Commentaire d’une internaute après son exécution aux USA

"Une fois passée la gueule de bois de ce matin après m’être faite confirmer l’assassinat de M. Davis à Jackson, je me suis assise et j’ai réfléchie. Depuis le14/05/2011, nous français, n’entendons parler que d’une seule chose : L’affaire de la suite du Sofitel et de ces fameuses 6 minutes qui ont fait basculer une Histoire que nous ne connaitront jamais et qui n’aurait peut être jamais pris forme dans les urnes, mais sur laquelle il est bon de fantasmer. Puis coup de théâtre mi-aout : le Doute s’installe. Le Doute s’installe quant aux déclarations de Mme Diallo. Le Doute est tellement fort qu’il permet à l’homme blanc de rentrer chez lui, pas innocenté mais blanchi, il lui permet même de parler à 13 millions de personnes sur le ton d’une contrition forcée pendant que de l’autre côté de l’Atlantique une potentielle victime est broyée à tout jamais. A cause du Doute …..

Hier soir, le Doute à encore frappé chez l’Oncle Sam. On commence à comprendre l’ampleur du phénomène de ce nouveau virus,d’une violence incomparable, tuant tout hommes et femmes noir(e)s se trouvant sur son chemin. Il est opportuniste, vicieux et retourne sa veste en fonction des situations, l’essentiel étant de faire pencher la balance de la justice du côté blanc. Hier il a encore tué. En contractant les muscles respiratoires d’un homme noir, allongé sur une table, sanglé, et criant son innocence, il a accompli son triste dessein. Les juges de M. Davis ont toujours rencontré le Doute sur leur route : des témoins revenant sur leurs déclarations au médecin légiste dont le témoignage s’est avéré faux. Il semble que la justice américaine s’accommode du Doute comme cela l’arrange : • Le Doute jette son ombre sur les déclarations de Mme Diallo …abandon des procédures, l’Homme blanc est sauf. • Le Doute plane au dessus de la culpabilité de M. Davis …. Certes mais il ne suffit pas à l’innocenter ni même à reporter l’acte ultime. L’homme blanc est vengé. L’acte eu été tout de même terrible sans ça, mais avec l’intrusion du Doute dans la partie il n’en est que plus insoutenable.

Hier le Doute a encore fait montre de sa perfidie et de son pouvoir sans fin pour anéantir celui ou celle qui aurait le tort de mettre en exergue la toute puissance de l’Homme blanc. Il nous a ramené à un état d’animal voyeur et impuissant, nous poussant tous à se jeter sur nos Smartphone dés 06h ce matin pour voir s’il avait encore frappé. Il nous a fait un clin d’œil comme pour nous dire qu’il était bien là et que le sale boulot avait été fait. Il a même eu l’indécence de nous laisser entendre qu’il a failli faire basculer les choses mais qu’Il a préféré se ranger du côté des puissants, poussant le vice jusqu’à faire en sorte que le plus haut représentant de pays n’agisse pas … Lui, le seul qui aurait pu changer l’Histoire et faire de ce combat celui de l’Abolition. Victime lui aussi du Doute. Doute sur l’impact qu’aurait pu avoir son intrusion dans cette affaire, sur son électorat à un an des élections, sur sa côte de popularité en berne….Doute sur ce qui aurait pu se dire si lui l’Homme noir s’était mis en tête de sauver son frère. Les conclusions d’une telle prise de propositions étaient cousues de fil… blanc.

En bref, le Doute n’a eu ni l’envie ni le courage de se faire plus présent que ça afin de pouvoir changer les décisions des juges et le cours d’une Histoire qui cette fois-ci est réelle. La mort de M. Davis ne relève pas de la légende ni du fantasme, Troy Davis est mort et ça à pris un peu plus que 6 minutes. On a tué un homme en ayant un Doute…en étant pas certain de sa culpabilité au moment ou le cocktail médicamenteux pénétrait ses veines pour arrêter son cœur !

Aujourd’hui je formule un vœu : l’arrivée d’un Badinter assez puissant pour faire en sorte que jamais le Doute ne puisse plus tuer, au propre comme au figuré au pays de la statue de la Liberté. Et je prierai également pour que le premier des puissants, dans sa maison si Blanche, prenne le temps de (re)lire Victor Hugo et s’approprie cette citation de Michel de Montaigne disant qu’il n’y pas une idée qui vaille qu’on tue un Homme.

Mes vœux seront t’ils exaucés ? J’ai comme un Doute."