Daniel Grandclément Chaffy , auteur réalisateur, écrivain Né le 24 octobre 1946 à Paris. Etudes au Lycée Janson de Sailly puis à Franconville la Garenne dans le Val d’Oise quand ses parents, ruinés, doivent aller vivre en banlieue. Il se présente au bac à 15 ans, le manque et ne le repassera plus. Il obtient un C.A.P. d’aide comptable, son seul véritable diplôme. A dix neuf ans, il travaille en famille dans une petite affaire de bijouterie. En 1968, bien qu’extérieur au monde étudiant, il subit l’influence des évènements de Mai, quitte l’entreprise familiale pour vendre des bijoux sur les marchés de Provence, gagne sa vie en dessinant des accessoires de mode et arrête tout en 1972 pour essayer de faire du journalisme, le métier dont il a toujours rêvé. Marié et père de famille, il est trop tard pour reprendre ses études. Par chance, il peut rentrer au “desk” de la première chaîne de télévision. Six mois plus tard, il présente le journal de 23 heures. Première carrière brillante et courte : reporter, puis chroniqueur politique sur TF1, France Inter, R.T.L, avant de revenir à la T.V. Sur Antenne 2, il anime une interview quotidienne, pendant trois ans : le « crible ». A TF1, il est rédacteur en chef du journal de 20 heures, puis directeur adjoint de l’information. Il quite la télévision en 1983 où il reviendra, par épisodes, (directeur des magazines de FR3 dans les années 86-87, présentateur du 19-20 de FR 3 toujours, en 90). Mais son objectif essentiel reste le « grand » reportage, ce qu’il continue à faire aujourd’hui ( Thalassa, Faut Pas Rêver, Reportage sur TF1,Grands Reportages sur Arte ). Daniel grandclément a écrit trois livres, « La vie d’Henry de Monfreid » chez Grasset », celle de Bao Dai (Editions Lattés) et, enfin, « L’énigme Grandclément » (Editions Lucien Souny). Il est marié, père de cinq enfants. C’est un grand-reporter rigoureux et intègre, dont le travail, au plus près du réel, est empreint d’humanité.
Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.
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