Christophe Calais

Né en 1969, Christophe Calais débute au quotidien France-Soir en 1990. En 1991, il effectue son service militaire comme reporter-photographe au SIRPA. En 1992, il entre au staff du magazine VSD où il couvre pendant six ans l’actualité internationale avec un interêt particulier pour le Rwanda où Christophe Calais continue à travailler aujourd’hui. Son travail sur le Rwanda a déjà fait l’objet d’un livre, Le cri des morts, le silence des vivants, d’une exposition au festival du photojournalisme Visa pour l’image de Perpignan en 1998 et de projections dans ce même festival en 2002 et en 2004. En 2006, il publie Rwanda, le pays hanté, aux éditions du Chêne et participe à l’exposition collective "Pour une photographie engagée" à la Bibliothèque Nationale de France.

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Livres

"Les peuples de l’Omo"

Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.

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