ERYTHREE

  • Mourir pour Zala Anbesa

    Envoyé spécial en Erythrée

    Après trente ans de conflit, l’Ethiopie et l’Erythrée, deux des pays les plus pauvres du monde, aujourd’hui dirigés par deux anciens compagnons d’armes, n’auront connu que cinq années de paix avant de sombrer de nouveau dans une guerre qui risque d’embraser la Corne de l’Afrique

    Ce matin, quelque chose a changé sur la route de Zala Anbesa. Un changement d’abord imperceptible que le paysage, visage minéral, refuse de (...) Lire la suite
    25 juin 1998
  • Mourir pour Lampedusa

    A Lampedusa, la mer n’en finit plus de tuer les clandestins.

    Salomon, immigrant clandestin, perdu 23 jours en mer

    A Lampedusa, 133 immigrés sont morts noyés. Déjà, en 2009, des dizaines de milliers d’Africains, dont beaucoup d’exilés politiques venus d’Érythrée, bravaient la haute mer pour gagner la Sicile et l’Europe. Souvent au péril de leur vie. Récit d’une de ces tragédies.

    Par quinze mètres de profondeur, au ras des côtes de l’île sicilienne de Lampedusa, repose sur un socle marin la statue d’une Vierge à l’Enfant. Son (...) Lire la suite
    30 novembre 2009
  • Les murs d’Asmara parlent

    "Asmara sur Seine"...L’Erythrée vu de Paris.

    Une chronique de l’Erythrée au jour le jour écrite par Léonard Vincent, spécialiste du pays sur lequel il prépare un livre. Des informations inédites (...) Lire la suite

  • S.O.S en mer

    "Asmara sur Seine"....L’Erythrée vu de Paris

    Le blog de léonard Vincent

    S.O.S latitude 35,01,08, longitude 14,07,81 Depuis le 10 novembre, les messageries de plusieurs de mes amis érythréens font circuler un (...) Lire la suite

  • Deux bières, deux amis et une idée

    "Asmara sur Seine"....L’Erythrée vu de Paris

    Le blog de léonard Vincent

    Une chronique de l’Erythrée au jour le jour écrite par Léonard Vincent, spécialiste du pays sur lequel il prépare un livre. Des informations inédites sur ce pays oublié, trou noir de l’information, des révélations sur les arcanes d’une dictature africaine, des portraits d’Erythréens à Asmara ou en exil, à Paris ou ailleurs, le suivi de la tragédie des fugitifs devenus émigrés clandestins, fuyant l’Erythrée par le désert, traversant le désert du Soudan, maltraités en Libye, jetés sur la mer vers les côtes italiennes. "Asmara sur Seine", le nouveau blog de Grands-Reporters.com.

    Radio Erena Je me rends régulièrement et avec, chaque fois, un plaisir imprécis et enfantin, dans les locaux de la petite radio érythréenne que (...) Lire la suite

  • 15 000 fugitifs et un ambassadeur

    "Asmara sur Seine"....L’Erythrée vu de Paris

    Le blog de léonard Vincent

    15 000 fugitifs et un ambassadeur Au fin fond des plaines du Tigré éthiopien, à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec l’Erythrée, un (...) Lire la suite

  • Nous n’irons pas en finale !

    "Asmara-sur-Seine", l’Erythrée vu de Paris.

    Le blog de Léonard Vincent.

    La totalité de l’équipe de football érythréenne a fait défection au Kenya la semaine dernière au terme d’un tournoi régional, refusant de tourner dans leur pays natal.

    Nous n’irons pas en finale ! Après avoir été amèrement battus 4 à 0 en quarts de finale de la coupe d’Afrique centrale et de l’Est (Cecafa) par la (...) Lire la suite

  • Dernier cargo pour l’Ukraine

    "Asmara-sur-Seine", l’Erythrée vu de Paris.

    Le blog de Léonard Vincent.

    Après des années d’atermoiements et de « dialogue constructif », mais aussi vain qu’un prêche dans le désert, le « grand machin » de Manhattan a enfin décidé de frapper du poing contre la table du Conseil de sécurité. Les sites érythréens sont depuis quelques jours bardés de banderoles et d’éditoriaux lyriques, proclamant qu’à la fin des fins, après tout ce temps, la communauté internationale était « solidaire du peuple érythréen ». Si la batterie de sanctions intelligentes adoptées à l’encontre du régime érythréen le 23 décembre 2009 par le Conseil de sécurité de l’ONU n’avait servi qu’à cela, « ce serait déjà un début », comme me l’a confié un ami exilé. Mais elle commencent également à faire leur effet sur le régime.

    Embargo sur les armes, interdiction de voyager pour le leadership politique et militaire, gel des avoirs à l’étranger... Les Nations unies ont (...) Lire la suite

  • Deux barons du régime en vadrouille en Europe

    Révélation

    Asmara-sur-Seine. Le blog sur l’Erythrée de Léonard Vincent

    « Ali Abdu est en Europe, me dit mon ami érythréen B. —Quoi ? —Je te dis qu’Ali Abdu est en Europe, avec Yemane Ghebreab. Ils sont en Allemagne. —Ces (...) Lire la suite

  • Grandes manœuvres en silence

    ASMARA SUR SEINE

    par Léonard Vincent

    Avec sa promptitude habituelle, le conseil européen a adopté, le 1er mars, une batterie de mesures visant à appliquer – enfin ! – la résolution 1907 du Conseil de sécurité de l’ONU. Trois mois après son adoption, donc, et après avoir laissé amplement le temps aux barons de la dictature érythréenne d’organiser leurs partisans au sein de la diaspora pour les suppléer pendant leur absence... Et de réapprovisionner en argent frais racketté en Europe les caisses d’un régime qui ne tient plus que par la terreur qu’il inspire à tous les Erythréens. Et le chantage à la violence qu’il exerce sur les diplomates occidentaux.

    Reclus dans son palais de Massawa, sous la surveillance de deux divisions dont il a pris personnellement le commandement, le président Issaias (...) Lire la suite

  • Erythrée : Une arrestation peu ordinaire

    Asmara sur Seine

    Le blog sur l’Erythrée de léonard Vincent

    Arrestation Le « ministre de la Défense » du mouvement islamiste somalien Hizbul-Islam a été arrêté par les forces de sécurité soudanaises début mars, (...) Lire la suite

  • Les Erythréens

    Le premier récit sur l’Erythrée, une dictature impénétrable

    « Amanuel explique qu’on ne choisit pas sa destination. On met de l’argent de côté comme on le peut. Parfois avec l’aide d’un garçon de chambre de Tripoli, d’un éboueur de Belgique, d’un chauffeur de taxi du Maryland – un frère ou un cousin qui est déjà de l’autre côté et qui envoie quelques centaines de dollars. »

    Certains parviendront à s’évader, d’autres seront tués. Cela se passe en Erythrée, un bras de terre coincé entre le Soudan et l’Ethiopie. Sa capitale : Asmara. Le pays donne sur la Mer rouge. En face, le Yémen et l’Arabie Saoudite. On ne sait rien ou presque de cette dictature, si ce n’est qu’elle est l’une des plus opaques et des plus dures de la planète. Les autorités internationales ne s’y risquent pas. Personne d’ailleurs ne s’y risque.

    Léonard Vincent est allé à la rencontre de ceux qui en réchappent. En Italie, en Angleterre, en France. Il donne un nom et une existence aux invisibles, à Fana, Biniam, Amanuel, aux autres. Il décrit le pouvoir paranoïaque en place, la guerre pour l’indépendance du pays entre 1961 et 1993, la milice, les rebelles qui tentent parfois un renversement.

    Un chant d’amour et de révolte écrit avec justesse.

    Lire le début du livre

    LÉONARD VINCENT LES ÉRYTHRÉENS RÉCIT Collection dirigée par Jean-Philippe Rossignol RIVAGES © 2012, Éditions Payot & Rivages 106, boulevard (...) Lire la suite

  • Érythrée, voyage en terra incognita.

    09 janvier 2012 Voir la note sur les "Carnets d’un Grand Reporter" de Jean-Paul Mari. Lire la suite

  • L’Erythrée, "dictature la plus sanglante d’Afrique"

    Afflux d’immigrants érythréens aux frontières françaises. Explication.

    Dans un livre choc, le chercheur Léonard Vincent (*) donne la parole à un peuple pris en otage par l’un des pires dictateurs du monde. Interview.

    Pourquoi peut-on parler d’une "dictature inconnue" ? Un homme, à la tête de son clan, a réduit sa population en esclavage. Ce pays de 5 millions (...) Lire la suite
    28 janvier 2014
  • La grogne de Lampedusa

    Début des « Carnets de route en Méditerranée. »

    Reportage sur les naufragés de Lampedusa et de leur errance, d’abord sur l’île des naufragés, puis en Sicile et jusque sur le continent, vers la (...) Lire la suite
    25 octobre 201
  • Lampedusa : quand les disparus parlent

    "Carnets de route en Méditerranée". Reportage.

    Quelle île ! Belle et terrible. Petite et immense. Tragique, mais avec un cœur gros comme ça ! L’air, la mer, la terre, tout est empli des vivants et (...) Lire la suite
    30 octobre 2013
  • Naufragés : la dernière traversée

    "Carnets de route en Méditerranée" : reportage

    Le ferry blanc, énorme, avale les poids lourds comme des friandises. Le ciel est bleu coupant, la mer belle, le vent assez fort. Sur les quais, (...) Lire la suite
    9 novembre 2013
  • Mourir à Calais

    "Carnets de route". Reportage.

    Calais, son casino, sa plage. Et son port noyé sous une pluie drue et glaciale qui vous transperce, portée par un vent du Nord infernal. Qu’est-ce (...) Lire la suite
    2 décembre 2013
  • Le destin de Robiel.

    Vidéo : Mourir à Calais

    Après avoir parcouru l’Afrique et en franchissant la Manche, Robiel, Erythréen de 25 ans, a perdu la vie. Retour sur ses pas.

    Pour Robiel, tout finit à Calais. Dans le port. Noyé, en tentant de rejoindre l’Angleterre. Dernière et fatale étape d’une odyssée qui avait débuté (...) Lire la suite
    3 janvier 2014
  • Mourir à Calais

    Lire le reportage en intégralité

    "Une chose terrible est arrivée…"

    Il avait réussi à fuir la dictature d’Erythrée, franchi les déserts et la mer, traversé l’Europe et il s’est noyé dans un port français, à quelques encablures de l’Angleterre, le but ultime de son périple de cinq ans. En marchant depuis Lampedusa sur les pas de Robiel, le clandestin, “le Nouvel Observateur” a reconstitué sa folle odyssée

    Planté sur une butte au-dessus du port, Roby a ouvert la bouche pour crier, mais aucun son n’est sorti. Devant lui, la mer était un volcan. Le vent (...) Lire la suite
    11 janvier 2014
  • Voyage en Barbarie- Les oubliés du Sinaï (1)

    « La prison d’Abu Omar était couverte de sang, du sol au plafond"

    Un reportage exceptionnel sur la traite des Erythréens dans de le désert égyptien.

    (Photos Cécile Allegra- Delphine Deloget pour Le Monde - Tous droits strictement réservés ) « Ils ont ouvert la porte de la prison. J’ai vu dix (...) Lire la suite
    11 septembre 2014
  • Voyage en barbarie (2) Sinaï. Deux femmes sur la piste des rançons.

    Plus de 600 millions de dollars arrachés par la torture.

    "« Ce trafic, c’est notre « Shoah » à nous, les Erythréens..."

    L’une sur le terrain, l’autre au cœur des institutions. Deux femmes, deux militantes des droits de l’homme, se battent depuis des années pour collecter les preuves du plus grave trafic d’êtres humains de la Corne de l’Afrique : la déportation, la séquestration, la torture et la mort d’au-moins 50 000 Erythréens (1) par des Bédouins du nord-est du Sinaï.

    (Photos Cécile Allegra- Delphine Deloget pour Le Monde - Tous droits strictement réservés ) Il est presque minuit, en ce dimanche de mai 2013. A (...) Lire la suite
    16 septembre 2014
  • Erythrée : les résistants parlent.

    Un entretien exclusif avec la résistance de l’intérieur en Erythrée.

    " Il se passe quelque chose à Asmara que je n’avais jamais vu auparavant"

    Depuis deux ans, des résistants pacifiques osent affronter clandestinement la dictature qui dirige l’Érythrée, l’un des pays les plus fermés du monde. Des militants anonymes collent des affiches appelant à la révolte, distribuent des tracts dans les marchés, écrivent des slogans sur des billets de banque, passent des coups de téléphone aux responsables du régime. Aujourd’hui, ils parlent pour la première fois/

    Par Léonard Vincent 25 octobre, Paris — Ce samedi matin, deux journalistes érythréens en exil et deux journalistes européens, dont le britannique (...) Lire la suite
    25 octobre 2014
  • Sinaï "Voyage en Barbarie"

    L’appel des réalisatrices

    Les réalisatrices de "Voyage en barbarie", sur l’enlèvement, la détention, la torture et la mort des Érythréens dans désert égyptien du Sinaï, veulent produire un film plus long et traduit en anglais pour mieux faire entendre la voix des victimes.

    Pour que ce film documentaire puisse prendre sa pleine valeur de témoignage, nous souhaitons pouvoir l’étoffer d’une trentaine de minutes et le (...) Lire la suite
    26 novembre 2014
  • L’Edito : "Le grand Seyoum" d’Erythrée, par Léonard Vincent.

    J’ai pris l’habitude de l’appeler « le grand Seyoum ». Sans doute parce que ses amis, sa femme et ses petites filles m’ont parlé de sa grande taille, de son visage de pirate, de sa manière de taquiner les timides.

    Seyoum Tsehaye est un héros. Ecoeuré par les atrocités commises par les Ethiopiens, il monte au maquis à 25 ans, en 1977. Cet ancien élève du lycée français d’Addis-Abéba se bat dans les rangs du Front populaire de libération de l’Erythrée. Quatre ans de front, dans des conditions affreuses. Et puis un jour, puisqu’il rêvait de devenir journaliste, vient l’ordre de se former au maniement de la caméra et de l’appareil photo, pour documenter la guerre.

    Jusqu’à la libération, il capture en images la lutte un peu folle de ses compagnons en sandales. Un paysan assis sur une bombe non explosée. Une femme fuyant le passage d’un Mig, une casserole sur la tête en guise de casque. Après l’indépendance, il fonde la télévision érythréenne. Mais son ancien camarade Issayas Afeworki, devenu président, s’enfonce dans la paranoïa. Seyoum démissionne. Il rejoint la petite bande de la presse libre et partage leur sort atroce, lors des rafles de septembre 2001 : l’enfermement à l’isolement, quelque part dans les montagnes. On dit qu’il est toujours vivant.

    C’est à lui, qui enseignait le français et rêvait de Paris, que je pense lorsque j’apprends que l’Union européenne a débloqué en catimiti, vendredi soir, une aide de 200 millions d’euros pour aider le gouvernement érythréen à maintenir sa main sur la gorge de son peuple.

    L.V

    Wikiradio Saooti Tous les articles sur Seyoum sur mon blog ici : Lire la suite
    15 décembre 2015
  • Palmarès du Prix Albert Londres 2015

    Luc Mathieu de Libération et Cécile Allegra-Delphine Deloget pour l’image.

    Les deux lauréats étaient déjà publiés sur notre site grands-reporters.com.Magnifique édition 2015 à Bruxelles.

    Réuni à Bruxelles, le jury du Prix Albert Londres a décerné le prix de l’écrit à Luc Mathieu, grand-reporter au journal Libération pour ses reportages (...) Lire la suite
    30 mai 2015
  • "Voyage en Barbarie"

    Prix Albert Londres 2015, Prix RSf au FIGRA, Etoile de la SCAM, Lauréat Festival New York...

    VOIR LE DOCUMENTAIRE EN ENTIER Le prix ALBERT LONDRES 2015 a été attribué au au film VOYAGE EN BARBARIE réalisé par Delphine Deloget et Cécile (...) Lire la suite
    2 juin 2015
  • L’EDITO : " Habtom et ses bourreaux", par Léonard Vincent.

    Israël

    Notre époque aime les tueries. Hier, dans la gare routière de Beersheba, dans le sud d’Israël, un jeune homme a d’abord abattu un garçon en uniforme avant de se mettre à tirer au hasard dans la foule.

    Le tueur a été tué. Onze passants ont été blessés, dont trois très sérieusement. Et un quidam a été lynché. La presse est peu diserte à son sujet. « Un demandeur d’asile érythréen, venu à Beersheba pour chercher un visa (...,) a été abattu par un agent de sécurité qui l’avait pris à tort pour un terroriste », dit laconiquement Haaretz.

    L’Érythréen fuyait le massacre, il s’est écroulé, transpercé par plusieurs balles. Sur la vidéo d’un téléphone portable, on le voit maintenu au sol par une chaise, puis plusieurs fois frappé à coup de pied à la tête. Un homme projette même la masse d’un banc sur le crâne déjà difforme du jeune Africain.

    Certains profiteront de cet assassinat pour faire valoir leurs opinions politiques. Je voudrais simplement nous inciter à avoir une pensée pour Habtom Zarhum, car apparemment tel était son nom.

    Il avait 29 ans et travaillait dans un champ du Néguev. On ignore s’il avait connu les villas de torture dans le Sinaï, de l’autre côté des barbelés israéliens. On ignore aussi quand et comment il avait quitté l’Érythrée. On pourrait aller interroger ses amis, les filles qu’il trouvait jolies, se rendre aux endroits qu’il aimait. On écouterait sa chanson fétiche, on goûterait son sandwich favori. On parlerait de ses espoirs.

    On pourrait rendre justice à Habtom. Emprisonner ses bourreaux. Mais, surtout, lui redonner son nom. Pour qu’il soit autre chose que ce bout de chair méconnaissable et flouté, allongé dans une flaque de sang, à la merci de ceux qui utilisent sa mort pour gagner leur guerre.

    L.V

    19 octobre 2015
  • L’Edito : "Les gifles des boxeurs" par Léonard Vincent

    J’étais en charge d’une rédaction le week-end dernier et une tenaille me serrait la gorge. Je savais que, depuis quelques semaines, des centaines de personnes terrorisées étaient de nouveau entassées, sur les plages de Libye, dans des boudins de plastique. On les poussait à la mer après les avoir brutalisé et fait les poches. Je savais qu’une fois au large, comme chaque année, beaucoup se noyaient, parce que leur matelas pneumatique cédait au poids, à l’usure, aux vagues, à leur rafistolage.

    De rares navires se portaient au secours des survivants. Quant aux morts, je voyais une fois encore que leurs cadavres gonflés commençaient à s’échouer sur les plages d’Afrique.

    Et puis un chiffre m’est tombé sous les yeux : plus de mille morts en douze jours.

    Pour le média pour lequel je travaille, j’avais déjà raconté tout cela. L’évasion hors d’Érythrée, la fuite éperdue vers la paix, les camps de concentration en Égypte et en Libye, les naufrages, les héros, l’Italie, Calais... Mais ces histoires illustrées, clamées, n’ont rien changé. Pire : leur répétition a habitué les consciences et lassé les rédactions. Comme ces gifles stimulantes que se donnent les boxeurs avant le combat.

    Malgré tout, j’ai demandé aux journalistes de la rédaction dont j’avais la charge, une fois de plus, d’appeler untel, d’écrire ceci ou cela. Je suppose que c’est ainsi qu’on maintient allumée les bougies dans les tempêtes : au cas où. Peut-être un jour aura-t-on besoin du feu. Ou d’allumer un incendie.

    7 juin 2016

Afrique

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