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20 mai 1983
Peuple en danger
« Les hommes de l’interdit », Peuls du sud, figurent parmi les derniers nomades d’Afrique.
Les Woodabés,(llittéralement) « les hommes de l’interdit », Peuls du sud du Tchad, figurent parmi les derniers nomades d’Afrique. C’est un peuple pastoral, très attaché à ses vaches rouges aux immenses cornes. L’élevage est leur seul métier puisque pour eux, tout le reste n’est que mensonge ; leur grandeur et leur notoriété se mesurent au nombre de vaches qu’ils possèdent. C’est aussi leur force, leur vie, la garantie de leur totale autarcie. Sans elles, ils se sédentarisent et perdent leur culture. Depuis les temps les plus anciens, les Woodabés ont observé que chez les oiseaux, les mâles sont souvent plus beaux et plus spectaculaires que les femelles. Au cours de leur fête annuelle du Worso les hommes se maquillent, se parent et reproduisent les gestuels et les sons des parades d’oiseaux pour séduire les femmes. Ainsi, celles-ci ont plusieurs jours pour choisir l’homme avec lequel elles partiront et resteront jusqu’à ce que l’amour entre eux demeure. Les Peuls ont une morale très stricte : le Poulakou, qui comprend trois vertus : la patience, la conscience et ne jamais être dans une situation de honte, comme le vol et le mensonge. Si les troupeaux des Woodabés attisent les convoitises, c’est l’originalité de leur culture qui en fait un peuple menacé. On dit qu’ils maîtrisent la magie, ce qui les fait parfois craindre. Mais leur résistance est quotidienne pour préserver leur mode de vie. Ils souhaitent dire au monde que l’on peut vivre autrement et qu’eux-mêmes sont encore vivants. Marie-Laure de Decker les a rencontrés il y a 4 ans et retourne constamment chez eux. « J’ai trouvé mon idéal, les Woodabés, des gens qui ne se battent pas, qui s’aiment et se respectent, qui aiment leurs vaches auxquelles ils doivent leur survie ».
Enquête sur la frontière
Malgré une dramatisation abusive qui atténue parfois la force du propos, voici un vrai reportage de terrain au coeur du confl it du Darfour. Saisissant.
Tchad
A plusieurs reprises, les résidents étrangers évacués par l’armée française ont échappé de justesse aux tirs des rebelles. A l’aéroport, on a même frôlé le désastre, Jean-Paul Mari décrit la « stratégie du hérisson » utilisée par le président tchadien pour repousser les rebelles, au prix d’un sérieux tour d’écrou imposé à l’opposition...
La bataille de Ndjamena, les combats, les destructions, la population, les blessés, les morts et les prisonniers, les militaires français, l’enterremment du chef d’état major tué au combat, les évacuations de ressortissants étrangers, la fuite et l’exode. Et le président Idriss Deby, chef de guerre vainqueur et président survivant.
40 000 morts ?
Hissène Habré fut chef de l’Etat tchadien de 1982 à 1990. Vivant aujourd’hui à Dakar, au Sénégal, il fait l’objet d’une plainte depuis septembre 2008 pour crime contre l’humanité. Selon les plaignants, il aurait éliminé 40 000 personnes pendant ses huit années de pouvoir. Un avocat américain, Reed Brody, a décidé de tout entreprendre pour le faire juger. Surnommé « le chasseur de dictateurs », Brody fut à l’origine des poursuites lancées contre le tyran chilien Augusto Pinochet. Ayant réuni de nombreux témoignages et documents de la police politique tchadienne, Brody resserre l’étau sur Habré. Juger un chef d’Etat en Afrique pour ses crimes serait une première historique.
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