Nostalgie de la boue

Album de 27 photos.


« Mes deux arrières grand-pères on fait Verdun. Je leur rends hommage en portant la tenue d’un poilu », dit Jérôme Pariiselle, 20 ans, lui-même né à Verdun. « Il y a si peu de jeunes dans les reconstitutions ». « Mon arrière grande-tante était infirmière à Metz », dit Aurélie Anne, 22 ans, amie de Jérôme. « Les infirmières récupéraient les dernières lettres des soldats (morts ou sur le point de mourir) destinées à leurs familles ». A Saint Mihiel, près de Verdun, septembre 2018.

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Photos Hugo Passarello Luna

Grâce à un appareil photo datant de la période de la Grande Guerre, Nostalgie de la boue explore la reconstitution de la mémoire collective française, un siècle après la fin de la Grande Guerre. Un passé idéalisé par certains, devenant parfois plus rassurant que le présent. Pendant un an et demi, j’ai sillonné la France et ai photographié une quinzaine de reconstitutions de batailles 14-18. Les photos ont été prises avec un Kodak Vest Pocket, surnommé le « Kodak des soldats », l’un des appareils les plus utilisés par les combattants pendant la guerre. Malgré l’apparence ancienne des clichés, il s’en dégage une sensibilité contemporaine. Les images de Nostalgie de la boue, tout comme les reconstitutions historiques qu’elles représentent, s’inscrivent dans le présent. Elles fonctionnent comme un miroir de nos interrogations et de nos doutes actuels. On y apprend finalement davantage du présent que du passé. Face à l’incertitude de l´avenir, le passé est un ressourcement, où les enjeux sont clairs. Investir la peau d’un héros du passé peut nous permettre de trouver du sens à notre vie quotidienne. La mémoire collective est un perpétuel exercice de réécriture. Qui sait ce que l’on reconstituera dans un siècle ?