Ma nuit des attentats

Album de 34 photos.

Photos Stephane Remael

Le directeur du service photo de Libé m’appelle vers 22h : « Des tirs ont été entendus près du Bataclan ». Je n’ai pas d’autre information quand j’arrive sur place à moto.

La situation est très confuse. Je croise d’abord une voiture garée dont le conducteur est touché par balle à la jambe. La police, nerveuse, évacue tout le monde. Je contourne deux barrages pour atteindre l’angle de la rue du Bataclan, l’enfer. Les forces de l’ordre sont débordées et j’en profite pour m’approcher et faire les premières photos. Je distingue des corps à terre. D’où viennent les tirs ?

La tension est extrême. Les équipes du Raid et de la BRI se déploient avec un véhicule blindé. L’assaut est donné. J’entends de fortes détonations, des cris de femmes. Ils évacuent les civils du Bataclan mains en l’air, mais le bus des Eagles of Death Metal me cache la vue. Une patrouille de police me force à quitter la zone, je rejoins les cordons de sécurité.

Je croise des rescapés hagards, tachés de sang, marchant pieds nus. Ceux qui le peuvent montent dans des bus en direction des hôpitaux. Tout est bouclé, prière de circuler. Mais où aller, est-on encore à Paris ?