Phares d’Algérie

Album de 9 photos.

Photos Zinedine Zebar

Le littoral algérien, de la frontière marocaine à la frontière tunisienne, jalonné de phares, par endroits encore vierge, reste peu connu. Il se distingue par des falaises taillées à pic, des pentes raides, des roches escarpées, des calanques et des refuges naturels. Le relief accidenté qui y prédomine pouvait provoquer des naufrages fatidiques et c’est la raison pour laquelle depuis l’empire almohade, au XIe siècle, jusqu’au début de la colonisation française, le souci premier était la sécurisation de la côte.

Les phares importants été implantés à l’ouest, puis au centre, et plus tard, au début du XXe siècle, à l’est du pays. Ils ont été inspirés par l’architecture des phares de France, influencés en premier lieu dès 1822 par le style anglais : une tour en granit avec un tronc en forme de chêne destinée à amortir le choc des vagues. Il s’agit de phares d’atterrissages, d’entrées de ports, et de phares de jalonnement pour signaler les dangers de la côte et pour préciser le tracé d’une route très fréquentée.

Au début du vingtième siècle, la côte algérienne était éclairée « par quatorze phares principaux avec leur puissance lumineuse en becs Carcel ». Vingt-cinq phares ont été construits de 1861 à 1954, selon des normes adaptées à leur époque. La plupart ont une architecture et une maçonnerie qui ne sont pas similaires ; leur tour peut être de conception carrée, octogonale ou cylindrique. Ils sont parfois implantés sur des sites préhistoriques ou à proximité de vestiges archéologiques ; ils peuvent être des sentinelles avancées, sur des îles et îlots, ce qui leur confère un statut particulier.

Ces vigies sont des monuments historiques, dont certains sont classés. Ils sont les témoins irremplaçables d’époques différentes, comme les tours de guet signalées par Ibn Marzuk El Tilimsani, le phare de Lol (Cherchell), ou le fanal qui éclairait le port d’Alger.