Yann Le Bechec

Peintre, graphiste et illustrateur, né en 1961 à Paris, Yann Le Bechec est diplômé de l’Ensad (école nationale supérieure des Arts décoratifs, Paris en 1990) et de Cooper Union (School of Arts, New York en 1991). Après dix années de graphisme dans des secteurs divers (entreprises et banques, institutions culturelles, ouvrages scolaires, parascolaires, pédagogiques, littérature, signalétique d’exposition, illustration) et plusieurs expositions de peinture, il est, depuis 2002, directeur artistique d’un magazine de décoration. Il collabore avec divers supports en tant qu’illustrateur (le Nouvel Observateur, NVO, Libération), et a réalisé les dessins de différents carnets de reportage : "New York, quartiers noirs" (1991 Éditions Albin-Michel), "Off-shore en Mer du Nord" (1993, Éditions Albin Michel) et "Israël-Palestine" avec Jean-Paul Mari (2004, Éditions Jalan).

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Livres

"Les peuples de l’Omo"

Voyage au pays de l’Omo. Stupéfiant ! Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addid-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et à des siècles de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes,femmes,enfants, vieillards, sont des génies de l’art contemporain. Ils ont le génie de la peinture sur soi. Leur corps de deux mètres de haut est une immense toile. Noire ? Non. Bronze noir, avec des reflets rouges qui renvoient la lumière. A leurs pieds, le fleuve de l’Omo, à cheval sur un triangle Ethiopie-Soudan-Kenya, la grande vallée du Rift qui se sépare lentement de l’Afrique, une région volcanique qui fournit une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, vert cuivré, jaune lumineux ou gris de cendres. La force de leur art tient en trois mots : les doigts, la vitesse et la liberté. Ils dessinent mains ouvertes, du bout des ongles, parfois avec un bout de bois, un roseau, une tige écrasée. Des gestes vifs, rapides, spontanés, au-delà de l’enfance, ce mouvement essentiel que recherchent les grands maîtres contemporains quand ils ont beaucoup appris et tentent de tout oublier. Seulement le désir de se décorer, de séduire, d’être beau, un jeu et un plaisir permanent. Il leur suffit de plonger les doigts dans la glaise et, en deux minutes, sur la poitrine, les seins, le pubis, les jambes, ne naît rien moins qu’un Miro, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee...On reste pantois.

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