La journaliste française Sonia Rolley, correspondante au Tchad de plusieurs médias internationaux dont l’Agence France-Presse, a dû quitter N’Djamena jeudi, après la décision du gouvernement tchadien de lui retirer son autorisation de travailler dans ce pays.
Agée de 27 ans, Sonia Rolley travaillait au Tchad depuis le 23 octobre 2006. Auparavant, elle couvrait, également pour l’AFP et RFI, le Rwanda et l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Son accréditation lui est "définitivement" retirée, a indiqué le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, sans fournir davantage d’explications.
Le mois dernier, Sonia Rolley, également correspondante de Radio France Internationale, avait vu son accréditation suspendue par les autorités tchadiennes, qui avaient alors invoqué les dispositions de l’état d’urgence instauré dans le pays après une attaque rebelle contre N’Djamena, le 2 février.
L’état d’urgence, qui autorisait notamment "le contrôle de la presse publique et privée", a été levé comme prévu dimanche dernier, le 15 mars, mais Sonia Rolley n’en a pas pour autant retrouvé le droit de travailler.
La direction de l’information de l’AFP avait déjà protesté en février contre le retrait de l’accréditation de la journaliste, elle a adressé jeudi une nouvelle lettre de protestation :
"Nous avons pris connaissance avec consternation de votre décision de retirer définitivement son accréditation de journaliste à notre pigiste", mesure que l’AFP estime "injustifiable à l’encontre d’une journaliste qui (...) a exercé son métier avec professionnalisme, rigueur et objectivité".
De son côté, la présidence de RFI a "déploré" la décision du Tchad et tenu "à souligner que sa correspondante a toujours assuré la couverture de l’actualité tchadienne avec rigueur et professionnalisme, parfois dans des conditions très difficiles", et "notamment, lors des récents événements survenus dans ce pays".
Lors de sa brève visite à N’Djamena le 27 février, le président français Nicolas Sarkozy avait affirmé à la presse avoir évoqué le cas de Sonia Rolley avec les autorités tchadiennes.
"J’ai très clairement fait savoir aux autorités tchadiennes que ce serait un signal extrêmement désastreux, l’expulsion d’un journaliste (...) Donc, j’ai demandé que ce ne soit pas le cas", avait-il assuré.
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Tchad, La correspondante de l’AFP et de RFI contrainte de quitter le pays
samedi 22 mars 2008 :: REPORTERS EN DANGER ::#593 ::rss
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