Elsie Herberstein

Née en 1963, de parents autrichiens, père baroudeur, mère dessinatrice, elle commence dès l’enfance à dessiner des carnets. Après des études à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, elle publie des carnets de voyage sur l’Afrique du sud, les exilés tibétains, Zanzibar et le Cambodge. Bénévole dans un lieu d’accueil pour les sans-abri, elle réalise "Viens chez moi, j’habite dehors", Jalan Publications. Dessinatrice de terrain, Elsie part à Alger avec son amie éditrice Zahia Hafs et publie en 2005 « Alger, simples confidences », qui raconte l’Algérie d’aujourd’hui à travers les Algérois. Elle réalise avec Damien Chavanat une série de croquis et photos sur 20 villes portuaires du littoral français-« Sète »,2005 et « Ports de France »,2007- et collabore pour Arte à deux documentaires, sur la Namibie et le Guatemala. Elle a participé à un documentaire (Planète) sur l’histoire d’un recueil de recettes écrit en camp de concentration par une vieille dame juive Tchèque. Elsie enseigne le dessin à Strate College, école supérieure de design à Issy les Moulineaux.

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Livres

SANS BLESSURES APPARENTES

"" Je suis grand-reporter. Trente ans que je couvre les guerres du monde. Au début, je ne savais pas ce qui m’attendait. Massacres, charniers, tortures et viols, j’ai plongé dans la nuit. Très vite, j’ai remarqué ces hommes que la guerre a rendus fous, héros terrorisé par ses cauchemars, ancien commando soudain muet ou vétéran qui se tire une balle dans la bouche. Ce mal, étrange, est aussi répandu que tabou. Rwanda, Bosnie, Irak, Algérie, Vietnam, Liban... partout, des hommes reviennent brisés. Depuis ce jour où ils ont rencontré leur mort, dans la bouche d’un fusil, le regard d’un ennemi ou les yeux d’un ami. « Pas plus que le soleil, la mort ne peut se regarder en face » disaient les Anciens. À Bagdad, mon hôtel a reçu un obus. J’ai vu un confrère couché sur la moquette. À la place du ventre, il y avait une tache blanche et nacrée. Ce jour-là, j’ai commencé mon enquête. Elle m’a mené dans plusieurs pays. J’ai interrogé les combattants et les psychiatres, fouillé les livres, la peinture et les films, l’ethnologie et la mythologie. Une chose est sûre : si on n’affronte pas la douleur de la guerre, elle nous tue. Il faut fouiller en nous-mêmes et se reconstruire pour trouver la guérison. Oui, on peut mourir, survivre et revivre. Et ce mal ne nous parle que de vie et d’humanité. Ceci est ma plus grande enquête. ""

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