FRANCE , TUNISIE

Prix Albert Londres 2011

Nos reporters ont du talent !

Parmi les lauréats du Prix Albert Londres 2011, qui vient d’être décerné ce samedi à Tunis, deux reporters présent sur le site "grands-reporters.com" se sont distinguéS :
- Emmanuel Duparcq, responsable de l’AFP à Islamabad, a recu le prix Albert Londres pour l’écrit.
- Cécile Allegra, documentariste, est arrivée en deuxième position pour le prix de l’audiovisuel.

Jean-Paul Mari, grand reporter au Nouvel Observateur, membre du jury Albert Londres est à Tunis où se déroule la remise du Prix Albert Londres 2011.

Lettre de Tunis

Voilà, c’est fini ! Une longue après-midi de délibération. Pour l’audiovisuel, 35 films à départager. Et 50 candidatures pour l’écrit. Deux prix donc à décerner pour le plus prestigieux des prix français de grand reportage. Cette année, les 23 membres du jury se sont déplacés jusqu’à Tunis, en hommage à la ville, point de départ du « Printemps arabe » qui a occupé les reporters de Tunis, au Caire, en Libye, au Yémen, en Syrie…

Le prix audiovisuel a été attribué David André, réalisateur indépendant, pour son très beau film de 80 minutes diffusé sur France 2 intitulé "Une peine infinie, histoire d’un condamné à mort". Il est revenu, en 2009, dans l’Oklahoma, dix ans après l’exécution dans cet État du sud des États-Unis de Sean Sellers, condamné à mort à seize ans pour un triple meurtre. Le prix a été attribué au 4ème tour de scrutin après une longue bataille avec « Haïti, la blessure de l’âme », un film très émouvant de Cécile Allegra, (photo)52 minutes, sur le traumatisme psychique qui a frappé la population de Port-au Prince, Haïti, après le séisme de janvier 2010.

Pour l’écrit, Le prix a été attribué dès le troisième tour de scrutin à Emmanuel Duparcq, (photo) basé pour l’AFP à Islamabad, pour une série reportages au Pakistan et en Afghanistan. Sa série de reportages, bourrés de talent, parvient à donner chair et corps à des dépêches d’agence. Il décrit de l’intérieur le système de soutien et les réseaux des talibans qui, moribonds en 2005, ont aujourd’hui infiltré les deux-tiers de l’Afghanistan et des régions entières du Pakistan. Le lauréat a dédié son prix à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, les deux journalistes sont retenus en otage en Afghanistan depuis 501 jours. En deuxième position, on trouve Arthur Frayer avec son livre « Dans la peau d’un maton », récit d’une immersion dans le monde carcéral.

Vingt trois membres du jury ont fait le voyage. Nous avons trouvé une ville encore sous le choc des derniers évènements avec un couvre-feu qui commence dès 21 heures. Une ville un peu vide, un peu triste, sans l’ombre d’un touriste en ville, ni à la Medina, ni à Sidi Bousaïd, désert, malgré un temps splendide. Hier, un débat organisé avec les journalistes de presse tunisienne a duré près de …trois heures !! Le temps de nous raconter la vie d’un journaliste sous Ben Ali, les affres d’une révolution et les menaces qui pèsent encore sur la liberté d’une presse toute fraîche.

Ce matin, visite au nouveau président Président par intérim dans son palais. Un certain désarroi face à la tension de la rue et à l’urgence des problèmes à régler. Cap sur les élections prévues le 24 juillet prochain. Un délai très, trop court. Mais le pouvoir veut y croire. En signe de bonne volonté, le président a promis de réduire le couvre-feu. Et dans l’après-midi, on apprenait que l’heure du couvre-feu était repoussée à minuit. Cette nuit, à Tunis, les lauréats vont pouvoir faire la fête.

Par Jean-Paul Mari

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