Marie Dorigny

Après une première carrière de rédactrice, Marie Dorigny, 46 ans, a rejoint le monde de la photographie en décembre 1989, à l’occasion de la révolution roumaine. Ses reportages sur le travail des enfants, les filières de l’immigration clandestine, les formes contemporaines de l’esclavage ou la vie des femmes de banlieue ont été publiés dans la plupart des journaux et magazines français ou étrangers : Libération, Le Monde, L’Express, Le Nouvel Observateur, Elle, Géo, La Vie tout comme Life Magazine, Time, The Independent ou Der Spiegel…

Elle a publié en 1993, aux Editions Marval et pour le compte du BIT, « Enfants de l’Ombre », avec des textes du grand reporter de Libération, Sorj Chalandon. Elle travaille également en parallèle sur des projets plus personnels, comme celui du Cachemire, région où elle s’est rendue pour la première fois en 1991. Entre janvier 2002 et décembre 2003, elle y a effectué plusieurs séjours en vue de la publication de l’ouvrage : « Cachemire, le paradis oublié ». Depuis 2002, elle a rejoint l’agence Editing.

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Livres

"Les peuples de l’Omo"

Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.

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