BRUCE FRANKEL est né en 1951 à Philadelphie aux Etats-Unis. Il s’est toujours intéressé aux images aussi bien comme photographe que cameraman. Dès 1973, fasciné par le monde de l’art du "Downtown de New York City", il devient un professionnel de l’image (photos, film16mm, super 8mm). En 1981, Bruce Frankel, cameraman et "producer" pour TF1, couvre pendant plusieurs années l’actualité au Moyen-orient et en Asie à partir des bureaux de Hong-Kong, Jérusalem et Washington. En marge de sa vie professionnelle, il poursuit un travail personnel, - " Ma vocation, mon métier, ma passion... tout coïncidait. Quelle chance !" Il a écrit un manuscrit "The Edge of seeing" et réalisé un documentaire "CBI Sound-OFF" sur l’histoire de la génération de la deuxième guerre mondiale, ces vétérans qui ont servi en Chine, en Birmanie et en Inde. La " Trace Humaine", sa collection de photos en ligne sur notre site, est un voyage à travers les cinq continents sur ce qu’il appelle "les moments simples mais universels de la vie".
Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.
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