Composition du Jury des deux Prix du meilleur livre sur le journalisme :

Présidente : Audrey PULVAR (Journaliste et présentatrice - I-Télé)

Entourée de : Bruno FRAPPAT (Editorialiste - La Croix) Edwy PLENEL (directeur de la rédaction - Mediapart) Marc MENTRE (Directeur de la formation - EMI-CFD) Jean-François JULLIARD (Secrétaire général de RSF) François CHRETIEN (Ouest France) Anne NIVAT (Grand reporter, Prix Albert Londres) Jacqueline PAPET (Rédactrice en chef - RFI) Hervé BRUSINI (Rédacteur en chef 20h - France 2) Claire Blandin (Maître de conférences - Université Paris 12) Christian DELPORTE (Professeur des universités - Université de Versailles / St-Quentin-en-Yvelines) Sandrine Lévêque (Maître de conférences - Université Paris 1) Franck Rebillard (Maître de conférences – Université Lyon 2)

Livres en compétition dans la catégorie « Enquête » :

Florence Aubenas (grand reporter) : Petite conférence sur le journalisme (Bayard Centurion, mai 2009)

Loin du spectaculaire, de quoi est fait le métier de grand reporter, aussi bien au quotidien que dans le drame et l’émotion ? La vie de Florence Aubenas se confond à ce métier et en reflète les exigences, les joies, les dangers aussi, de Bagdad à Kaboul. Dans une petite conférence au théâtre de Montreuil reprise dans ce livre, elle raconte ses débuts, son premier reportage, presque par hasard, et la passion qui tout de suite est née.

François Dufour (rédacteur en chef du Petit Quotidien) : Les journalistes français sont-ils si mauvais ? (Larousse, janvier 2009)

Chaque jour, en France, les pics d’audience dans les médias sont atteints grâce aux infos : les journaux du matin à la radio, les JT du soir, et les news sur internet. Dans le même temps, des journalistes accumulent les fautes (affaires Grégory, Baudis, d’Outreau, drame inventé du RER D, faux sms de Nicolas à Cécilia, scoop raté du décès de Pascal Sevran, etc.). Les journalistes français sont-ils donc si mauvais ? La réponse dépasse largement ces (grosses) bourdes connues du grand public…

Pierre Haski (président de Rue89) : Internet et la Chine (Seuil, mai 2008)

Le gouvernement chinois a compris très tôt qu’il lui fallait épouser Internet : la modernité économique passait par là. Mais les dirigeants communistes avaient aussi compris qu’il leur fallait surveiller étroitement ces " tuyaux" potentiellement dangereux. Internet, avec ses 200 millions d’utilisateurs et ses 50 millions de blogs, ses forums et ses chats, est en train de changer la société, la manière dont les Chinois s’informent, débattent, communiquent, dans un univers certes sous surveillance et sous contrôle - la Chine détient le record du nombre d’internautes en prison pour délit d’opinion - mais plus libre que le reste de la société.

Laurent Joffrin (directeur de Libération) : Média-paranoïa (Seuil, janvier 2009)

Il faut critiquer les médias. La mise en cause des pratiques journalistiques est utile ; la dénonciation des erreurs, des trucages, des manipulations, est précieuse, élémentaire même. Mais le réquisitoire repose bien souvent sur des idées reçues. On dit partout : les médias mentent ; ils sont sous contrôle ; ils propagent une "pensée unique". Ces clichés dessinent ce qu’on peut légitimement appeler la média- paranoïa. Non seulement ils forment le socle des croyances collectives en la matière, mais ils reçoivent le renfort d’universitaires et de politiques en mal de notoriété ou de boucs émissaires. Heureusement pour la démocratie, ces idées sont pour l’essentiel fausses ou caricaturales. Cet essai a pour but de les réfuter. Pour ouvrir la voie à une vraie critique du journalisme, il faut en finir avec la média-paranoïa.

Jean-Paul Mari (grand reporter au Nouvel Obs) : Sans blessures apparentes (Robert Laffont, octobre 2008)

Depuis trente ans, Jean-Paul Mari a couvert toutes les guerres du globe. Il a parcouru les champs de bataille, de l’Irak au Rwanda, du Moyen-Orient à la Bosnie. Les plus grandes peurs comme les courages les plus admirables ont passé sous ses yeux. Il raconte. Que peut-on faire de la douleur de la guerre ? Cette question obsédante, il l’a posée à des médecins qui tentent de rendre à la vie ceux qui ont vu la mort et s’en sont sortis « sans blessures apparentes »

Bruno Masure (journaliste) : Journalistes à la niche ? : De Pompidou à Sarkozy, chronique des liaisons dangereuses entre médias et politiques (Hugo et Compagnie, janvier 2009)

Dans cet ouvrage, Bruno Masure livre sa propre expérience de ces liaisons dangereuses à travers son vécu quotidien du choc des mondes médiatique et politique de 1973 à nos jours, de Pompidou à Sarkozy en passant par Giscard, Chirac et Mitterrand (et leurs nombreux collaborateurs). Au fil des jours et des anecdotes, ce recensement dévoile les complicités plus ou moins avouables, les secrets, les amitiés et les inimitiés, les jalousies, les méchancetés, les petites lâchetés et les grandes trahisons de ces 35 dernières années.

Philippe Merlant (journaliste à La Vie), Luc Chatel (rédacteur en chef de Témoignage chrétien) : Médias : La faillite d’un contre-pouvoir (Editions Fayard, octobre 2009)

Combien faudra-t-il encore d’affaires comme celles du "bagagiste de Roissy" ou du "RER D" pour que les journalistes s’inquiètent du foss" qui se creuse entre eux et les citoyens ? Pour tenter de comprendre les raisons de cette défiance, Philippe Merlant et Luc Chatel nous invitent à visiter l’envers du décor. Ce livre décrit de manière très concrète les conditions de formationdes journalistes et de fonctionnement des rédactions, montrant notamment les impératifs de rentabilité ont des impacts sur les différents maillons de la chaîne.

Jean Miot (ancien président de l’AFP) : La passion de la presse (Editions du Rocher, octobre 2008)

De La Gazette de Théophraste Renaudot (1631), le père fondateur, au journal en ligne, voici " les histoires " de la presse, les portraits de ces entrepreneurs et de ces journalistes qui ont fait la presse française. La crise de la presse ? La France est le premier producteur mondial de magazines, mais elle se traîne au 29e rang pour la lecture des quotidiens. C’est la presse quotidienne qui est malade. Les causes et les responsables ? Les patrons, cela va de soi ; le syndicat du Livre CGT ; tout le monde le sait ; mais il ne faudrait pas oublier les journalistes. La réponse est aussi dans l’Histoire récente : c’est " le péché originel " de la presse française, commis à la Libération, après qu’elle a été tondue et spoliée.

Bernard Poulet (rédacteur en chef de l’Expansion) : La fin des journaux et l’avenir de l’information (Gallimard, février 2009)

Montée en puissance d’Internet, migration des budgets publicitaires et des petites annonces vers les médias électroniques, désaffection du jeune public pour l’écrit, culture du tout-gratuit... Telles sont quelques-unes des tendances lourdes de la révolution en cours de la presse écrite qu’analyse le journaliste Bernard Poulet. Des États-Unis à l’Europe et à la France, il dresse le constat d’une industrie sinistrée, qui, se voyant doublement délaissée par le public et les annonceurs, ne fait plus assez de bénéfices pour rester viable et accumule les plans de rigueur et les licenciements, quand ce ne sont pas les faillites.

Daniel Schneidermann (directeur du site arretsurimages.net) : C’est vrai que la télé truque les images ? (Albin Michel, octobre 2008)

Est-on obligé de sourire quand on interviewe un président qu’on n’aime pas ? ; Pourquoi les magazines font-ils toutes leurs couvertures sur Carla Bruni et les people, même quand ils n’ont rien à dire ? ; Qui fait davantage pression sur les journalistes : les ministres ou les annonceurs ? ; Pourquoi les journaux parlent-ils surtout des livres des journalistes ? Les vraies questions sortent de la bouche des enfants. En répondant à celles de sa fille Clémentine, lycéenne de 17 ans, Daniel Schneidermann révéle les secrets de fabrication des médias.