Marie Dorigny

Après une première carrière de rédactrice, Marie Dorigny, 46 ans, a rejoint le monde de la photographie en décembre 1989, à l’occasion de la révolution roumaine. Ses reportages sur le travail des enfants, les filières de l’immigration clandestine, les formes contemporaines de l’esclavage ou la vie des femmes de banlieue ont été publiés dans la plupart des journaux et magazines français ou étrangers. Elle a publié en 1993, aux Editions Marval et pour le compte du BIT, « Enfants de l’Ombre », avec des textes de Sorj Chalandon. Entre janvier 2002 et décembre 2003, elle effectue plusieurs séjours au Cachemire et publie : « Cachemire, le paradis oublié ». Depuis 2002, elle a rejoint l’agence Editing.

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Vidéo : “Nous sommes l’Humanité” Avec les Jarawas !

L’un des derniers peuples afro-asiatiques refuse l’assimilation forcée.

Alors que New Delhi leur dénie le droit à l’autodétermination, des journalistes ont réussi à rencontrer les Jarawas pour leur donner la parole.

Les Jarawas sont des chasseurs-cueilleurs. Ils vivent depuis des dizaines de milliers d’années sur les îles Andamans en Inde. D’après des études récentes, ils auraient fait partie des premières migrations humaines depuis l’Afrique vers le reste du monde, il y a environ 70,000 ans. Mais cela fait une dizaine d’années seulement qu’ils sont entrés en contact avec les Indiens. Depuis leur situation s’est considérablement dégradée. Des femmes ont été enlevées et violées par des Indiens. Les Jarawas sont allés se plaindre à plusieurs reprises auprès des autorités des Andamans, en vain.

Les Jarawas sont également victimes de safaris humains, organisés par les agences de voyage locales. Ils se déroulent le long de l’Andaman Truck Road, une route construite illégalement et qui traverse leur territoire. Des dizaines de véhicules, escortées par l’armée indienne l’empruntent quotidiennement pour prendre des Jarawas en photos.

Pourtant, il est interdit de pénétrer sur leur territoire sous peine de prison. La réserve est sous le contrôle conjoint de l’armée, de la police locale et des gardes forestiers de l’AAJVS, un organisme d’état dépendant du ministère des affaires tribales indien. Une mesure censée protéger ce peuple fragile. Les Jarawas ne sont plus que 420.

Alexandre Dereims et Claire Beilvert, un journaliste et une photographe de presse français, sont parvenus à les rencontrer pour leur poser la question. Ils ont outrepassé l’interdiction de pénétrer dans la réserve. Ils ont pris toutes les précautions nécessaires afin de ne pas leur transmettre de maladies. Les Jarawas les ont autorisés à rester quelques jours avec eux afin de réaliser des interviews. C’est la première fois que des membres de ce peuple en danger parlent au monde extérieur.

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