VANUATU 2006

Pacifique sud

Vanuatu, l’archipel de l’éphémère

A la saison la plus chaude, les cyclones et les tsunamis peuvent avaler les cocotiers, rogner les côtes, arracher à la mer les cargos...ici, rien ne dure mais personne ne s’en soucie.

Dans cet archipel du Pacifique sud, les lendemains ne sont pas sûrs. Certaines îles restent constamment sous la menace d’un cyclone, d’un tremblement de terre ou d’une éruption volcanique. Les habitants ont érigé en art de vivre cette idée que tout peut disparaître.

En lisière de la capitale Port-Vila, un peu avant l’aube, deux hommes attendent. Dans cette région du Pacifique, l’hiver austral n’est jamais virulent mais les gens des îles frissonnent à la moindre fraîcheur. L’un a des chaussettes de laine qui montent aux genoux et l’autre, un bonnet qui descend aux sourcils.

- « T’as vu le journal ? »
- « ... »
- « Le journal d’hier...La première page. Ils ont fait une enquête. Le Vanuatu arrive en tête... »
- « En tête de quoi ? »
- « De la planète... Ils ont dit que le Vanuatu est le pays le plus heureux de la terre.... »

Celui qui porte les chaussettes de laine tend la main vers les ombres qui s’accrochent encore à l’horizon. Il assure qu’au Vanuatu, on peut marcher dans la nuit sans que rien de mauvais n’arrive, que les fruits sont sucrés et les poissons faciles à attraper.

« La nature de ce pays est si généreuse... » avait dit Rufino Pineda. Géologue installé à Santo, au nord de l’archipel, il préparait depuis des mois cette expédition scientifique qui, jusqu’au mois de décembre, fouille les moindres recoins de l’île pour dresser l’inventaire de la faune et de la flore, sur terre, en mer et au ciel, du creux des grottes à la cime des arbres, des montagnes aux rivières, de l’infiniment discret au plus extravagant. Comme les 83 îles du Vanuatu qui s’égrènent sur une trajectoire de 1 200 km tendue vers l’équateur, Santon possède un sol si riche que le moindre bâton oublié au sol se met à bourgeonner. Et si les arbres souvent, le long des chemins, semblent avoir été plantés trop serrés, c’est qu’ils sont les poteaux des barrières qui ont pris racines...

Une poussière brune que pousse le vent nourrit le Vanuatu. Arrachées aux volcans, les cendres chargées d’oligo-éléments s’infiltrent partout et engraissent la terre. Il pleut sans compter et le soleil n’est pas avare. Tout prolifère, de l’espèce ancrée au sol depuis des générations à la graine jetée par des hommes de passage. Lors de la guerre du Pacifique, Santo devient une base militaire. Pour dissimuler leurs installations, les Américains importent une liane du Mississipi. La plante a pour habitude de pousser sans traîner et de s’attacher à la moindre branche pour tisser un camouflage naturel. A Santo, elle s’envole et dépose sur la jungle un suaire végétal qui, 6o ans plus tard, a recouvert les 3 677 km2 l’île...

Sans les voitures qui cassent son élan, il suffirait sans doute de quelques jours pour qu’elle traverse cette route qui monte tout droit de Luganville à Champagne Bay. Sur les bas-côtés, pour quelques centaines de vatus que l’on glisse dans une boite posée sur un étal que personne ne surveille, on peut acheter de petites bananes à la chair de vanille et des pyramides de mandarines. Ou se baigner dans des gouffres d’eau claire qui transpercent l’île comme des échardes de cristal. La côte Est a été largement dépouillée de sa jungle pour faire place aux cocoteraies et aux pâturages mais l’île possède encore assez de mystères pour satisfaire l’armada qui, en ce moment, l’explore. Santo est la plus grande terre du Vanuatu avec la gueule ouverte sur une baie immense, un creuset tapissé d’eaux vertes et de galets où Pedro Fernandez de Quiros jeta l’ancre. En mai 1606, ce Portugais au service de l’Espagne pense avoir trouvé le continent mythique dont rêve l’Europe et qu’il baptise Terra Austrialis del Espiritu Santo. Une terre bénie.

Et ce n’est pas Mike qui contredirait Quiros. La casquette de travers, il bégaye d’émotion en enlaçant ce poisson encore luisant de la vague à laquelle il vient d’être arraché pour se retrouver sur le pont du bateau. Le marlin bleu est aussi long que Mike est grand, assez lourd pour le faire tituber quand il sourit à l’appareil photo. L’Australien, qui n’est venu à Santo que pour la pêche, assure qu’il n’a jamais, au grand jamais, vu une telle bestiole. Le Vanuatu est d’un naturel exubérant. Il a des arbres taillés comme des cathédrales, des fougères aussi vastes que des parasols et des crabes aux pinces de forgeron. Accroché à la ceinture de feu du Pacifique, l’archipel est un chapelet de volcans éteints, de monstres assoupis, de caldeiras rugissantes. Terres brûlées par de vieilles explosions ou encore fumantes d’une dernière éruption. Neuf volcans, dont deux sous-marins, tremblent et grondent régulièrement. Vomissent des fumées épaisses, des rivières de lave, des pluies acides. Forcent les populations loin de leurs villages et attirent les visiteurs qui peuvent facilement atteindre des cratères toujours spectaculaires. Sidérés, ils se penchent sur ces gouffres qui respirent d’un souffle de baleine et crachent au ciel les humeurs d’un autre monde. Tout l’archipel craque comme une gangue trop étroite. Chaque année, il s’élève en douce de quelques millimètres. Mais parfois, en quelques heures, d’une seule secousse, des tremblements de terre font grandir une île et s’en effondrer une autre. En 1913, une terrible explosion balaya l’île d’Ambrym qui s’embrasa comme une torche et fit des dizaines de victimes. Et comme si le feu ne suffisait pas à chambouler les repères de l’archipel, l’eau et le vent souvent s’en mêlent. A la saison la plus chaude, les cyclones et les tsunamis peuvent avaler les cocotiers, rogner les côtes, arracher à la mer les cargos qui transportent le coprah pour les enfoncer à l’intérieur des terres. Au Vanuatu, rien ne dure mais personne ne s’en soucie.

« Ici, le temps n’a aucune valeur. On ne se projette pas dans le futur, on y construit rien. Après tout il n’y a pas d’hiver à préparer. L’été n’en finit pas... .. » explique Rufino Pineda qui s’est parfois inquiété pour l’organisation du séjour des 160 scientifiques sur Santo. Les gens recrutés sur l’île, afin d’assurer l’intendance de l’expédition, seraient-ils au rendez-vous ? « Au Vanuatu, les gens vivent dans le présent, dans l’instant... »

Un instant suspendu comme cette infime seconde où les hommes de Pentecôte, après avoir escaladé le ciel, se décident à plonger vers la terre. Sur cette île effilée comme une sagaie, à l’est de Santo, la tradition veut que, chaque année, l’on célèbre l’igname nouvelle en se jetant dans le vide avec des lianes aux chevilles pour amortir le choc. Il faut des semaines pour construire un édifice qui peut s’élever à 30 mètres. Ouvrir la forêt, si dense qu’un étranger peut s’y perdre à moins de cent mètres du village, choisir un arbre solide, le dépouiller de ses branches et l’habiller de passerelles, de plongeoirs et de ponts suspendus. Autour de lui, abattre les arbres qui gênent. A ses pieds, labourer le sol pour l’assouplir. Et la dernière nuit, avant la cérémonie du saut du gol, veiller sur la tour pour que nul sorcier ne vienne près d’elle enfouir des objets maléfiques...

Le lendemain, la terre vibre, martelée par les danseurs qui vont d’un mouvement de balancier, accompagné de ce chant lancinant mille fois répété. Tout le village jacasse. Les femmes se disent des histoires qui les font rire, les enfants croquent des tranches de pamplemousse rose et courent aussi vite que les poules affolées par le tintamarre. Tout semble chaotique, rien n’est laissé au hasard. L’un après l’autre, du plus jeune au plus vieux, les hommes vont se glisser dans cet enchevêtrement de bois et de lianes, et monter vers son sommet pour enfin s’envoler. Le premier est un enfant. Nu, si ce n’est la ceinture d’écorce qui retient son sexe emprisonné dans un étui. Les chants et les cris d’encouragement l’escortent dans son ascension. Frêle silhouette aux chevilles entravées, il s’avance à l’extrémité de la planche qui vibre, les bras tendus vers l’horizon dont le bleu se disloque dans la chaleur de la mi-journée. Les bras se replient, les mains se joignent sur ses yeux. Le temps d’un battement d’aile, l’enfant n’appartient plus à la tour et pas encore au vide. Il bascule. Il vole. Dans son sillage, les lianes attachées à ses chevilles se tordent comme deux serpents fous à la suite de ce corps qui se précipite dans le vide. Les lianes se tendent, le plongeoir se brise et le demi-dieu, le museau au ras de la terre fraîche, se retrouve pendu par les pieds à gigoter telle la volaille au marché, aussitôt libéré par le coutelas du chef qui tranche les lianes. Très vite, dans les jours qui suivent, la tour est abattue, le bois brûlé sous les marmites, les cendres dispersées... Le saut du gol ne se pratique que sur Pentecôte et seuls les hommes ont le droit d’y participer mais, sur l’île de Gaua, ce sont les femmes qui mènent la danse. Cette prochaine escale est seulement à quelques 150km plus au Nord si ce n’est qu’au Vanuatu rien ne va en ligne droite. Pas même les avions. Sous la pluie, les deux passagers attendent. Après avoir survolé Gaua sans s’arrêter car personne n’était prévu à l’embarquement, le pilote les a déposés là, dans l’herbe mouillée de cette île dont ils ne savent rien. Par dessus son épaule et sans couper les moteurs, il a crié qu’il les reprendrait sur le chemin du retour....Deux heures plus tard, l’avion est revenu.

Du ciel, Gaua pourrait être l’île au trésor. Ronde comme un louis d’or, couverte d’une jungle aussi épaisse que la toison d’un animal mythique, coiffée d’un volcan dont le panache se reflète dans les eaux d’un lac endormi. Et puis cette cascade, mât de cocagne bleu et blanc, planté dans son coeur... En 1606, Le capitaine Quiros, qui entame son périple dans l’archipel, baptise les lieux Santa Maria, avant de s’enfuir devant la colère des indigènes. En 1789, le capitaine William Bligh, donne son nom à ce groupe d’îles auxquelles appartient Gaua. Les Banks, en souvenir du naturaliste anglais Joseph Banks qui a accompagné James Cook en Australie. Comme toujours Bligh a un regard d’épervier, il relève parfaitement leur position, en dépit de circonstances pour le moins difficiles. Il vient d’être jeté dans un canot, en pleine mer, par l’équipage de la Bounty qui s’est mutiné... 217 ans plus tard, sur la piste de Gaua, attend Marie-Louise. Marie-Louise et sa tondeuse à gazon.

« Pourquoi veux-tu qu’on pense au volcan ? On sait qu’il est là, mais on ne le voit pas et on ne l’entend pas ! » Que le volcan du Mont Garet, en bordure du lac Letas, soit considéré comme le plus dangereux de l’archipel avec seulement une fine couche de roche posée sur le magma, importe peu à Marie-Louise. Elle se fiche également des vulcanologues qui assurent que la rencontre de l’eau et du feu provoquerait une terrible explosion. Elle préférerait que l’herbe de la piste d’atterrissage pousse moins vite. Il lui faut deux jours entiers, accrochée à sa machine, pour en venir à bout. Un travail à vous briser les reins, aussi éreintant que de frapper la mer, comme le font les femmes de Gaua, si ce n’est depuis toujours, au moins aussi loin que peut remonter leur mémoire.

Dans le village d’Aver, non de loin de la piste de l’aérodrome qu’entretient Marie-Louise, une lumière bleutée rase la mer. La nuit approche, bientôt elle tombera sur l’île. Sans douceur ni langueur. Comme une lampe de chevet que l’on éteint. Les femmes sont entrées dans l’eau, les bras serrés sur la poitrine pour éviter que le froid ne monte trop vite. A quelques mètres du rivage, elles vacillent dans la marée qui regagne le large. Sur la berge, les enfants se sont perchés tels des oiseaux sur un fil pour écouter la musique de leurs mères et de leurs soeurs. Ils piaillent tout au bonheur de cette fête improvisée car les femmes le plus souvent se passent de spectateurs. Entre deux lessives, lassées de s’interroger sur le temps, les récoltes ou les hommes, elles ont imaginé cette distraction. Y sont devenues expertes. Le corps penché, les épaules arrondies, les mains en battoir, les femmes fouettent la mer, vont chercher profond des brassées ruisselantes qu’elles jettent au ciel pour les claquer en plein vol. Gerbes qui se brisent et couvrent de dentelles ces noires sirènes. Les femmes de Gaua labourent la mer pour la faire chanter. Et elle chante une musique grave et cadencée, comme celles des tambours qui vont battant et marchant à travers la campagne, escortée par la sourde respiration d’un incessant ressac.

Dans le monde du Vanuatu où les gestes sont souvent rituels, les coutumes initiatiques et les traditions cérémonielles, cette wota music n’est qu’un plaisir. Et depuis peu, un moyen de gagner quelques billets car sur Gaua on vit essentiellement de ce que donnent la mer et la terre cultivée en petites parcelles où poussent manioc, ignames, oignons, haricots verts... L’eau, comme les noix de coco, tombe du ciel...Alors pour les touristes qui se comptent, par mois, sur les doigts d’une seule main, les femmes de Gaua enfilent des vêtements traditionnels d’écorce et de fibres, et tirent de l’océan cette étrange mélopée. Sinon, quand personne ne les regarde, elles entrent dans la mer comme elles vont aux champs. Avec leur jupes et leur corsages.

Marie-Louise a voyagé. Elle parle quatre langues dans un pays qui compte 110 dialectes pour 200 000 habitants. Elle peut avancer dans la jungle sans s’égarer, reconnaître les pistes et trouver les chemins. Celui ci mène à un banian assez large pour qu’une farandole puisse se perdre entre ses racines qui descendent vers la terre en de lourdes tresses. Car cet arbre pousse de haut en bas. Au début, il enlace un de ses congénères, se hisse vers le soleil, puis jette au sol ses racines qui deviendront des arbres, tous liés par une même origine, une même sève. Une mémoire partagée comme celle qui nourrit les dessins tracés dans le sable par les hommes de l’île de Malekula, dernière escale avant le retour sur la capitale de Port Vila.

Malekula a la silhouette d’un chien assis sur son arrière train. D’un caniche, précise le Chinois qui, dans son magasin, vend des bassines de fer blanc et des allumettes, des boites de sardines à la tomate et des claquettes en plastique. Il voudrait que les touristes, au lieu de s’arrêter à Port Vila, viennent jusqu’ici où les habitants sont capables de sculpter des masques dans le coeur des fougères arborescentes, de tailler des profils d’oiseau à leurs pirogues et de tracer ces incroyables dessins sur les plages. En 1927, Bernard Deacon, un jeune anthropologue anglais venu étudier les traditions de Malekula, est subjugué par la beauté de ces dessins qu’il recopie avec ferveur dans ses cahiers car il est persuadé que les habitants de l’île sont en train de disparaître. « Il semble qu’il n’y a rien d’autre ici que la mort....Mes notes se lisent comme des confessions de mourants...Cela n’a rien à voir avec la mort provoquée par une guerre ou un quelconque affrontement. C’est la fin absolue, la mort d’un peuple, d’une race et ils le savent encore plus clairement que nous... » Depuis un siècle, les épidémies apportées par les baleiniers, les coupeurs de santal et les missionnaires ravagent tout l’archipel. Ceux qui survivent sont emportés par les négriers pour travailler dans les plantations de canne à sucre du Queensland en Australie. Deacon, lui, ne résiste pas à la fièvre des marais.

En 2 003, l’Unesco a classé les sandroings que l’on trouve à Malekula, mais aussi dans toutes les îles de la partie nord de l’archipel, chefs-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel. Ils décrivent l’homme qui est allé chercher du feu et qui sera bientôt de retour, deux amants qui se séparent, un cyclone qui approche, une pirogue magique, une tortue, une roussette... Ils sont des messages du quotidien comme les mots que l’on griffonne ailleurs sur un papier froissé pour dire que l’on est passé, ou bien des récits initiatiques, des contes pour les enfants, des codes pour les grands, des portes pour accéder au monde invisible. Mais toujours harmonieux, parfois si longs à accomplir pourtant ils ne durent qu’un instant, s’en vont avec la vague et le vent. Moins utilisés sans doute que du temps de Deacon, ces dessins n’ont pas été oubliés. Ils vivent aussi, loin de Malekula, dans ce musée perché sur une colline de Port Vila. Le Centre Culturel du Vanuatu n’a qu’une seule salle d’exposition mais un archipel entier y vogue, avec pour équipage de jeunes hommes et femmes qui racontent aux visiteurs des histoires dont ils ne sont pas d’anonymes gardiens mais les héritiers. Chacun porte une île, un ou plusieurs langages, des traditions ancestrales, un fragment de mémoire qu’il partage.

A genoux sur le carrelage du musée, Marcellin Abong, directeur adjoint des lieux, pose le doigt sur un plateau tapissé d’une mince couche de sable. Il ferme les yeux, puis, dans un crissement de patin sur la glace, il attaque la première courbe, tire des diagonales, boucle des arabesques avec une impeccable constance. Il retrouve les gestes enseignés par son grand-père, sur les plages de Malekula quand, d’un même mouvement, l’ancêtre et l’enfant traçaient des méandres parallèles. A aucun moment, son doigt ne quitte le sable, à aucun instant, il ne repasse sur le tracé initial. Ayant achevé un dessin parfaitement symétrique, il revient à son point de départ. « Parce qu’on revient toujours à son origine, à sa naissance, au début de l’histoire, aussi lointain soit-il... » Marcellin secoue le plateau et le sable se referme. « L’objet n’a de valeur que dans l’instant où il est utilisé, quand il est lié à une histoire, à une fonction. » Quand il était étudiant à Paris, Marcellin répétait sans cesse -sur du papier- les dessins de son enfance. Pour se souvenir, pour revenir vers Malekula, où les hommes abandonnent leurs manuscrits de sable sans se retourner. Aussitôt achevée, la page est déjà tournée.

Dans un univers aux repères instables, la mémoire demeure la seule certitude. Le point d’ancrage. Si fort qu’il passe les siècles sans se rompre. Dans les années 1960, c’est en fouillant les lieux décrits dans des récits traditionnels que personne ne croyait véridiques que l’archéologue français José Garanger trouva la tombe du chef Roy Mata et de ses 46 fidèles ensevelis vivants à ces côtés en l’an 1250....

Menacé par le feu et les flots, le Vanuatu est devenu maître dans l’art de l’éphémère. Le Vanuatu, le pays le plus heureux de la terre, avait écrit le journal sur sa première page. Aussi beau que le vol des hommes oiseaux de Pentecôte et la musique des sirènes de Gaua. Un trait dans le ciel, deux ou trois notes et puis s’en vont. Mais rien n’est fait pour durer. C’est ce qu’avait dit Marcellin en effaçant son dernier dessin.

Copyright GEO 2006

2006

Par Florence Décamp

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