Eric Michel

Ancien prof de français, Éric Michel a quitté l’Éducation nationale pour la littérature et le cinéma. Il écrit, réalise et produit en 2006 avec Mathieu Tuffreau un premier long métrage de fiction, L’Étoffe des songes, un huis clos où un metteur en scène de théâtre entraîne ses anciens comédiens dans une sombre machination, montée de toutes pièces.

La même année, il publie aux Presses de la renaissance Disparus, avec Gilberte Crovisier, un polar documentaire sans concession sur l’état de la justice en France, à partir de l’affaire Boulai qui, en 95, avait fait couler beaucoup d’encre.

En octobre 2007, toujours aux Presses, il publie Algérie ! Algérie !, un roman historique au souffle épique qui retrace l’ensemble de la guerre d’Algérie et emporte le lecteur au cœur d’une France déchirée, des villages de Kabylie aux faubourgs de Paris, jusqu’aux massacres du 17 octobre 61. Salué entre autres par le mensuel Lire, le roman a reçu un accueil très chaleureux de la presse lors du Salon International du Livre d’Alger.

Éric Michel travaille en ce moment à une série de polars noirs et satiriques sur le monde la rue, Rififi sur le RMI, librement inspirés de la vie de Jacques Deroo (Salauds de pauvres, une histoire d’amour). Il prépare également une trilogie romanesque et une série de scénarios, avec le réalisateur de cinéma Thierry Guérinel (Contredanse), sur un personnage « qui a su créer sa propre légende ». Une histoire d’ascension sociale par le vol…

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Livres

"Les peuples de l’Omo"

Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.

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