Olivier Weber

Olivier Weber, grand reporter à l’hebdomadaire "Le Point" et écrivain. Après des études d’anthropologie et d’économie, Olivier Weber part en Californie sur les traces de Jack London puis se lance dans le reportage, aux États-Unis, en Afrique et au Moyen-Orient. Il a couvert plusieurs conflits, dont la guerre en Afghanistan, le massacre de Tian An Men à Pékin, le Kurdistan, l’Érythrée, le Cambodge, le Sud-Soudan, l’Irak, le Sahara Occidental, la Tchétchénie, l’Algérie, les guérillas de Birmanie, etc. Il a obtenu le prix Albert Londres, le prix Lazareff, le prix Mumm, le prix Joseph Kessel, le prix de l’Aventure, le prix spécial Ouest-France, et fut lauréat de la Fondation Journaliste Demain. Il a également obtenu la bourse « Missions Ecrivains Stendhal » en 2005 pour un roman. Il a notamment publié:Voyage au pays de toutes les Russies, French Doctors, La Route de la drogue, Le Faucon afghan, Le Grand Festin de l’Orient et La Bataille des anges. Il a réalisé et écrit une dizaine de documentaires pour Arte, Canal Plus, Voyage, France 5 et France 2, dont L’Opium des talibans et Sur la Route du Gange, qui ont obtenu plusieurs prix internationaux. Président du prix Joseph Kessel, il est aussi directeur de la collection "Écrivains Voyageurs" et maître de conférences à Sciences Po.

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Livres

"Les peuples de l’Omo"

Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.

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