L’Homme qui répare les femmes le film de Thierry Michel, Colette Braeckman et Christine Pireaux est un film qui dérange. Il dérange d’abord ceux qui le voient ; un spectateur normalement constitué est évidemment abasourdi, consterné, écœuré devant tant d’ignominie et de barbarie comme il est ému aux larmes devant le dévouement et l’engagement du Docteur Mukwege qui consacre sa vie aux femmes violées.

Mais le film dérange aussi les autorités congolaises qui ont annoncé le 2 septembre, l’interdiction de diffusion du film en République Démocratique du Congo car le film témoigne d’une « volonté manifeste de nuire » à l’armée et de « salir » son image.

Le gouvernement congolais se décrédibilise sur la scène internationale et devant son peuple.

Le viol comme arme de guerre doit être dénoncé sans relâche, c’est l’honneur de ce film. Nier ce drame est une nouvelle offense faîte aux femmes violées. Nier un film n’efface en rien le drame ; il n’y a que la vérité qui fâche dit le proverbe.

Le Prix Albert Londres salue donc la position de l’ONU qui juge « inadmissible » cette censure. Les journalistes du Prix Albert Londres dénoncent également cette censure d’un autre âge et appellent le gouvernement de RDC à lever cette interdiction.