Benoît Heimermann

Grand reporter à "L’Equipe Magazine" depuis dix-huit ans. A participé précédemment aux aventures du "Matin" (1977-1985) et de "Sport" (1987-1988). A couvert tous les grands événements sportifs internationaux (Jeux Olympiques, Coupes du Monde de football, tournois du Grand Chelem de tennis et de golf, Coupe de l’America, Super Bowl, etc.) à de très nombreuses reprises. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages sur des thèmes variés : l’aventure ("Charcot", "Suez & Panama","Titaÿna", "Aventuriers"), l’aviation ("L’Aéropostale", "Les Routes du ciel", "Aéropostale éternelle"), la mer ("Seuls autour du monde", "Tabarly"), la montagne ("Prisonnier de l’Annapurna, "L’Everest") le sport ("Les Gladiateurs du nouveau monde", "Un siècle de sport", "La fin des Jeux olympiques") pour lesquels il a obtenu plusieurs prix (Robert de la Croix, Sportel, Georges Guynemer, Grand Prix de la littérature sportive, etc.). Est également l’auteur d’une demi-douzaine de documentaires télévisés ("Maradona, un gamin en or", "Jeux olympiques : un destin français", "Histoire du sport à la télévision", "Kasparov"). Prix de la fondation Mumm 1998 pour une série de reportages consacrés à Muhammad Ali.

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Livres

"Les peuples de l’Omo"

Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.

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