"Khadafi n’est pas à Syrte. Seul, son fils Muatassem dirige les combats" affirme cet officier supérieur rebelle. Sans attendre la dernière bataille, voilà longtemps que le raïs a pris la route du grand sud. Selon le CNT, il serait à Ghadamès près de la frontière. Notre homme n’y croit pas.

Il pointe un autre point qu’il connaît bien sur la carte de Libye : "Il est ici, à l’extrême sud-ouest du pays, dans la région de Ghat, à 1.340 kilomètres de Tripoli, hors de portée des raids de l’Otan, à trente kilomètres de la frontière algérienne et tout proche du Niger et du Tchad. "C’est par là que sa famille s’est enfuie en Algérie. De l’autre côté, il y a l’oasis de Djanet où Aïcha, la fille de Kadhafi est née, prénommée aussi "Espoir de Djanet". A Ghat, le gouverneur s’appelle Hussein Kuni, dit "Hussein le touareg", est un fidèle de toujours du raïs. Ils ont été ensemble à l’école et Kadhafi l’a nommé ambassadeur au Niger.

"Ca vous étonne ?" "Kadhafi a toujours aidé les Touaregs et obtenu leur soutien. Pour refuge, le dictateur déchu peut compter sur des milliers de kilomètres carrés de désert et des frontières à portée de main." Voilà longtemps qu’il a mis une fortune à l’abri au Niger et enterré de l’or et des dollars dans des caches au creux des dunes. Il a une petite armée là-bas, des fidèles qui ont fui les rebelles et des populations touarègues prêtes à l’accueillir. Il est en sécurité. " Et à quoi peut rêver un Kadhafi perdu dans les sables ? "Selon mes informations, il veut fédérer la partie désertique du Sud de la Libye et de l’Algérie, l’extrême nord du Mali, du Niger et de la Mauritanie, créer un gouvernement avec drapeau et armée. Bref, fonder un Touareg-land. Ca vous étonne ? Vous savez, Mouammar Kadhafi ne changera jamais !"