Marcelino Truong

Illustrateur et peintre, né d’un père vietnamien et d’une mère française, Marcelino Truong porte le nom d’une rue de Manille, la calle " San Marcelino", où il est né en 1957. Son enfance voyageuse le conduit des Philippines aux Etats-Unis, puis de Saigon à Londres. Un parcours atypique le conduit des bancs de Sciences po à la bande dessinée. Il signe, en 1991, un album " Le Dragon de bambou", mettant en scène André et Clara Malraux dans l’Indochine des années vingt (Albin Michel BD, épuisé). C’est dans les rayons de littérature pour la jeunesse que l’on remarque le plus souvent ses illustrations chaudes et lumineuses. En 1995, il obtient le Prix du Salon International du Livre de Jeunesse de Bologne pour “ Enfants prostitués en Asie” (collection “J’accuse !..”, Editions Syros, 1994).La fiction cohabite avec les pages documentaires dans un album très recherché par les collectionneurs : “Une Journée à Hanoi”(collection Demi-page, Hachette Jeunesse, 1997, épuisé). En 2002, il signe " Fleur d’eau", aux Editions Gautier-Languereau, bientôt suivi de trois autres albums dans la même série. Ces histoires se déroulent au Vietnam, vers le milieu du XIXe siècle, à Hôi An, port ancien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. "La Voyante du temple", 4éme album de la série paraît en octobre 2005. « Le Samouraï errant » nous conduit au Japon des escrimeurs et des courtisanes.En 2003, ses illustrations pour l’album de Lisa Bresner « Mélilotus et le mystère de Goutte-Sèche », aux Editions Actes-Sud Junior, sont très remarquées. Livre à succès bientôt suivi en 2005 d’un deuxième opus intitulé « Mélilotus et le cavalier sans visage ». Fort du succès de son premier film d’animation, « Petit Wang » (26 minutes, réalisateur Henri Heidsieck, prix du Festival d’Annecy 2006, il signe la conception d’un long métrage d’animation « Mélilotus » en cours de fabrication. Toujours se retrouve chez lui la fascination pour l’Asie. Ses tableaux fixent le quotidien des rues, l’intimité des intérieurs et le charme des gens simples.

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Livres

"Les peuples de l’Omo"

Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.

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