« Acceptez le pouvoir de Gbagbo », hurlaient ses partisans
Après avoir paralysé Abidjan, les jeunes « patriotes » à la solde du président Laurent Gbagbo ont fini par quitter les rues. Mais rien n’est résolu dans le pays toujours menacé par des convulsions politiques et ethniques
« Il y aura d’autres sanctions, plus discrètes... »
Pourquoi a-t-il fallu cinq mois pour rompre le secret sur la mort de Firmin Mahé, tué par les militaires français en Côte d’Ivoire ?
Côte d’Ivoire
L’armée française a-t-elle fait un usage disproportionné de la force lors des affrontements d’Abidjan en novembre dernier ? Les forces françaises ont-elles au contraire été piégées par les partisans du président Gbagbo ? De Paris à Abidjan, Jean-Paul Mari et Robert Marmoz ont interrogé tous les acteurs du conflit, des conseillers de Jacques Chirac aux principaux responsables militaires en passant par les soldats directement engagés dans l’intervention. Voici leur récit
Déjà en octobre 2000....
Les partisans de Laurent Gbagbo prennent d’assaut le palais national sous le feu de la garde présidentielle...256 morts.
Côte d’Ivoire
28, 29, 30 mars 2011… Les forces du nord du président Ouattara lancent leur grande offensive contre le sud en direction d’Abidjan pour déloger le président Gbagbo qui s’accroche au pouvoir. Une des premières grandes villes conquises est Duékoué dans l’Ouest du pays, un verrou stratégique entre le Nord et le Sud. Après la bataille commencent les grands massacres de Duékoué. Les supplétifs de l’armée, des chasseurs traditionnels Dozos, des miliciens, des hommes portant treillis et des soldats en uniforme, vont investir la ville et les villages environnants. Ils trient la population et abattent ceux qui appartiennent à l’ethnie Guéré, favorable au président. Les meurtres, les viols, les pillages vont durer toute une semaine et vont faire entre mille et deux mille victimes. Galerie photo : dans l’ordre, les scènes de massacres, les tueurs sur les lieux, les pillages, les fosses communes creusées par les casques bleus de l’ONUCI, le flot des réfugiés, le père Cyprien de la Mission Catholique qui les accueillent, des témoins sur les lieux d’une église incendiée à Carrefour, le quartier ravagé de Duékoué, un tank pro-gouvernemental détruit à la sortie de la ville. Attention, certaines images sont dures. Lire le reportage complet dans Le Nouvel Observateur .
« Ils ont tout fouillé, tout volé, tout renversé... »
Les fonctionnaires n’ont pas repris le travail, les banques demeurent fermées, et le centre des affaires de la capitale est à l’abandon. Même si Abidjan a retrouvé un semblant de vie normale, l’État ivoirien reste en panne...
Côte d’Ivoire : enquête sur un massacre
1 000, 2 000 morts ? On ne sait pas. Mais la grande tuerie de Duékoué a duré toute une semaine, dans la ville, les villages, la brousse. Accusées : les Forces du Nord du président Ouattara qui ont lancé leurs supplétifs à l’assaut. Jean-Paul Mari a reconstitué sur place la mécanique d’une bataille qui a tourné à l’épuration ethnique
"Un jeune te lance Jean Hélène !, Jean Hélène !, d’un ton si cruel. Il sourit, il se moque...."
Un reporter raconte la mort de son ami en avril 2004.
Nous étions en avril 2004, et je revenais en reportage dans un pays où l’on avait commencé à tuer des journalistes, à les enlever. Guy André Kieffer avait été enlevé trois jours plus tôt. L’ami Jean Hélène avait été abattu.C’était un sale matin, un très sale réveil. La journaliste de RFI venait d’annoncer la mort de Jean Hélène. Abattu par un policier, la nuit, dans Abidjan. D’une balle dans la tempe, comme un chien. L’ami Jean, abattu.
Le récit de Yohann Douady, sergent dans l’Infanterie de Marine, sur tous les fronts.
Engagé dans les troupes de Marine à l’âge de 20 ans, premiers déploiements en Bosnie-Herzégovine et en Côte d’Ivoire, tireur d’élite au 2e RIMa, il est envoyé en 2010 dans la vallée de Tagab en Afghanistan.... Loin du témoignage édulcoré, "D’une guerre à l’autre" est le premier récit contemporain à retracer l’engagement d’un jeune soldat français et les épreuves traversées par son régiment .
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