, le 22 juin à Raqqa.

"sur le point de prendre l’avion du retour"

L’Elysée a précisé ensuite que les hommes seraient de retour "samedi dans la nuit" ou "dimanche matin". Le chef de l’État ira les accueillir avec leurs familles comme il l’avait fait lors des précédentes libérations d’otages, a-t-on précisé. L’avion devrait atterrir à l’aéroport militaire de Villacoublay, en région parisienne.

La libération des Français intervient après celle de plusieurs journalistes européens qui se trouvaient aux mains de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le plus radical des groupes jihadistes en Syrie. Elle a lieu aussi un an jour pour jour après celle de la famille Moulin-Fournier (trois adultes et quatre enfants), détenue deux mois au Nigeria.

retrouvés ligotés, cheveux longs et les yeux bandés

Peu avant midi, le père de l’un des journalistes, Pierre-Yves Hénin, a indiqué à l’AFP que les quatre hommes étaient "sur le point de prendre l’avion du retour" et que leur moral était "particulièrement bon".

Selon Dogan, les journalistes français ont été retrouvés ligotés, cheveux longs et les yeux bandés, par des soldats turcs à la frontière turque avec la Syrie.

Les quatre hommes ont été abandonnés par des hommes inconnus dans la nuit de vendredi à samedi dans le no man’s land de la frontière séparant les deux pays, près de la petite ville turque d’Akçakale (sud-est), selon l’agence.

Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torres ont été découverts par une patrouille de l’armée turque qui, dans un premier temps, a cru être en présence de contrebandiers. Après avoir remarqué que les hommes parlaient français, les soldats les ont conduits à un poste de police d’Akçakale.

- Cheveux longs, barbus mais en bonne santé -

Dans les images diffusées sur les chaînes de télévision turques, on voit les quatre journalistes, cheveux longs et barbus mais visiblement en bonne santé, en train d’entrer et de sortir du commissariat dans la nuit.

François Hollande a dit partager "la joie des familles" qui ont "enduré, avec un grand sens des responsabilités, l’angoisse de cette épreuve" et "salue aussi tous les proches qui ont marqué leur solidarité autour" des quatre hommes.

Des comités de soutien ont vu le jour ces derniers mois pour réclamer la libération des otages. "Nous savions qu’après la libération des Espagnols, nous étions en bonne voie et que les négociations se passaient bien", a réagi le comité de soutien Otages en Syrie.

Dès l’annonce de leur libération, les réactions ont fusé. La ministre de la Communication Aurélie Filippetti a exprimé sa "joie" et son "soulagement". "C’est la fin d’une angoisse terrible pour leurs familles, pour leurs proches et pour leurs rédactions", s’est félicité le président de l’UMP, Jean-François Copé, en rendant hommage "à tous ceux qui ont contribué" à la libération des quatre hommes.

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a salué "la réussite de l’action" du président de la République, du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et des services français. "C’est une joie immense, on en pleure", a déclaré samedi le PDG d’Europe 1 Denis Olivennes. "C’est extraordinaire, c’est génial", s’est réjouie la journaliste Florence Aubenas, elle-même ancienne otage et porte-parole du comité de soutien des quatre hommes. Très émus, les grands-parents d’Edouard Elias se sont dit "complètement sonnés" par la nouvelle.

Le chef de l’Etat a par ailleurs affirmé "son attachement profond à la liberté de la presse, qui impose le respect indispensable de la sécurité et de l’intégrité des journalistes dans leur rôle d’information".

Après la libération des quatre journalistes, le président "reste préoccupé par le sort des deux autres ressortissants français toujours détenus au Sahel". Il "réaffirme son soutien à leurs familles et rappelle sa détermination et la mobilisation sans relâche des services de l’Etat pour obtenir leur libération".

Les deux Français encore otages sont Serge Lazarevic et Gilberto Rodriguez Leal, enlevés au Mali respectivement en novembre 2011 et novembre 2012.

Treize grands médias internationaux, dont le New York Times, BBC News et les agences de presse Reuters, AP et AFP, estimaient en décembre que plus de 30 journalistes étaient retenus en Syrie. En octobre 2013, Reporters sans Frontières indiquait qu’"au moins 16 journalistes étrangers" étaient portés disparus en Syrie, dont l’Américain James Foley, qui a collaboré avec l’AFP.

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Retour des 4 otages :

"un grand chemin les attend", dit l’ex-otage Jean-Louis Normandin

"Un grand chemin" attend les quatre journalistes otages en Syrie, libérés samedi, avant de se réacclimater à la vie normale, a déclaré à l’AFP l’ex-otage au Liban Jean-Louis Normandin.

"A son retour, on n’est pas préparé à une telle intensité d’émotion", se rappelle-t-il. "Le choc est très violent. On ne passe pas de la ville à la campagne". "Je me souviens à mon retour, quand l’avion s’est posé à Orly... C’est un moment très dur", dit celui qui, alors journaliste à Antenne 2, a été otage au Liban de mars 1986 à novembre 1987.

Durant la captivité, "on est hors de la vie, hors de tout. Le quotidien de l’otage, c’est de spéculer sur sa liberté, ou sa possible mort. Il faut lever la main pour aller uriner, quémander un verre d’eau ...".

Passé le "premier choc" de la libération pour les quatre otages, "c’est un grand chemin qui les attend. Il faut accepter sa fragilité, mettre du sens sur tout ce qui s’est passé".

"Il est difficile de raconter là d’où on vient", ajoute-t-il, recommandant aux quatre hommes de "recréer des liens", "tisser un lien social".

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Le site turc Hurriyet publie une vidéo présentée comme les premières images des quatre journalistes français libres. Ils arborent une longue barbe. Selon plusieurs médias turcs, ils ont été retrouvés à la frontière turque. http://www.francetvinfo.fr/live/message/535/241/66d/3f8/5da/e63/006/467.html

"Je suis très content d’être libre", dit Didier François, ex-otage en Syrie (agence turque)

"Je suis très content d’être libre", a déclaré dans la nuit de vendredi à samedi Didier François, l’un des quatre journalistes français libérés après une longue captivité en Syrie, selon des images diffusées par l’agence de presse turque Dogan.

Affichant un grand sourire et portant une longue barbe, le journaliste, visiblement très soulagé mais fatigué, a brièvement répondu au journaliste qui l’interrogeait au commissariat de police d’Akçakale, ville turque située à la frontière turco-syrienne à proximité de laquelle les otages français ont été retrouvés.

"Nous sommes très contents d’être libres. Nous remercions les autorités turques pour leur aide. C’est un bonheur de pouvoir voir le ciel, de marcher et de parler librement", a dit l’ex-otage, s’exprimant en anglais.

Les otages français "sur le point de prendre l’avion du retour" (Hénin)

Les quatre otages journalistes français sont "sur le point de prendre l’avion du retour" et leur moral "est particulièrement bon", a annoncé peu avant midi à l’AFP le père de Nicolas Hénin, Pierre-Yves Hénin, joint au téléphone.

"Moralement, ce sont des circonstances où l’on est +boostés+, leur moral est particulièrement bon", a expliqué M. Hénin, affirmant qu’ils étaient par ailleurs "en bonne santé" mais forcément éprouvés "par ces mois difficiles" qu’ils ont vécus en captivité en Syrie.

"Nous avons été appelés dans la matinée par plusieurs interlocuteurs, dont le président François Hollande personnellement, qui nous ont informés de la bonne nouvelle, de la bonne santé de Nicolas et de ses confrères et du principe d’un retour dans la journée", a-t-il précisé.

Les familles avaient "connaissance de contacts" ces derniers temps "dont on espérait qu’il seraient fructueux", tout en restant prudents, a-t-il ajouté sur BFM-TV. "Ce symbôle de Paques était très fort, nous avions l’espoir que cela puisse se concrétiser" mais la nouvelle est malgré tout "une surprise", particulièrement heureuse.

Il a rappelé qu’une dizaine de journalistes d’autres pays restaient détenus. "A leur égard", il faudra "respecter une certaine discrétion", a-t-il avancé.

Les retrouvailles dans un aéroport de la région parisienne, dans quelques heures, "ce sera beaucoup d’émotion et beaucoup de joie !".

Le reporter Nicolas Hénin et le photographe Pierre Torrès avaient été enlevés le 22 juin 2013 dans le nord de la Syrie. Peu avant, Didier François, grand reporter à la radio Europe 1 et Édouard Élias, photographe indépendant missionné par la radio, avaient été enlevés le 6 juin.

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AFP

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont "libres" et "en bonne santé", a annoncé aujourd’hui, samedi 19 avril, le président François Hollande, en exprimant son "immense soulagement".

Dans une déclaration lue à l’AFP, le chef de l’Etat dit avoir "appris avec un immense soulagement ce matin la libération des quatre journalistes français" (Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torres) retenus en otages en Syrie depuis juin 2013, précisant que les quatre hommes sont "en bonne santé en dépit des conditions très éprouvantes de leur captivité".

Remerciant "tous ceux qui ont permis l’heureux dénouement de cette épreuve", le président a également annoncé que les quatre ex-otages "rejoindront la France dans les prochaines heures".

François Hollande "partage la joie des familles de nos compatriotes qui ont enduré, avec un grand sens des responsabilités, l’angoisse de cette épreuve" et "salue aussi tous les proches qui ont marqué leur solidarité autour" des quatre hommes.

Le chef de l’État "affirme son attachement profond à la liberté de la presse, qui impose le respect indispensable de la sécurité et de l’intégrité des journalistes dans leur rôle d’information".

note : Ils auraient été retrouvés affaiblis mais en bonne santé, pieds et poings liés, yeux bandés, ce matin, vers 11H00, à la frontière turque vers le poste Akcakalé.

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Les quatre journalistes français otages en Syrie libérés, ont été retrouvés par des soldats turcs à la frontière turque avec la Syrie ligotés et les yeux bandés, a rapporté samedi l’agence de presse turque Dogan.

Les quatre hommes ont été abandonnés par des hommes inconnus dans la nuit de vendredi à samedi dans le no man’s land de la frontière séparant la Turquie et la Syrie, près de la petite ville turque d’Akçakale (sud-est), selon l’agence.

Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torres ont été découverts par une patrouille de l’armée turque qui, dans un premier temps, a cru avoir affaire à des contrebandiers mais après avoir remarqué que les hommes parlaient français, les ont conduits à un poste de police d’Akçakale.

Dans les images diffusées sur les chaînes de télévision turques on voit les quatre journalistes, cheveux longs et barbus mais visiblement en bonne santé, en train d’entrer et de sortir du commissariat dans la nuit, sans faire de déclaration aux caméras. Selon Agence Turque

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NOS CONFRERES

Didier François

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53 ans, enlevé en Syrie le 6 juin 2013, qui vient d’être libéré avec trois autres journalistes français, est un reporter de guerre chevronné qui a couvert tous les conflits de la planète depuis 30 ans : Bosnie, Tchétchénie, Irak, Gaza etc.

Grand reporter à Europe 1, cet ancien militant socialiste, qui a aussi été l’un des fondateurs de SOS-Racisme, est entré au Matin de Paris en 1985, où il couvrait notamment les questions d’immigration.

Il couvre ensuite l’actualité internationale et se spécialise dans le traitement des conflits armés, notamment pour le quotidien Libération.

Il travaille en Afrique du Sud dès 1990, puis en Irak, en Israël, en Palestine, au Mali... Jovial, minutieux dans la préparation de ses reportages, ses confrères décrivent tous son courage sur le terrain et son rire communicatif.

Pour Libération, il a notamment couvert la guerre de Tchétchénie comme correspondant à Moscou, ainsi que les guerres des Balkans. Il a aussi été au début des années 2000 correspondant à Gaza puis à Jérusalem de 2005 à 2007. En 2006, il avait été blessé d’une balle à la jambe à Gaza, pris dans les combats entre le Hamas et les forces de l’Autorité palestinienne.

Avant de devenir reporter, Didier François a été un militant de gauche. Membre de la Ligue communiste révolutionnaire, au début des années 1980, il suit Julien Dray et rejoint le parti Socialiste. Ce proche d’Harlem Désir participe à la fondation de SOS-Racisme : c’est lui qui a inventé le célèbre slogan de l’association, "Touche pas à mon pote".

Nicolas Hénin

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reporter de 37 ans enlevé le 22 juin à Raqqa en Syrie, qui vient d’être libéré avec trois autres journalistes français, est un journaliste indépendant aguerri, fin connaisseur du Moyen-Orient et de l’Afrique où il est basé depuis plusieurs années.

Depuis sept ans, Nicolas Hénin est le responsable du bureau d’Addis-Abeba de l’agence Solas Film, société de production de documentaires et d’actualités basée en Irlande.

Ce diplômé de l’IPJ (Institut pratique du journalisme) qui a étudié l’Histoire couvre depuis longtemps l’Afrique et le Moyen-Orient pour plusieurs médias francophones, que ce soit en écrit, en radio ou en télévision, dont Arte, Le Point, Radio France, RTBF, RTS et Radio Canada.

Plusieurs fois sélectionné par le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, il séjournait en Syrie pour la cinquième fois depuis 2011.

"Ce n’est pas un casse-cou. Il est très aguerri", témoignait en octobre 2013 sur RTL le photojournaliste Benoît Schaeffer.

Sur son compte Twitter, il se décrit comme un "révolutionnaire optimiste. Toujours partant pour une tasse de café". L’IPJ a fait de Nicolas Hénin le parrain de la 34e promotion, et demandé à son père, Pierre-Yves Hénin, de remettre les diplômes, fin 2013.

Son enlèvement a été rendu public le 9 octobre par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Pierre Torres

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océanographe de formation et photographe autodidacte de 29 ans, enlevé le 22 juin en Syrie et qui vient d’être libéré avec trois autres journalistes français, était parti sans être rattaché à aucun média, avec l’intention de vendre ses clichés et pour préparer un documentaire.

C’était son troisième séjour en Syrie.

Diplômé d’océanographie, il a d’abord été observateur de pêche et parcouru le monde sur des chalutiers, de la Mer rouge à l’Océan indien. Ce passionné du vivant désireux de témoigner de son époque, expliquent ses proches, décide de se tourner vers le photojournalisme à l’occasion de la révolution libyenne et du conflit syrien.

Discret, débrouillard, il se rend en Libye pendant la révolution en 2011 puis à Alep à l’été 2012 et vend ses premières photos, notamment à Paris Match. Il retourne en Syrie au printemps, avec un ami géographe avec qui il prépare un documentaire sur le pays.

"Je l’ai croisé en juillet 2012 à Alep. Il débutait en journalisme. Il ne sortait pas d’école, il était vraiment autodidacte et très gonflé !", a témoigné Florence Aubenas, grand reporter au Monde, coprésidente du comité de soutien aux otages en Syrie.

"Je m’en souviens car c’était lors de la première bataille d’Alep avec la prise de la ville par l’Armée syrienne libre", a-t-elle raconté au quotidien Paris-Normandie. "J’étais avec un photographe et un journaliste du Figaro et on croyait être les seuls à vivre ce grand moment. Quand, tout à coup, dans le centre de presse improvisé qu’ils ont mis tout de suite en place, on nous dit qu’il y a déjà un journaliste français. Un journaliste français ? On était sidérés ! C’était lui ! Alors que nous, cela faisait trois semaines qu’on travaillait là-dessus, lui s’était immergé, on ne sait pas trop comment".

Originaire de Roncherolles-sur-le-Vivier, près de Rouen, il est le fils du sculpteur José Torres. L’annonce de son enlèvement avait été révélée le 9 octobre par Jean-Marc Ayrault.

Edouard Elias,

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jeune photographe indépendant missionné par Europe 1 pour son site web, enlevé en Syrie le 6 juin 2013 et qui vient d’être libéré avec trois autres journalistes français, n’a que 23 ans mais déjà une expérience du journalisme de guerre, notamment dans ce pays où il s’était déjà rendu plusieurs fois.

Originaire du Gard, il a vécu dix ans en Egypte avant de rentrer en France en 2009 pour y faire ses études. Il étudie la photographie à l’Ecole Condé de Nancy où il se passionne pour la photographie de guerre.

Il a travaillé dans des camps de réfugiés en Turquie, en Birmanie mais aussi à Alep. "Ce n’est pas une tête brûlée, ni un va-t-en-guerre, mais quelqu’un de très posé et consciencieux. Il s’était mis apprendre l’arabe", a raconté l’un de ses professeurs à Nancy, Olivier Cahez, cité par l’Est Républicain.

Encore étudiant, il s’est fait connaître à 21 ans, lorsqu’il décide de partir faire un reportage en Syrie, en août 2012, sans aucune commande. A son retour, il démarche des journaux avec une série intitulée "Le Martyre d’Alep", en vain, avant de rencontrer deux vedettes de la profession lors du festival Visa pour l’Image, Rémy Ourdan et Laurent Van der Stockt. Grâce à eux, il signe avec l’agence Getty et ses photos sont publiées dans Paris Match, Der Spiegel et le Sunday Times. Il décide alors de mettre fin à ses études.

Sur son site, Edouard Elias présente ses deux portfolios de Syrie, dont la série prise lors de la bataille d’Alep à l’été 2012, et une autre de janvier dernier. Son modèle : le photographe russe Yuri Kozyrev, connu pour ses photos en Tchétchénie et en Irak.

Ce passionné est décrit par ses proches comme très sensible, bouleversé par les drames qu’il avait vus et conscient du danger, mais cherchant toujours à s’en approcher au plus près pour pouvoir mieux en témoigner.

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Infos, Chronique, communiqués, AVANT leur libération

Cette chronique de l’absence se propose de réunir les informations sur le sort de nos amis et confrères pris en otage en Syrie. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous essaierons autant que possible de relayer les manifestations et les initiatives prises par différentes organisations et le comité de soutien aux quatre journalistes. Nous ferons en sorte de donner plus à lire sur le sujet et de renvoyer par des liens à tous les sites qui s’intéressent à ce dossier. L’objectif est de relayer l’information, de faire écho à tous ceux qui agissent pour la libération des quatre journalistes français et de signifier aux amis, aux parents, au public que nous n’oublions pas ceux qui nous manquent.

Grand Reporters

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Dernières Informations

ACTIONS ET MOBILISATIONS DU MOIS D’ AVRIL

5 Avril : • Marche de soutien à St Paul les Dax à 11h30 au lac de Christus, devant la piscine. • « Tous mobilisé(e)s jusqu’à leur libération » Samedi à 15h, rassemblement Place de la République à Paris. 6 avril : • Mobilisation nationale des étudiants en école de journalisme avec le Comité de soutien. Opérations de mobilisation citoyenne, dont l’objectif sera de recueillir un maximum de signatures pour la libération des otages. Action de sensibilisation des citoyens. Contacts : Pascal Guénée (directeur de l’IPJ) : 06 50 06 82 64 - pascal.guenee@dauphine.fr - Fanny Cheyrou (représentante étudiants) au 06 30 38 00 25 – fannycheyrou@gmail.com • Marathon de Paris : une équipe de coureurs sera présente lors du Marathon de Paris en soutien aux journalistes otages en Syrie 7 avril : • Rassemblement et conférence de presse devant le Conseil Général de Seine-St-Denis - Bobigny à 11h en présence des Porte-parole du comité de soutien et des membres de la famille des otages - • « Otages en Syrie, en quoi cela me concerne ? », conférence-débat, de 18h30 à 20h, dans les locaux de Sciences Po Le Havre, 77 rue Bellot - 76600 Le Havre. En présence de Florent Bonaventure, Directeur de SciencesPo, Martine Gauffeny, fondatrice et vice-présidente d’Otages du Monde, José et Marie-Catherine Torres, parents de Pierre Torres, journaliste otage en Syrie, Thierry Delacourt, président du Club de la Presse de Haute-Normandie. • « Zones Interdites », conférence à l’Université Paris-Dauphine à 18h30 Salle Raymond Aron - Place du Maréchal de Lattre de Tassigny – Paris 16ème Métro ligne 2, station Porte Dauphine – RER ligne C, station Foch. Communiqué de presse disponible en cliquant sur le lien suivant : http://presse.dauphine.fr/fr/communiques/communiques-de-presse/detail-dun-communique-de-presse/article/conference-zones-interdites-a-luniversite-paris-dauphine-en-solidarite-avec-les-otages-jour.html / Contact Presse : Florent GOT - Université Paris-Dauphine - florent.got@dauphine.fr - 01 44 05 45 71 – 06 25 25 21 60 - presse.dauphine.fr 18 avril : Intervention de Pierre-Yves Hénin à Nantes. 27 avril : « Ascension du Mt Ventoux » pour marquer les 10 ans de l’association otages du Monde, départ : à 14H place de la mairie de BEDOIN. A l’arrivée : En haut du Ventoux, déploiement d’une banderole en faveur de tous les otages actuels. En présence de, Jean Louis Normandin, président de ODM, Hervé GHESQUIERE, la famille de Stéphane TAPONIER, des membres de familles d’anciens otages et otages actuels et des amis des 4 otages en Syrie. Contact ODM sur place : Jacqueline MACOU : 06 03 84 08 07

Save the date – lundi 16 juin – Soirée exceptionnelle de soutien aux journalistes otages en Syrie à l’Opéra comique – rsvp : presse@otagesensyrie.org -

Contacts presse comité de soutien : Nathalie FORTIS : +33 678 434 207 Christian SAUVAN-MAGNET : +33 603 840 420 Romain GUBERT : + 33 686 781 4 61

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7 avril : Conférence "Zones Interdites" en solidarité avec les otages journalistes

Institut Pratique du Journalisme

Lundi 7 avril, cela fera 10 mois que quatre journalistes français sont otages en Syrie. A cette occasion et en solidarité, l’Université Paris-Dauphine organise une conférence sur le thème "Zones Interdites".

Que l’on soit salarié, journaliste, scientifique, humanitaire ou simple touriste, certaines régions du monde sont devenues inaccessibles. Syrie, Mali, République centrafricaine, Yémen, Afghanistan, Libye, Corée du Nord... une longue liste de pays qui disparaissent de fait de la carte du Monde.

Quelles sont les conséquences de ces entraves à la liberté de circuler et de travailler ? C’est sur ce thème que s’interrogeront, lundi 7 avril à 18h à l’université Paris Dauphine en salle Raymond Aron, les invités de cette conférence "Zones Interdites". Elle sera animée par le grand reporter Olivier WEBER, prix Albert-Londres, ancien diplomate et écrivain, en présence de :

Pierre BIGORGNE, Rédacteur en chef du magazine Grands reportages Docteur Jacques BERES, cofondateur de médecins sans frontières, Alain LE GOUGUEC, journaliste, Président de Reporters sans frontières François VILLENEUVE, professeur d’archéologie de la Méditerranée et du Proche-Orient hellénistiques et romains à l’université de Paris 1 Stephan MALVOISIN, Président de Crisis Consulting Père VANDENBEUSCH, Jean-Louis NORMANDIN, président de l’association Otages du monde Pierre-Yves HÉNIN, père de Nicolas Hénin et ancien président de l’université Paris 1, Panthéon-Sorbonne

Avec le soutien de Florence AUBENAS, Serge JULY et Karen LAJON co-président du comité de soutien aux otages en Syrie.

Depuis le 6 mars dernier, l’Université Paris-Dauphine a installé les portraits des quatre journalistes français otages en Syrie sur les grilles de l’université, boulevard Lannes à Paris. Parmi eux, Nicolas Hénin, diplômé en 1998 de l’Institut Pratique du Journalisme (IPJ) de l’Université Paris-Dauphine.

Par sa mobilisation, l’université apporte son soutien à l’un de ses diplômés, mais affirme également que c’est de la liberté de chacun d’aller et venir dont il s’agit. Car les prises d’otages concernent désormais tous ceux qui travaillent dans ces "zones interdites", qu’ils soient journalistes, spécialistes de l’humanitaire ou expatriés envoyés par leur entreprise. Informations pratiques

Conférence "Zones interdites" - Lundi 7 avril 2014 à 18h30 Université Paris-Dauphine, Salle Raymond Aron - Place du Maréchal de Lattre de Tassigny – Paris 16ème Métro ligne 2, station Porte Dauphine – RER ligne C, station Foch. A propos de l’Institut Pratique du Journalisme

Composante de l’Université Paris-Dauphine, l’Institut Pratique du Journalisme (IPJ) est dirigé par Pascal Guénée et présidé par Denis Jeambar. Fondé en 1978 par l’historien Pierre Miquel, l’IPJ a formé plus de 1.800 journalistes. www.ipj.eu Contact presse :

Florent GOT Université Paris-Dauphine florent.got@dauphine.fr 01 44 05 45 71 – 06 25 25 21 60 - presse.dauphine.fr

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NOUVEAU : Le site de soutien aux otages.

Ce samedi, mobilisation des étudiants en journalisme.

Ce week-end, samedi 15 mars, première étape de la généralisation de la mobilisation des étudiants des écoles de journalisme. A l’occasion de la coupe l’Équipe des grandes écoles de journalisme au stade Marville à la Courneuve une grande photo sera prise à 12h30 (précises) avec Florence Aubenas au nom du Comité. Environ 600 étudiants et participants sont attendus, avec t-shirt et banderoles. S’y joindront des journalistes de l’Équipe et du Parisien. Puis le dimanche 6 avril les étudiants organiseront sur tout le territoire des opérations de mobilisation citoyenne, en lien avec certains clubs de la presse pour recueillir un maximum de signatures pour le Comité de soutien. Si vous souhaitez y participer ou obtenir plus d’informations n’hésitez pas à nous contacter.

Images de la Journée de soutien à Lille

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Jeudi 6 Mars 2014 Journée de mobilisation & de soutien

aux journalistes otages en Syrie, Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres enlevés depuis 9 mois

• Paris : 11h45 Dévoilement d’une bâche sur les grilles de l’université Paris-Dauphine (Place du Maréchal de Lattre de Tassigny, 75016 Paris, en présence du Président Laurent Batsch, de Pierre-Yves Hénin, Serge July, Hervé Ghesquière.

18h Flash mob devant le siège d’Europe 1 ( 26 bis, rue François 1er, 75008 Paris ) Flash Mob : RDV jeudi 6 mars 18h devant Europe1 en soutien aux journalistes #otagesensyrie

• Diffusion Nationale : 20h-22h Emission spéciale d’Europe 1 en direct

• Lille : 11h30 Devant le Conseil général du Nord, 51 rue Gustave Delory à Lille, en présence de Patrick Kanner, Président du Conseil Général 14h Dévoilement d’une bâche, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Lille, Place Augustin Laurent, en présence de Martine Aubry, Maire de Lille, Présidente de LMCU. Contact presse : Mathieu Bourgasser / 06 16 23 47 78

Evreux : 12h30 A l’initiative du Club de la Presse de Haute-Normandie, dévoilement d’une bâche à l’Hôtel de Ville d’Evreux, Contact : contact@clubpress-hn.com

Rennes : 12h A l’initiative du Club de la Presse de Rennes, dévoilement d’une bâche - lieu communiqué dans la journée

Anjou : A l’initiative du club de la presse d’Anjou, dévoilement d’une bâche – heures et lieu communiqués dans la journée

Evry : 12h A l’initiative du Conseil Général de l’Essonne une bâche sera dévoilée sur le parvis de l’Hôtel du département à Evry, en présence de Jérôme Guedj Député, Président du CG

Contacts presse comité de soutien : Nathalie FORTIS : +33 678 434 207 Christian SAUVAN-MAGNET : +33 603 840 420

Aujourd’hui samedi 1er mars, 2 rendez-vous à ne pas manquer

- 15h, Mairie du 3ème arrondissement de Paris, déploiement d’une banderole de soutien

- 15h30 place de la République, Rassemblement public "Mobilisé(e)s" jusque leur libération"

"Un otage dont on ne parle pas est en danger de mort"

"Un otage dont on ne parle pas est un otage en danger de mort", a estimé Marie-Catherine Torres, la mère de Pierre, un des quatre journalistes otages français en Syrie, lors d’une soirée de soutien à Rouen.

"Si nous avons changé d’attitude (...) et que maintenant nous communiquons, c’est que nous avons été en contact avec d’anciens otages qui nous ont révélé que pendant leur détention, pour eux c’était essentiel de savoir que l’on parlait d’eux", a expliqué la mère du photographe rouennais qui s’exprimait à la tribune du Conseil régional de Haute-Normandie.

"Parce qu’un otage dont on ne parle pas, c’est un otage en danger de mort", a-t-elle poursuivi.

Soulignant que "les ravisseurs passent beaucoup de temps sur internet et sont très attentifs à ce qui se dit", elle a estimé que c’était "un moyen d’établir un contact, aussi mince soit-il", avec eux.

Auparavant le père du photographe, José Torres, avait rendu hommage au travail effectué par la cellule otages du Quai d’Orsay. "Dès qu’ils ont la moindre petite information, ils nous la transmettent", a-t-il dit.

"Nous savons depuis tout récemment qu’ils sont vivants et en bonne santé, c’est peu mais c’est énorme", a-t-il ajouté, avant d’exprimer sa confiance dans l’issue de cette prise d’otages.

"On sait que des hommes et des femmes travaillent" à leur libération, "on sait que nos journalistes sont des hommes de combat et qu’ils tiendront le coup, on sait qu’ils ne sont pas allés là-bas par hasard", a-t-il dit.

Au cours de la soirée présidée par Nicolas Mayer-Rossignol, président socialiste du Conseil régional, et ancien collaborateur de Laurent Fabius au quai d’Orsay, Félix Poyet, un ami de Pierre Torres qui est allé en Syrie avec lui, a diffusé une vidéo comportant de nombreuses images prises par le photographe lors d’un premier séjour en 2012.

Tous les 6 du mois, des événements sont organisés un peu partout en France en soutien aux quatre otages. C’est le 6 juin dernier que Didier François, grand reporter à Europe 1, et le photographe Édouard Elias ont été enlevés au nord d’Alep.

Nicolas Hénin, reporter au Point, et Pierre Torrès, photographe indépendant, ont été enlevés le 22 juin dans le nord du pays, à Raqqa.

Rassemblement pour soutenir les otages détenus en Syrie

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Samedi 08 février à 15h Place de la République à Paris.

Venez nombreux et faites circuler l’information ! ..................................................

« Profession : reporter de guerre »

Une soirée de soutien pour les otages en Syrie

jeudi 6 février en direct à 21h15

Le comité de soutien, les proches des otages, Reporters sans frontières et les personnalités des chaînes répondent aux questions des internautes

Jeudi 6 février à 21h15, France Télévisions se mobilise pour consacrer toute une soirée aux journalistes otages en Syrie.

Didier François (grand reporter à Europe 1), Edouard Elias (photographe), Nicolas Hénin (Le Point, Arte) et Pierre Torres (photographe indépendant) ont tous les quatre en commun de partager une même exigence, celle du métier de reporter de guerre. Un métier fait autant de passion que de sang-froid.

Quels sont ses risques, ses méthodes, son histoire ? Qui sont les nouveaux cybers reporters dans les zones de guerre ?

Autour des proches des quatre journalistes, du comité de soutien (Florence Aubenas, Serge July) et de RSF, de nombreuses personnalités des chaînes de France Télévisions (Elise Lucet, Françoise Joly, Guilaine Chenu, Benoît Duquesne, Francis Letellier, Etienne Leenhardt, Julian Bugier) mais aussi des ex otages, des responsables de presse viendront répondre en direct aux questions posées par les internautes sur le site de francetvinfo.fr qui diffusera cette soirée à partir de 21h15.

Toutes les réponses aux questions d’internautes,

jeudi 6 février à partir de 21h15 en direct

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Récit Soirée otages à la Maison de la Radio

"Retours de Syrie"

Un lundi soir dans un studio de la Maison de la Radio à Paris. C’est complet. Même les strapontins. On s’assoit sur les marches de l’amphithéâtre. Dehors, il fait froid et humide. À l’intérieur, la chaleur de tous ceux qui sont venus écouter parler des journalistes otages en Syrie. Et de la Syrie elle-même. C’est bizarre une "soirée otages". Même si on la baptise "retour de Syrie" pour indiquer qu’on est là aussi pour écouter des reporters amis, anciens otages ou pas, venus parler du conflit. Que fait-on ici….Lire la suite dans les « Carnets d’un grand reporter »

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SYRIE. Les otages français sont en "bonne santé"

Selon l’organisation internationale Human Rights Watch, les journalistes sont aux mains du groupe Etat islamique en Irak et au Levant qui "ne veut pas négocier".

Les journalistes Didier François (Europe 1), Edouard Elias, Nicolas Hénin, et Pierre Torres détenus depuis 7 mois en Syrie "sont bien traités et en bonne santé", selon Peter Bouckaert, directeur des urgences de Human Rights Watch, interrogé par "Le Monde". "Les quatre journalistes sont entre les mains de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL)", un groupe de djihadiste qui opère en première ligne sur le front syrien, mais "ne veut pas négocier" leur libération pour l’instant.

Le quotidien écrit que "selon des sources bien informées, les otages occidentaux seraient regroupés à Alep, où des combats sont en cours entre l’EIIL et d’autres factions rebelles. Ils sont détenus en compagnie d’autres otages syriens".

"Ils retiennent ces gens [les étrangers] en otages pour s’en servir comme boucliers humains", explique Peter Bouckaert qui a eu à s’impliquer lors des nombreuses négociations avec les ravisseurs. "Nous sommes face à la pire crise des otages depuis la guerre du Liban", dit-il aussi. Soirée hommage

Lundi soir, plusieurs journalistes français, syriens, polonais, espagnols et italien, ex-otages en Syrie sont venus témoigner de leur terribles conditions de captivité lors d’une soirée de soutien aux journalistes français à la Maison de la Radio. Beaucoup se disent pourtant prêts à retourner en Syrie, pour témoigner de ce conflit qui a fait plus de 130.000 morts, mais savent que le risque est tel pour les étrangers que tout reportage sur place semble presque impossible.

Notamment Domenico Quirico (La Stampa), retenu 5 mois, et le photographe franco-américain Jonathan Alpeyrie, détenu 81 jours, ont raconté leur kidnapping.

"J’ai eu les yeux bandés pendant 3 semaines, des côtes fêlées, ils ont fait semblant de m’exécuter plusieurs fois. Ils avaient une télé, ils me demandaient pourquoi on ne parlait pas de moi, me disait que j’étais un agent américain. Un proche du régime d’Assad a payé ma rançon, car il avait des problèmes avec l’Union européenne et voulait pouvoir voyager", a relaté Jonathan Alpeyrie. "Couvrir la guerre là-bas n’a plus grand sens, il y a tellement de journalistes qui ont disparu", estime-t-il.

"Je peux y retourner demain", a répondu au contraire son confrère Domenico Quirico. "Il faut écrire sur la Syrie, et pour cela y être. Sinon sur quoi écrire ?" D’autres journalistes soulignaient que les journaux achètent moins d’articles sur ce conflit qui s’éternise.

L’enseignant belge Pierre Piccinin, détenu 5 mois, a raconté comment il a été battu puis torturé après une tentative d’évasion. "Ils nous ont entaillé le bout de la langue avec des ciseaux" a-t-il raconté dans un message vidéo. 27 journalistes morts en Syrie

Depuis mars 2011, au moins 27 journalistes et 94 citoyens-journalistes ont perdu la vie en Syrie, selon RSF, et une trentaine d’autres sont retenus en otages.

Le père de Nicolas, Pierre-Yves Hénin, a expliqué avoir rompu le silence sur l’enlèvement de son fils après plusieurs mois, "car il nous est apparu qu’il fallait rappeler son statut de journaliste et éviter que le silence soit l’aveu d’un autre statut".

Evoquant sans le citer ISIS, Pierre-Yves Hénin y a vu une preuve d’espoir. "Nous pensons que ce groupe est plus organisé que d’autres, sans doute très dur dans ses convictions mais n’a pas de raison de pratiquer des violences gratuites".

Florence Aubenas s’est aussi interrogée sur le fait que 3 des 4 journalistes français otages sont des pigistes, comme si les rédactions n’osaient plus envoyer leurs propre staff mais acceptent que des free-lance prennent les risques de se rendre sur place.

Journalistes otages en Syrie : "On leur souhaite de tenir"

Les parents de Didier François, otage depuis 7 mois, gardent espoir alors qu’une soirée de soutien aux journalistes retenus en Syrie est organisée ce lundi. A VOIR VIDEO.

Soirée du 6 janvier 2014 (19h-21h) en soutien aux journalistes otages en Syrie

Titre : Retours de Syrie.

Lieu : Studio 105 « Charles Trenet » de la Maison de Radio France En public. Accès par la porte B de la maison de la Radio dans la limite des places disponibles. Réservation obligatoire. Toutes les personnes souhaitant assister doivent s’inscrire sur l’adresse mail aveclesotagesensyrie@gmail.com.

Coordination du débat : Florence Aubenas & Jean-Marc Four

Supervision technique Radio France : Alain Faucher, Raja Boudni et David Sadoun

Réalisation audio de la soirée : Jacques Sigal Assistante : Nathalie Lopes

Principe : réunir le maximum de témoignages de personnes qui sont revenues de Syrie et racontent la guerre en Syrie, journalistes, mais pas seulement.

Invités en studio sur plateau :

- Domenico Quirico, ex otage en Syrie, grand reporter à La Stampa.
- Hala Kodmani, journaliste collabore notamment pour Libération et L’Express.
- Garance Le Caisne, journaliste collabore notamment au JDD.
- Laurent Van der Stockt, photoreporter, agira aussi en porte-parole des familles des journalistes espagnols détenus en Syrie, Javier Espinosa et Ricardo Garcia Vilanova.
- Thierry Mauricet, ONG Première urgence.

Autres interventions ponctuelles dans la salle :

- Mot d’accueil Jean-Luc Hees PDG de Radio France.
- Alain Legouguec, président de RSF.
- Pierre Yves Hénin, père de Nicolas Hénin.
- « Refugees of Rap », Musique rappeurs syriens Yaser.
- Lecture de textes en direct : Edouard Baer.

Documents vidéo et photo à diffuser

- Jonathan Alpeyrie, ex otage franco-américain.
- Pierre Piccinin, ex otage belge.
- Peter Bouckaert, Human Rights Watch.
- Diaporama de photos de E.Elias et P.Torres.
- Photos de fond d’écran des 4 otages français, pour début de soirée.
- Fond d’écran texte « Retours de Syrie / En soutien aux journalistes otages en Syrie » et slides noms des intervenants.

Documents audio à diffuser :

- Marcin Suder, ex otage polonais.
- Jonathan Alpeyrie en doc audio si pas doc vidéo.
- 4 portraits audio par 4 étudiants de l’IPJ des 4 otages français en Syrie.

portrait de Nicolas Hénin par Fanny Cheyroux et Pierre Mousset. portrait d’Edouard Elias par Sarah-Lou Lepers et Mathilde Bouquerel. portrait de Pierre Torres, par Florence Wilbois et Mathias Raynal. portrait de Didier François par Constance Bernard et Sarah Bakaloglou.

- Sous réserve, témoignage sur Paollo dall’Oglio.

Duplex extérieurs par téléphone :

- Valérie Crova, Radio France à Beyrouth.

- Patrick Baz, AFP à Nicosie.

Live tweet assuré par Abdelhak el Idrissi et Ludovic Piedtenu (France Culture).

Appel de médias internationaux aux rebelles syriens

Treize organisations de presse, dont l’AFP, ont appelé les chefs de la rébellion en Syrie à laisser travailler les journalistes librement dans les zones tenues par les insurgés sans crainte d’être enlevés.

La lettre a été signée par l’AFP, AP, Atlantic Media, BBC News, The Economist, Getty Images, The Guardian, The Los Angeles Times, The New York Times, Reuters, The Telegraph, The Wall Street Journal et The Washington Post.

"Nous pensons qu’il est impératif pour les chefs de l’opposition armée de s’engager à assurer que les journalistes puissent travailler en Syrie, sans courir le risque d’enlèvement", indiquent ces organisations dans une lettre principalement adressée au commandement de l’Armée syrienne libre (ASL), ainsi qu’au Front islamique, créé le 22 novembre par la fusion de sept groupes islamistes.

Nous leur demandons notamment "d’aider à identifier les groupes détenant actuellement des journalistes et prendre les mesures nécessaires pour obtenir leur libération", poursuivent-elles.

Les groupes de défense des journalistes décrivent la Syrie comme le pays le plus dangereux au monde à couvrir pour les journalistes.

Depuis le début du conflit en mars 2011, 27 journalistes et 91 citoyens-journalistes ont perdu la vie, selon Reporters sans Frontières (RSF). Les signataires de la lettre estiment qu’une trentaine d’autres journalistes sont détenus, portés disparus ou retenus en otages, dont les Américains Austin Tice et James Foley, qui a collaboré avec l’AFP, et les Français Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès.

Mardi, les proches des deux journalistes espagnols capturés en septembre par l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe affilié à Al-Qaïda, ont lancé un appel à leur libération.

Javier Espinosa, correspondant d’El Mundo au Moyen-Orient, et le photographe indépendant Ricardo Garcia Vilanova qui a collaboré avec l’AFP lors de précédents séjours en Syrie, ont été enlevés le 16 septembre par l’EIIL, alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le pays après un reportage dans la région de Deir Ezzor (est).

L’EIIL, qui ne fait pas partie du Front islamique, détiendrait plusieurs autres journalistes, ainsi que de nombreux militants syriens.

"Nous comprenons que, comme dans toute guerre, les journalistes sont confrontés à d’importants risques d’être blessés ou tués et nous acceptons ces risques, mais le risque d’être kidnappé est inacceptable, et les chefs (de l’opposition armée) sont en position de réduire et éliminer ce risque", indique le communiqué.

De très nombreux journalistes ont traversé illégalement les frontières pour se rendre dans les zones tenues par les rebelles depuis le début du conflit.

Mais l’augmentation des enlèvements, la plupart du temps par des jihadistes, a contraint les organisations de presse à réduire leur couverture des zones rebelles.

"Les organisations de presse internationales signataires de cette lettre sont engagées à assurer une couverture équitable et en profondeur de la guerre, des activités des forces rebelles et la souffrance des civils en Syrie", dit la lettre.

Cette couverture ne peut toutefois être assurée "que si les journalistes peuvent voyager en Syrie sans crainte d’être victimes d’enlèvement par des groupes criminels ou des groupes associés aux rebelles".

L’ONU se penche sur la protection des journalistes

NEW YORK, 13 déc 2013 (AFP) - La France et le Guatemala vont dresser une liste de propositions concrètes susceptibles de renforcer la protection des journalistes, en particulier dans les zones de conflit, a indiqué vendredi l’ambassadeur français à l’ONU Gérard Araud après une réunion sur ce sujet à l’ONU.

Ce document rassemblera diverses idées évoquées par les participants à cette réunion, dont la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda, la directrice de l’Unesco Irina Bokova et le directeur général de Reporters sans frontières Christophe Deloire. La réunion était co-présidée par la France et le Guatemala et y assistaient plusieurs ambassadeurs membres du Conseil de sécurité.

"Nous verrons ce qui est possible, efficace et acceptable" dans ces propositions, a précisé M. Araud, qui préside le Conseil de sécurité en décembre. Il a rappelé que 76 journalistes avaient été tués dans l’exercice de leur métier depuis le début de l’année — notamment au Mali, en Syrie, en Somalie ou au Pakistan — et de nombreux autres enlevés, "avec un taux d’impunité exceptionnel de 90%".

Christophe Deloire a notamment proposé la création d’un groupe d’experts indépendants chargés de contrôler le respect par les Etats membres de l’ONU de leurs obligations vis-à-vis de la presse. Il suggère aussi de préciser dans les statuts de la CPI que prendre pour cible un journaliste est un crime de guerre.

La protection des journalistes contre toute violence est inscrite en principe dans plusieurs textes internationaux comme les Conventions de Genève sur le traitement des civils dans les conflits ou des résolutions de l’ONU mais pas de manière assez spécifique, ont expliqué plusieurs des intervenants.

"Le meurtre de journalistes est la forme le plus extrême de censure", a souligné l’ambassadeur britannique Mark Lyall Grant. "L’ONU doit s’impliquer, nous devons trouver des moyens de mieux faire appliquer les textes internationaux existants", a-t-il plaidé.

L’Assemblée générale de l’ONU a décrété le 2 novembre "journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes". Cette date coïncide avec l’assassinat le 2 novembre dernier au Mali de deux journalistes français de Radio France Internationale (RFI), Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Présente à l’ONU, la directrice du bureau de RFI à Washington Anne-Marie Capomaccio a dénoncé "la banalisation des pressions et des menaces" contre les reporters, en particulier en Afrique. Dans certains pays, a-t-elle rappelé, un journaliste qui suit sur le terrain un groupe rebelle "est assimilé à un rebelle" par le pouvoir en place et il peut être harcelé uniquement parce qu’il a donné la parole à l’opposition légale.

Mobilisation de soutien aux otages en Syrie

(+ VIDEO )

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Par dessus la cathédrale de Bordeaux, l’hôtel de Ville de Strasbourg, la Tour Eiffel ou la Grand’Place de Lille, partout en France, des ballons ont été lâchés le 6 décembre 2013, signes d’espoir et de liberté pour les 4 journalistes français otages en Syrie depuis 6 mois.

Quinze villes ont participé à cette opération nationale, une mobilisation sans précédent, de Rennes à la Seyne-sur-Mer, de Montpellier à Dijon. Comme à Bordeaux, avec Alain Juppé, le maire (UMP), un engagement très fort des élus locaux a marqué les initiatives, au-delà des clivages politiques.

Le rassemblement a été particulièrement symbolique à Nantes, où la banderole pour les 4 captifs du Mali -libérés depuis- a été décrochée dans la Cour d’honneur de l’Hôtel de Ville pour être remplacée par un hommage aux 4 reporters toujours retenus au nord d’Alep. Se tenaient donc côte à côte, des familles soulagées et des familles meurtries, l’association Otages du Monde et le Conseil Municipal au complet.

A Nice, le mot « liberté » sur le fronton du Palais de Justice a servi d’ancrage aux discours aussi bien de Christian Estrosi, maire de la ville (UMP) que de Thierry Vernet, étudiant et camarade du plus jeune des otages, Edouard Elias, photographe, 22 ans. Cent quatre-vingt ballons blancs, correspondants aux jours de captivité des journalistes, se sont envolés dans un ciel clair. Au lycée Charles Gide à Uzes, où Elias a fait ses études, les élèves se sont rassemblés pour soutenir celui qui compte à peine quelques années de plus qu’eux. Elias travaille aujourd’hui pour l’agence Haytham.

A Lyon, place de la Comédie et sous la pluie, Yves-Michel Dumond, ex-otage pendant la guerre du Vietnam, a rappelé la difficulté du reportage de terrain, à l’invitation du Club de la presse locale, très présent ici comme partout. La rédaction d’Europe 1 avait décentralisé une partie de ses émissions dans la ville, en soutien à Didier François, grand-reporter de la station, chevronné et reconnu pour avoir couvert plus d’une quinzaine de conflits. Il a été enlevé le 6 juin 2013 en Syrie. La mort de Nelson Mandela, le même jour, a particulièrement touché ses proches : c’est comme correspondant dans l’Afrique du sud de l’Apartheid que Didier François a fait ses débuts au quotidien « Libération », dans les années 80.

La famille de Pierre Torres a fait le voyage jusqu’à Paris, sur l’esplanade des Droits de l’Homme, où des centaines de ballons de toutes les couleurs ont été lâché en présence du comité de soutien aux otages en Syrie, de l’association Reporters sans Frontières et de Harlem Désir, Premier secrétaire du PS. Pendant l’été 2012, Pierre Torres avait été un des premiers et seuls journalistes dans a vile d’Alep, lors de l’entrée des forces rebelles. Immergé auprès de la population, il a publié des photos et des textes, notamment à l’Agence France Presse.

C’est au rassemblement de Strasbourg que Pierre-Yves Hénin, le père de Nicolas, quatrième otage français en Syrie, a pris la parole. Nicolas, 37 ans, a le visage de la presse d’aujourd’hui, capable de manier avec autant de talent une caméra, un stylo ou un micro. Pour la chaine de télé Arte ou l’hebdomadaire Le Point, Hénin a surtout couvert l’Afrique et le Moyen-Orient.

Pour la première fois aussi, une ville européenne s’est associée à l’évènement, Londres, où par vent favorable 200 ballons sont partis vers le Sud-Est c’est-à-dire la Syrie. « Pourvu que l’un d’eux leur arrive », ont lancé Bernard Emié, l’ambassadeur de France et Catherine Jentile, correspondante de TF1. Cette manifestation sur le territoire britannique témoigne d’un engagement nouveau de pays qui, jusque-là, cultivaient la discrétion en matière de prise d’otage. Avec 19 journalistes de 7 pays différents aujourd’hui retenus en Syrie, la situation a pris une ampleur jamais atteinte. Comme le rappelait Reporters sans Frontière, un statut des journalistes dans les zones de conflit est actuellement en débat devant les Nations-Unies.

Samedi 7 décembre, un rassemblement est également prévu à 15h, Place de la République à Paris.

Des photos et des précisions sur chaque rassemblement du 6 décembre sont disponibles sur le site et la page FaceBook du comité de soutiens aux otages en Syrie : http://otagesensyrie.org/

VOIR LE REPORTAGE EN VIDEO DE LA MANIFESTATION A LONDRES

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RASSEMBLEMENT DU 6 DECEMBRE

En ce mois de décembre 2013, cela va faire 6 mois que 4 journalistes français sont retenus en otage dans le nord de la Syrie. Leurs ravisseurs sont en contact avec les autorités françaises, mais c’est à peu près toutes les informations que nous possédons. Le vendredi 6 décembre à 12h30 précises, un événement est organisé à travers toute la France :

Edouard Elias, Didier Francois, Nicolas Hénin, Pierre Torres, vos noms écrits sur des ballons, s’envoleront de partout à la même heure, en signe de liberté. 15 villes françaises participent à cette opération : Montpellier, Uzes, La Seyne-sur-Mer, Marseille, Strasbourg, Dijon, Chamonix, Lille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes, Nîmes, Nice, Paris.

De nombreuses personnalités, des familles des journalistes retenus, des anciens otages ont souhaité témoigner et seront présents, notamment Alain Juppé à Bordeaux, Martine Aubry à Lille, Stéphane Taponier et Guillaume Mollaret à Uzès, Hervé Ghesquière et Pierre-Yves Hénin à Strasbourg... Londres est la première ville européenne à s’associer à cette initiative : des ballons vont également y être lâchés. Plus généralement, 19 reporters occidentaux venus de 6 pays sont en effet otages en Syrie, où a lieu aujourd’hui une véritable chasse aux journalistes.

Cette situation tout à fait exceptionnelle fait naitre aujourd’hui à travers la France, et aussi à travers le monde, une solidarité neuve, un besoin de rompre le silence, y compris dans des pays jusque-là réticents à aborder publiquement la question des otages. Ces initiatives de soutien se poursuivront le lendemain, samedi 7 décembre sous la forme d’un rassemblement public, place de la République à 15h Les informations précises pour chaque ville sont disponibles sur le site du

Comité de Soutien des otages en Syrie  : http://otagesensyrie.org/

https://www.facebook.com/pages/Otages-en-Syrie/334876286644316 ?fref=ts

Didier François, Grand Prix de la Presse Internationale 2013 !

Rassemblement pour la libération des otages

Un rassemblement public pour les otages en Syrie est organisé samedi 7 DÉCEMBRE et tous les 1er samedi du mois à 15h place de la République à Paris par le comité de soutien. Nous y serons nombreux et espérons votre soutien. 14 novembre Les Français otages en Syrie toujours en vie (amiral Guillaud)

Le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Edouard Guillaud, a déclaré que "selon les informations" qui lui reviennent, les journalistes français otages en Syrie étaient "toujours en vie" "Je n’ai pas de nouvelles directement" car "c’est la Direction générale de la sécurité extérieure qui est en charge", a dit l’amiral. "Mais les informations qui me remontent sont qu’ils sont toujours en vie".

"Et bien sûr, nous faisons tout - comme pour tous les autres otages d’ailleurs - pour les sortir et si nécessaire, l’armée française fournira les moyens", a ajouté le chef d’état-major.

Sont-ils aux mains d’Al-Qaïda ? "Je ne suis pas capable de répondre directement à cette question. Il y a entre 1.200 et 2.000 groupes dans l’opposition" syrienne "dont l’allégeance peut varier".

Le 7 novembre, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avait indiqué que la France avait des preuves de vie "assez récentes" des quatre journalistes.

Didier François, 53 ans, grand reporter à Europe 1, et Édouard Élias, 22 ans, photographe indépendant missionné par la radio, ont été enlevés le 6 juin 2013 à un barrage routier alors qu’ils faisaient route vers Alep.

Nicolas Hénin, reporter de 37 ans, et Pierre Torrès , photographe de 29 ans, ont été enlevés le 22 juin à Raqqa (nord).

A LIRE Otages : l’industrie du kidnapping.

ALLER SUR LE SITE DU COMITÉ DE SOUTIEN

19 avril 2014

Par Jean-Paul Mari

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