Un appel de l’Association Albert Londres.

Otages : non au silence !

365 jours pour Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, nos deux confrères de France 3 et leurs trois accompagnateurs en Afghanistan, plus de 100 jours déjà pour cinq autres français au Niger, un an et demi pour un autre encore en Somalie…

Si le maître mot de l’Etat français est « discrétion » pour évoquer les négociations, ce ne peut en aucun cas être celui de tous ceux qui pensent aux otages. Aucun n’a envie de se résigner au silence synonyme de l’oubli.

Les journalistes du Prix Albert Londres joignent donc leur voix émue à celles nombreuses de tous ceux qui veulent marquer leur inquiétude et leur solidarité avec TOUS les otages dans le monde.

357 jours de captivité : une nouvelle vidéo a été envoyée

Dans cette nouvelle preuve de vie, probablement réalisée à la mi-novembre, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière s’adressent notamment à leurs familles. Ils sont détenus depuis le 29 décembre 2009.

Une nouvelle vidéo d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, dans laquelle les deux journalistes retenus en otages en Afghanistan depuis près d’un an s’adressent à leurs familles, "aurait été envoyée aux autorités françaises", a annoncé lundi soir le JT de France 3. L’information a été confirmée auprès du ministère des Affaires étrangères. "Je vous confirme que nous avons reçu" cet enregistrement et "que nous l’avons authentifié", a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay Bernard Valero. Il a été réalisé "probablement vers la mi-novembre".

"Notre mobilisation est totale pour obtenir la libération de nos deux compatriotes journalistes", a ajouté le porte-parole en reprenant les propos de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie qui avait déclaré la veille que les deux journalistes étaient "vivants et en bonne santé".

Un message pour les familles

France 3 et France 2 ont fait état de cette nouvelle preuve de vie dans leurs journaux du soir : les deux journalistes "s’adressent à leurs familles" et "à leurs compagnes" dans cette vidéo avec des "messages assez personnels".

Les deux journalistes de l’émission "Pièces à conviction" de France-3 ont été enlevés avec leurs accompagnateurs afghans le 29 décembre 2009 en Afghanistan.

Les familles des deux otages ont été reçues le 22 novembre dernier par Nicolas Sarkozy à l’Elysée en présence du ministre de la Défense Alain Juppé et de Michèle Alliot-Marie.

Le chef de l’Etat s’est montré "plutôt confiant" quant au sort des deux journalistes, selon Thierry Taponier, frère de l’un des deux otages

Bientôt un an

A l’occasion de l’année de captivité des cinq hommes, le Comité de soutien, Reporters sans frontières (RSF) et la Mairie de Paris appellent à un rassemblement le 29 décembre (11h00) place de l’Hôtel de Ville de Paris.

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Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier otages depuis 311 jours

CHRONOLOGIE

Voici un rappel des principaux événements concernant les deux journalistes de France 3, Herve Ghesquiere et

2009

- 30 décembre : deux journalistes de France 3 travaillant pour le magazine "Pièces à conviction", Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, et leurs trois accompagnateurs afghans sont enlevés par des talibans présumés à 60km de Kaboul, dans la province montagneuse de Kapisa, réputée à risques.

2010

- 3 janvier : les talibans nient toute implication dans l’enlèvement.

- 4 janvier : la France a "bon espoir" que les deux journalistes "soient vivants", déclare le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

- 17 janvier : les journalistes enlevés "sont en vie", mais aucune négociation n’a été entreprise avec leurs ravisseurs, déclare le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant. Selon lui, le président Sarkozy a regretté l’"imprudence vraiment coupable" des deux journalistes. Ces propos sont vivement dénoncés par RSF (Reporters sans Frontières) et les syndicats de journalistes.

- 18 janvier : une soixantaine de journalistes, dont Florence Aubenas, signent un texte de soutien refusant que la réputation de leurs deux confrères soit "salie".

- 1er février : la Société des journalistes (SDJ) de France 3 dénonce le "silence" de France Télévisions sur leurs confrères.

- 11 février : le sort des deux journalistes est une "préoccupation de chaque instant" pour Paris, assure à Kaboul le Premier ministre François Fillon.

- 11 avril : une vidéo diffusée sur internet montre les deux otages, filmés par leurs ravisseurs, amaigris, lisant un texte dans lequel ils demandent au président Sarkozy de satisfaire les exigences des talibans.

- 12 avril : France Télévisions décide de dévoiler l’identité des journalistes, jusqu’alors tenue secrète.

- 22 juin : le ministre de la Défense Hervé Morin et le patron de France Télévisions Patrick de Carolis vont en Afghanistan. Carolis déclare que les "échanges" avec les ravisseurs "s’intensifient".

- 7 juillet : France Télévisions met en place un décompte quotidien des journées de détention des journalistes. Nicolas Sarkozy assure que le gouvernement fait "tout ce qu’il faut" pour les libérer.

- 27 juillet : François Fillon indique que la France a "une discussion quasiment continue" avec les ravisseurs et a reçu "des informations très précises" sur leur vie.

- 23 août : Rémy Pflimlin, nouveau PDG de France Télévisions, se déclare "raisonnablement optimiste".

- 5 septembre : Guéant assure que les otages sont "en bonne santé".

- 24 septembre : Il y a "un espoir raisonnable" qu’ils soient libérés avant Noël, déclare le chef d’état-major des armées Edouard Guillaud. Recevant le comité de soutien, Nicolas Sarkozy se refuse à envisager une échéance : "je ne m’engagerai pas à donner des données de temps formelles".

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Trois cents jours après l’enlèvement en Afghanistan de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, on est sans nouvelles récentes des deux journalistes de France 3, selon leur comité de soutien qui organise lundi 25 octobre avec France Télévisions un concert gratuit au Zénith de Paris.Leur comité de soutien organise un concert au Zénith.

Concert de soutien au Zénith

"Malheureusement, nous n’avons pas de nouvelles. On nous dit que les négociations se poursuivent, mais ça fait six mois qu’on nous dit la même chose", a déclaré une des porte-parole du comité de soutien. "C’est un concert que nous espérions pour leur libération, en fait. Grâce à ce concert nous espérons faire accélérer leur retour par une médiatisation encore plus importante".

Participation de nombreux artistes

De nombreux artistes ont annoncé leur participation dont Alain Souchon, Véronique Sanson, Chimène Badi, Raphaël, Amel Bent, BB Brunes, Ben l’Oncle Soul, Patrick Bruel, Calogero, Camelia Jordana, Alain Chamfort, Michel Delpech, Grand Corps Malade, Grégoire, Bernard Lavilliers, Renan Luce, Christophe Mae.Une émission spéciale sur france3.fr commencera à 18h animée par Laurent Bignolas, Nathalie Amar (RFI) et Farid Fatemi (journaliste à la rédaction de RFI en persan). L’émission sera traduite en persan et retransmise par RFI en FM à Kaboul, ainsi que sur le site liberezles.net et rfi.fr.

Il y a un mois, l’Armée française avait donné des signes timides d’espoir d’une libération avant Noël. Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, enlevés fin décembre 2009 avec leurs trois accompagnateurs afghans, ont "bon" moral et il y a "un espoir raisonnable" qu’ils soient libérés avant Noël, avait déclaré le chef d’état-major des armées Edouard Guillaud.

Un reportage pour "Pièces à conviction"

Mais quelques heures plus tard, le président Nicolas Sarkozy s’était refusé à envisager une échéance pour leur libération, selon un des porte-parole du comité de soutien. "Je ne m’engagerai pas à donner des données de temps formelles, la France continue à travailler là-bas à la libération de vos deux confrères", avait déclaré le chef de l’Etat, se disant "toujours inquiet" de la situation. C’était la première fois que Nicolas Sarkozy recevait le comité de soutien depuis l’enlèvement. Depuis, le silence est retombé et aucune information n’a filtrée.

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"Les médias ont mis la pression sur le gouvernement"

Le frère de Stéphane Taponier, journaliste-otage en Afghanistan depuis plus de sept mois aux côtés d’Hervé Ghesquière, explique à Nouvelobs.com le travail du comité de soutien, les relations avec le gouvernement, l’absence de nouvelles...

Votre frère et Hervé Ghesquière sont retenus en otages depuis plus de sept mois. Avant tout, comment vous sentez-vous ?

- Nous sommes très fatigués physiquement et nerveusement. On ne désespère pas néanmoins d’un dénouement proche même si, il faut l’admettre, plus le temps passe, plus le doute grandit. Et cela malgré l’espoir que tente d’entretenir le ministre de la Défense Hervé Morin. Il nous a récemment assuré que les négociations avançaient. Cela dit, Il n’a pas caché qu’elles demeuraient lentes et difficiles. Il est donc très difficile de se faire une idée précise sur l’avancée des négociations.

En ce qui concerne mes parents, c’est plus pénible encore. Ils attendent des nouvelles toute la journée, scotchés au téléphone. Une attente interminable. Ils sont passés par des moments de dépression. Heureusement, ils sont soutenus. Ma fille est avec eux en ce moment même. Mais quoi qu’on fasse, l’angoisse reste permanente. Pour y faire face, il y a bien une aide psychologique mais ni mes parents ni moi n’en voulons. Seul le retour de Stéphane nous rendra le moral.

Vous avez décidé de passer outre les consignes du gouvernement qui avait demandé de garder le silence. Pourquoi ?

- J’ai pris la parole pour la première fois au début du mois avril, au moment ou a été diffusée la deuxième cassette vidéo de Stéphane et d’Hervé. Dès lors, il était inutile de cacher leurs visages comme c’était le cas jusqu’alors. Et pour nous de garder l’anonymat. Il était temps de parler.

Après 100 jours de captivité, ca commençait à suffire. Il fallait faire quelque chose. Avec le comité de soutien - Libérez-les -, nous avons décidé d’en parler ou de faire parler d’eux le plus possible. Le décompte quotidien diffusé par tous les médias est la preuve du bien fondé de notre décision. Dorénavant, il n’y a pas un événement sportif ou culturel qui ne témoigne de son soutien aux otages. Aujourd’hui, les pouvoirs publics suivent le pas. Une centaine de mairies et la majorité des conseils territoriaux arborent la bannière du comité de soutien "Libérez-les". C’est le résultat d’un gros travail car il faut dire que cela n’a pas été facile. Mais plus le temps passe, plus l’opinion prend la mesure du calvaire qu’ils vivent. Il est de mon devoir de tout faire pour qu’on ne les oublie pas.

Le 3 août dernier, le ministre de la Défense Hervé Morin a parlé de "discussions longues" avec les ravisseurs, observant qu’il y avait "beaucoup plus d’espoir que nous pouvions en avoir avec Michel Germaneau où aucune discussion n’était possible". Partagez-vous cet optimisme ?

Qu’il existe des négociations est déjà un bon signe. Mais le décès de Michel Germaneau nous a brutalement rappelé que Stéphane et Hervé demeurent des otages. Toutes les informations qui nous parviennent sur leur état de santé et le traitement dont ils font l’objet sont à relativiser avec cet état de fait. Des otages restent des individus privés de leur liberté dont la vie dépend de leurs ravisseurs. Même si c’est difficile à intégrer, Il faut toujours avoir à l’esprit que chaque jour, leur vie est en danger.

Ainsi, l’existence de négociations est encourageante mais il faudrait qu’elles aboutissent rapidement. C’est la seule manière de nous rassurer et de nous rendre notre optimisme.

Etes-vous dans la confidence des négociations ?

- Nous n’avons aucune confidence de la part du gouvernement. On n’en sait pas plus que ce qu’on peut entendre, voir ou lire dans les journaux. Le gouvernement fait bonne figure en mettant à notre disposition une ligne directe mais concrètement on n’apprend rien de plus. On nous répond toujours que les négociations se poursuivent sans plus de détails.

Je ne peux donc rien vous dire de plus. A mon avis, le seul renseignement que nous aurons en "exclusivité" sera l’annonce de leur libération.

Vous avez la possibilité d’envoyer des messages à votre frère via RFI. Y a-t-il des contraintes ? Avez-vous eu des retours ?

- C’est très simple. Chaque semaine environ RFI me téléphone pour me proposer d’envoyer un message à mon frère. Il y a évidemment des principes à respecter. Le contenu du message ne doit pas être trop larmoyant. Il doit être sobre et le plus neutre possible. Cela est justifié par le fait que l’on ignore leur état psychologique. C’est donc un "exercice" très délicat.

Nous n’avons absolument aucun retour mais là n’est pas le plus important. Comme le rappelle fréquemment Florence Aubenas, qui est la marraine du comité de soutien, le simple fait qu’on pense à eux doit les aider à tenir le coup. Cela dit, ils sont détenus depuis plus longtemps que Florence Aubenas, Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Quoi qu’il en soit, ces messages n’ont d’autres ambitions que de leur assurer que tout est fait pour les libérer. Comment avez-vous accueilli les déclarations de Nicolas Sarkozy et du secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant mettant en cause les risques pris par votre frère et son confrère ?

- Je ne cherche pas à polémiquer. Cela n’aurait aucun sens. Cela dit, je tiens tout de même à rappeler que Stéphane et Hervé exerçaient leur métier en Afghanistan. Pour clore définitivement ce chapitre regrettable, le directeur des magazines d’information de France Télévisions Paul Nahon a dernièrement expliqué, de façon très explicite, qu’ils étaient missionnés par France 3 pour aller prendre l’avis de la population afghane. Et qui plus est sur une route sécurisée par l’armée. Pour être clair, Stéphane et Hervé ne sont pas allés de leur propre chef faire ce reportage.

Ont-ils renouvelé leurs propos face à vous ?

- Je n’ai personnellement jamais rencontré de membres du gouvernement. Comme Nicolas Sarkozy d’ailleurs. Mes parents, ont, en revanche, eu l’occasion de s’entretenir à deux reprises avec le président de la République. La première fois, il les a quasiment grondés. Selon lui, Stéphane avait fait le mur. Ils s’étaient mis dans la "merde" et il

revenait à son gouvernement et à ses services de les libérer.

La seconde fois, Nicolas Sarkozy était beaucoup plus mesuré. J’attribue ce changement à la médiatisation de l’affaire, qui entre les deux rendez-vous, a considérablement augmenté. En parlant de Stéphane et d’Hervé, les médias ont mis la pression sur le gouvernement.

Les actions de soutien menées ces derniers mois vous aident-elles à supporter l’attente de la libération ?

- Lorsque Gérard Holtz a consacré son émission sur le Tour de France à Stéphane et Hervé, mes parents étaient devant la télévision. Ils ont été très émus de cette initiative. De même, la banderole déployée sur le Mont-Blanc les a touchés. Globalement, voir que tout le monde se préoccupe du cas de Stéphane et d’Hervé est réconfortant. Je tiens d’ailleurs à remercier toutes les personnes à l’origine de ces actions.

Vous attendez-vous à un dénouement proche ?

- Je l’espère de tout mon cœur.""

(Interview de Thierry Taponier par Benjamin Harroch, le mardi 10 août 2010) (Nouvelobs.com)

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