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SOS MEDITERRANEE. Jour 1 : « Avis de tempête »

par Jean-Paul Mari
Assis sur un quai du port de Lampedusa, mon sac sur l’épaule, j’attends l’Aquarius, le navire de l’opération « SOS MÉDITERRANÉE » sur lequel je dois embarquer pour vingt et un jours. Petit pincement à l’estomac. Pas par peur du mal de mer. Plutôt face à l’ampleur de la tâche. Tout à l’heure, le bateau de 77 mètres de long entrera dans ce port qui a vu passer des dizaines de milliers de migrants venus d’Afrique ou d’Asie. Sur un îlot, un caillou tout proche, il y a une statue de vierge à l’enfant plantée à quatorze mètres de profondeur, par un pécheur miraculé. Elle est là, au fond de l’eau et la mer de ses larmes pleure les trente mille hommes, femmes et enfants qu’elle a vus mourir noyés depuis quinze ans en Méditerranée. Ils sont là, ballottés dans la vase du fond, couchés sur le dos, les yeux tournés vers la surface striée par le sillage des bateaux qui devaient les emporter vers une autre vie. J’ai parcouru autrefois cette île pour raconter leur tragédie. Celle de Salomon, l’Africain, dont le Zodiac chargé de 75 personnes a dérivé vingt-cinq jours, et qu’on a retrouvé quasi-mort de faim et de soif avec quatre autres survivants. Celle de Robiel, évadé de la dictature d’Érythrée, qui a vaincu les déserts et la mer, pour aller se noyer dans le port de Calais, à 150 mètres du ferry qui devait l’emmener en Angleterre, le terme de son voyage. J’ai raconté leurs histoires et tant d’autres dans les journaux et un livre. À chaque fois, on me répondait : « C’est terrible. Mais que faire ? » Aujourd’hui, j’ai une partie de la réponse. L’Aquarius a été affrété en un temps record par une association de citoyens comme vous et moi, une sorte de start-up de l’humanitaire. Et il part pour deux mois de campagne frôler les côtes libyennes, là où aucun navire de paix ne croise. Nous allons patrouiller, en maraude, porter secours aux embarcations de migrants en détresse, dans une zone où la mortalité est estimée à 5%, cinq noyés sur cent migrants en mer. Il faudra les sortir de l’eau, soigner l’urgence à bord, les nourrir et les hydrater et, le plus vite possible, les transborder vers les navires qui croisent plus au Nord, voire les déposer dans un port de Sicile et un centre d’accueil. Et l’Aquarius repartira, à toute vapeur, à la recherche d’autres points sur l’eau. Je l’attends, il va entrer en roulant dans le port, la mer est mauvaise. À bord, une partie de l’équipe est déjà terrassée par le mal de mer. Tout le monde est secoué. Tant mieux. T ous savent maintenant que ce sera dur. L’équipage est prêt. On aura sans doute un méchant mal de mer, mais c’est infiniment mieux que cette nausée permanente du sentiment d’impuissance. JPM

Syrie: à Genève, les négociateurs évoluent en terrain miné

par René Backmann
L’émissaire des Nations unies pour la Syrie a réussi à réunir à Genève, dans des pièces différentes d’un même bâtiment, les représentants du régime et de l’opposition. Mais les positions des deux camps sont si éloignées, la situation stratégique si...

« Les migrants ne savent pas nager ». Le film

par Jean-Paul Mari
VOIR LE FILM : "les migrants ne savent pas nager". Le film, produit par Point du Jour, a été diffusé par PUBLIC-SENAT et TV5 MONDE.     LIRE LE JOURNAL DE BORD SUR LIBERATION Pendant vingt et un jours, Jean-Paul...

Edito: Cette fois, on entre en guerre…par Jean-Paul Mari

par Jean-Paul Mari
- Le 25 février prochain, un navire de combat va appareiller du port de Lampedusa en Sicile. Soixante-dix-sept mètres de long, 12 hommes d’équipage de toutes nationalités, un capitaine allemand, assez de fuel, de médicaments, d’eau et de nourriture pour tenir trois semaines en mer : l’Aquarius, le bateau de "SOS MEDITERRANEE", part en campagne. Face à lui, la grande vague des migrants, un million l’année dernière, autant voire plus cette année. Ils partent, en chalutier, en Zodiac, en barcasse. Et ils se noient. Trente mille morts en quinze ans. - Alors, l’Aquarius part en guerre. Contre l’indifférence, l’immobilisme, le cynisme, l’inhumanité. Contre les vagues de la Méditerranée et ses rouleaux du fond qui ballottent des corps. Hommes, femmes, enfants, regardant le sillage des bateaux en surface, ceux qui devaient les amener vers leur rêve. - Que faire ? Rien, sinon se révolter. - L’ association franco-allemande a remué ciel et mer, ouvert une souscription publique et récolté 275 000 euros, trouvé le reste, soit un million d’euros, de quoi partir pour trois rotations, trois mois de campagne avec, à bord, un radar, des canots de sauvetage, des lits, des couvertures, des ponts couverts pour 200 passagers -500 s’il le faut ! - et cinq « Médecins du Monde », pour les soins. L’Aquarius va patrouiller le long des eaux territoriales de la Libye, celle de l’ex-dictateur, des islamistes, des passeurs, des trafiquants d’hommes. Il va repérer les embarcations en détresse, empêcher les naufragés de se noyer, les prendre à son bord pour les transférer vers d’autres navires plus proches des côtes de Sicile. - "SOS MEDITERRANEE", un bateau pour les réfugiés, trois mois de campagne et une souscription ouverte pour pérenniser l’opération tout l’été, gagner cette course contre la montre, contre l’indifférence, contre la mort. Oui, c’est une guerre pour sauver des vies, pas pour tuer des hommes. La seule guerre qui vaille d’être menée à outrance. Dès le 25 février, au départ de Lampedusa, nous prendrons la mer et nous tiendrons le « Journal de bord » pour vous raconter "SOS MEDITERRANEE". «On ne peut pas demander seulement aux migrants de savoir nager...c’est obscène », a dit la mairesse de Lampedusa. - Oui, on peut dire sa honte et sa colère, agir, se battre, participer, remuer le ciel et surtout la terre. Vous aussi, révoltez-vous. L’Aquarius ne doit pas rentrer au port, vaincu, faute de carburant. A bientôt. JPM

« Comme une pluie de parfum ».

par Olivier Jobard
L'odyssée clandestine de cinq jeunes hommes afghans qui cherchent à rejoindre une Europe inaccessible. Mêlant réalités crues et fantasmes, réussites et échecs, au rythme fou de l'incertitude permanente, leur voyage a été partagé pendant plus de six mois par les réalisateurs Olivier Jobard et Claire Billet.

Kiev : Radiographie d’une révolution.

par Yann Merlin
Quand je suis arrivé en Ukraine le 7 février, Maidan fonctionnait avec une organisation para-militaire, la société civile s'était évaporée. Les deux parties qui s’étaient affrontées,négociaient. La logistique était impressionnante. Par ailleurs, l’électricité et l’eau n avait pas été coupée.Le Press-center, installé dans « la maison des syndicats »proposait des traducteurs bénévoles, des connections internet, du soutien aux journalistes du monde entier qui avaient moins d’une semaine pour boucler leur reportage.Tout se jouait dans l’hyper-centre de la capitale. Vue de dessus, c était une équerre qui partait de la place de l’indépendance jusqu’aux pieds du parlement.J’ai fait le tour de ce territoire et quand je demandais qui était le commandant de Maidan un nom revenait tout le temps: celui d’Andriy Parubiy. Aussi dans le staff du Press-center, les jeunes volontaires parlaient de « Mr chocolat »Porochenko, qui, d’après eux, finançait la révolution. Pourtant, alors que Maidan faisait la une régulièrement dans la presse depuis novembre, c’était la première fois que j’entendais parler de ces deux personnages qui jouaient un rôle incontestable dans cette révolution.

«Il n’y a même pas assez de sacs pour mettre les corps»

par Maria Malagardis
L’île grecque, submergée par les milliers de noyés qui tentaient de rejoindre l’Europe, manque de moyens pour s’occuper des dépouilles de migrants.

Kanun:la loi du sang.

par Erik Bataille
La jeep poussiéreuse est abandonnée devant un pont rudimentaire aux rondins grossièrement équarris, seul point de franchissement sur la Lumi, le torrent tumultueux qui gronde autour de la Kula du clan de Kole. Devant la bâtisse fortifiée, imposante avec ses...

« Un livre cri », par Sébastien Dubos.

par grands-reporters
la_depeche_du_midi_JPMARI.pdf Cliquez sur l’icône ci-dessus pour lire l'article en pdf VOIR LE DOSSIER COMPLET SUR "LES BATEAUX IVRES" [gallery link="file" ids="9265,9266,9263"]

Le Rom, cet Autre qui nous ressemble.

par Yann Merlin
Le Rom est devenu le symbole de celui qui ne veut pas s’intégrer. J’ai rencontre Titel qui s’était installé sur un terrain de la Courneuve en 2008 pour y construire un village.Une caravane se libérait pendant trois semaines. Voila le temps dont je disposerais pour saisir la vie quotidienne de ceux qui vivaient dans le plus vieux camp d’Ile de France.Voila le temps dont je disposais pour leur rendre ce qui leur avait été confisqué: une image d’eux-mêmes qui corresponde a la réalité. Aujourd’hui ce village n’existe plus, il a été rasé en septembre 2015.La majorité des anciens habitants du « Samaritain », vivent maintenant dans la rue.

« Le Nord, c’est pire que le Far West ! »

par Erik Bataille
Lumière douce et bien-être! Ce pourrait être le slogan du nouvel aéroport de Tirana, une des quelques adresses aéroportuaires qui offrent calme et sérénité au voyageur. L'éclairage sophistiqué s'accompagne de tons pastels dans un espace ouvert et végétal. Après les...

Une autre histoire de la violence

par Olivier Weber
Comment peut-on « voir » la guerre ? Comment l’appréhender, l’insérer dans une vision de la civilisation ? En d’autres termes, quel est le discours que l’homme peut tenir sur l’extrapolation la plus barbare de ses pulsions, la destruction de l'autre, la mise à mort de son semblable ?

L’Edito: « Pour une radio de l’ailleurs », par Jean-Louis Vinet.

par grands-reporters
Le 7 octobre 2013, en direct du 20ème prix Bayeux des correspondants de guerre, WGR, « la radio des grands reporters et des écrivains voyageurs », diffusait sa première émission : « le bar des correspondants ».

Europe 1: « Les bateaux ivres »

par Jean-Paul Mari
ECOUTER l'entretien sur la question de l'immigration dans le journal du soir d'Emmanuel Faux Cliquez sur l'icone Europe-Nuit-Emmanuel-Faux-30-12-15-1560429.mp3 [gallery link="file" ids="9132"]

Les retraites grecques au régime sec

par Maria Malagardis
Bruxelles et le FMI font pression sur Athènes pour baisser les pensions, alors que 45% des retraités vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

Cinéma: « Sous le Pirée la crise »

par Maria Malagardis
[Athènes] . «Jamais le dimanche», de l’Américain Jules Dassin, sort en 1960, éclairé par sa vision de la Grèce et sa rencontre avec Melina Mercouri. Personne ne s’y attendait. A Broadway ce soir-là, le spectacle avait déjà commencé, lorsqu’elle a soudain cessé de jouer et s’est adressée au public : «Cette insouciance, cette joie de vivre : tout ce qu’évoque cette pièce vient de disparaître. Car depuis hier, la dictature règne dans le pays qui a donné naissance à la démocratie.» Puis, elle a repris sous un tonnerre d’applaudissements : une standing ovation improvisée pour saluer, non pas l’actrice, mais une femme grecque entrée en résistance.

Kos, l’escale maudite des Syriens en exil

par Maria Malagardis
L’île grecque prisée des touristes, proche de Bodrum, en Turquie, est le point d’entrée de milliers de migrants dans l’Union européenne. Un transit payé au prix fort.

Egine, l’île bohème des barons de Syriza

par Maria Malagardis
La moitié du gouvernement de gauche radicale a ses habitudes dans ce lieu, où la crise grecque a laissé des traces.

« Dans quelle éta-gère »: « Les bateaux ivres »

par grands-reporters
VOIR L'EMISSION "DANS QUELLE ETA-GERE" [gallery link="file" ids="9096,9097"]

De la Syrie à l’UE, le florissant trafic de passeports

par Luc Mathieu
En y mettant le prix, il est facile de se procurer un document falsifié, volé ou acheté à un Européen pour traverser les frontières sans encombre. De la Syrie à l’UE, le florissant trafic de passeports

Itinéraire d’exil et de migration

par grands-reporters
On ne laisse pas un humain clapoter dans l’eau sale »… Dès les premières lignes des Bateaux ivres, Jean-Paul Mari s’insurge contre les milliers de morts anonymes que les flots charrient désormais. Il s’alarme contre ces mers qu’on laisse rougir du...

‘L’Edito: « Les fourmis et la montagne » par Denis Caillaux.

par Jean-Paul Mari
Au Sénégal, des enfants qui rêveraient d’aller à l’école mais doivent travailler pour vivre, se regroupent de leur propre initiative pour défendre leurs droits et se construire un avenir qui soit loin de Lampedusa ou de la jungle de Calais… Un bon nombre d’entre eux sont des Talibés ou élèves des écoles coraniques. Renforcement du lien social, professionnalisation des petits métiers, alphabétisation, développement d’une capacité d’épargne et mise en place d’un accès au micro-crédit, les recettes sont connues et elles fonctionnent. Alors qu’il comptait 350 enfants en 2011, le projet ( "Article 15" ) en a aujourd’hui plus de 6000 avec une couverture nationale qui intègre toutes les zones pauvres des périphéries urbaines. L’actualité récente nous a tragiquement rappelé l’urgence d’agir sur le front des migrants et sur celui de la radicalisation de la jeunesse. Bien entendu, ce ne sont pas là des problèmes uniquement français. Ils ont une prégnance universelle. Il faut agir en amont de la migration dans les pays d’origine, en récusant la cause première qui est tout bêtement la pauvreté. Il faut aussi agir en amont de la radicalisation dans les pays où c’est encore possible en appuyant un islam ouvert et tolérant. Voilà ce que, précisément, ce projet s’efforce de réaliser. Hélas, cette belle réalisation risque être victime de son succès. Alors que le coût par enfant diminue, le coût total explose à la mesure de l’explosion des effectifs. Ce serait triste qu’une initiative qui répond tellement aux besoins d’aujourd’hui, et a fait depuis quatre ans la preuve de son efficacité, ne puisse trouver les soutiens qui lui permettraient d’exister. D.C Lire l'article Quand les fourmis déplacent la montagne ......................... Contacter l'ONG ..

Yannis, un retour à la terre pour survivre

par Maria Malagardis
Comme nombre de jeunes, ce petit-fils d’agriculteur délaisse la ville pour se tourner vers un secteur plutôt épargné par la crise.

Appel à la libération des journalistes turcs (RSF)

par Jean-Paul Mari
Depuis des années, Erdogan procède à une reprise en main méthodique des médias en Turquie. L’actuel président la République mène une répression de plus en plus féroce contre les journalistes de tous, procédant à des arrestations, menaces, intimidations, indignes d’une démocratie.

Grèce : austérité, tracas concrets

par Maria Malagardis
A Athènes, les commerçants accueillent les réformes avec fatalisme. Certains y voient un mal nécessaire pour faire repartir l’économie. Les carcasses écorchées sont suspendues à des crocs et le regard gélatineux des agneaux semble défier le client qui s’aventure dans...

« Une semaine d’actualité » dans le monde.

par Jean-Paul Mari
L'invité d'Une semaine d'actualité est Jean-Paul Mari, journaliste, Prix Albert Londres, grand reporter au Nouvel Obs pendant trente ans, auteur d’un long reportage sur les migrants publié dans un roman « Les bateaux ivres », chez Jean-Claude Lattès.

Ecouter l’émission « Une semaine dans le monde »

par Jean-Paul Mari
L'invité d'Une semaine d'actualité est Jean-Paul Mari, journaliste, Prix Albert Londres, grand reporter au Nouvel Obs pendant trente ans, auteur d’un long reportage sur les migrants publié dans un roman « Les bateaux ivres », chez Jean-Claude Lattès.

En mémoire des migrants

par grands-reporters
En mémoire des migrants LES BATEAUX IVRES, Les humains qui traversent les frontières ne font pas que passer d'un pays à l'autre, ils doivent aussi traverser les frontières entre les mots. Ils sont tour à tour migrants, réfugiés, sans papiers...

« La marche des damnés. »

par Jean-Paul Mari
"La grande force de ce livre, témoignage dont vous ne sortirez pas intact, est de ne jamais verser dans l’angélisme. Il raconte l’autre face de la migration"...

Louis Crocq «Il faut les accueillir de nouveau parmi les vivants »

par Jean-Paul Mari
Pompiers, sauveteurs, témoins, familles… sont réellement traumatisés après leur expérience directe avec la mort, explique ce psychiatre des armées. Catherine Mallaval Johanna Luyssen

Attaques a Paris- Assaut à Saint Denis – Attaque à Bamako (Suite)

par Jean-Paul Mari
Avertissement; grands-reporters.com n'est pas un site d’actualité mais vu l'importance des évènements à Paris, nous rendrons compte. Avec AFP Wikiradio Saooti Hommage aux Invalides pour les victimes des attentats C’est dans la cour d’honneur des Invalides, que sera rendu, vendredi 27 novembre, celui...

Les cavaliers de l’Apocalypse contre les Gentils ?

par Guillaume Malaurie
Lire l'analyse de Guillaume Malaurie Pourquoi viser cet arc de cercle autour de la République ? Pourquoi « choisir minutieusement« , selon les termes du communiqué de Daech, les différents spots qui balisent cet arc de cercle ? Dans l’histoire...

L’Édito : « Rester debout », par Jean-Paul Mari.

par Jean-Paul Mari
Nous, reporters, familiers des terrains de conflit, ne sommes pas « sidérés » par ce qui vient de se passer en France. Il n’y a rien « d’inimaginable » dans cette vague de barbarie. Nous l’avons vu à l’œuvre, ailleurs, et souvent. Dans le monde de la nuit. Mais nous, reporters, sommes comme tous les autres, bouleversés par la douleur et la mort de nos concitoyens, nos proches, nos amis. Infiniment tristes que le monde de la nuit fasse irruption chez nous, dans le monde du jour, celui de la lumière et de la paix. Rester debout, c’est d’abord garder notre sang-froid, notre lucidité, notre capacité d’analyse. La guerre ? Oui, sans doute, la France est entrée en guerre, mais la France n’est pas en guerre. Nous subissons des vagues d’attentats, nous en subirons d’autres. Et notre vie a déjà changé de dimension. Rester debout commence par s’incliner devant les disparus. Ce qu’on fait les Parisiens, dans les larmes et la dignité, qui ont couvert de bougies et de fleurs les lieux du carnage, terrasse de café, restaurant ou salle de concert. Rester debout, c’est se remettre debout pour ceux qui sont mortifiés. Six attentats, cent vingt-neuf morts, trois cent cinquante blessés, dont une centaine, gravement. Et des centaines d’autres, survivants ou témoins qui ont vu la mort en face. Et ne se sentent plus appartenir au monde des vivants. Ceux-là, sans blessures apparentes, doivent être eux aussi traités avec soin, écoutés, entendus par leur entourage et soignés par des psy spécialisés dans le trauma psychique, sous peine de ne jamais pouvoir se remettre debout. Rester debout, c’est refuser de subir la guerre qui, nous le savons, transforme rapidement les hommes en sauvages. Refuser de faire ce que les tueurs de Daech veulent obtenir : des appels à la haine, à la xénophobie, la promulgation de lois d’exception, version « Patriot Act », la recherche aveugle de boucs émissaires, les musulmans, les Arabes, les migrants, les « étrangers », l’Autre. Rester résolument debout, c’est demeurer ce que nous sommes, avec nos valeurs, nos principes, notre vision du droit, notre dignité, notre amour, notre humanité. Tout ce à quoi les hommes en noir, ces tueurs « amoureux de la mort », voudraient nous faire renoncer. En cédant à la peur. Pour qu’on devienne comme eux. Là est leur objectif, là serait leur vraie victoire. Rester debout, c’est être ce que nous sommes. Mieux, si possible. JPM

L’Edito :« La France est entrée en guerre », par Jean Paul Mari.

par Jean-Paul Mari
Ce n’est plus un ou plusieurs attentats mais une offensive militaire que Paris vient de connaitre. Les terroristes islamistes ont attaqué six lieux en même temps : le Stade de France où se trouvait le Président, des restaurants et des cafés au cœur de la capitale et un lieu de fête, le Bataclan, lieu d’un terrible carnage. Plusieurs agresseurs sont morts, en se faisant sauter, mais les autres courent toujours. Cette offensive a été menée par plusieurs commandos coordonnés, utilisant les moyens que l’on connait sur les terrains de conflit : fusils d’assaut Kalachnikov, bombes et kamikazes. Le même genre d’action de guerre qu’on a si souvent vu en Syrie ou en Irak. La France est engagée là-bas dans le combat contre Daech, l’État islamique. Plusieurs centaines de Français sont partis combattre en Syrie et en sont revenus, avec pour mission de porter la guerre en France. Ce genre d’attaque était donc prévisible, attendu, redouté. Nous sommes désormais loin de l’attentat contre Charlie Hebdo ou contre l’hypermarché casher qui n’étaient que de sanglants préambules. Ce que Paris a connu hier soir est donc, au-delà du sinistre bilan, une offensive multiple, synchronisée, militaire, sans doute commanditée et soutenue par les groupes islamistes au Moyen-Orient. Divers témoignages indiquent que les tueurs ont crié « Allah Akbar », invoqué la Syrie, l’Irak et parlé de vengeance. Face à un tel assaut d’une telle ampleur au cœur de Paris, de la France, la réponse de l’État français ne fait pas de doute. Dans l’heure qui a suivi, l’effroi, l’indignation, l’émotion et la compassion à peine exprimées, le président a annoncé l’état d’urgence et la fermeture des frontières ainsi qu’une série de mesures de sécurité. Ces mesures de défense devraient s’accompagner d’une contre-offensive, sur le plan intérieur mais aussi sur le plan extérieur. Les opérations militaires au Moyen-Orient en Syrie vont certainement prendre une autre dimension. Offensive contre la France, contre-offensive en France et à l’étranger, au pays de l’État islamique, tout ceci dessine une situation que tous les reporters ont connu, loin de Paris. Ce soir, la France est entrée en guerre. JPM

En Méditerranée, à bord d’un « bateau-ivre »

par Jean-Paul Mari
Dans un monde en mouvement qui vit au rythme des crises, le récit et la réflexion sont indispensables. Le service Etranger du JDD recense ici les livres qui traitent de l'actualité internationale. Aujourd'hui :Les bateaux ivres, de Jean-Paul Mari, qui retrace l’odyssée des migrants en Méditerranée.

« Sur les traces des migrants »

par grands-reporters
LE PROPOS :  Ils s'appellent Robiel, Zachiel, Fassi… Ils viennent d'Erythrée, d'Afghanistan, de Guinée, bravant le « désert bouillant », les sommets glacés de Turquie, l'écume noire sur des barques crevées… Avec l'entêtement des forcenés. Bien sûr, ils fuient la guerre, la misère, la violence...

«Le mot tragédie en vient à perdre toute signification»

par Maria Malagardis
En Grèce, où des milliers de réfugiés continuent à affluer chaque jour sur les îles de la mer Egée, la population a le sentiment d’être la seule en Europe à s’émouvoir de la situation et à réagir.

« Champs de bataille »

par Yan Morvan
J’avais vingt ans, mes cheveux étaient longs, mes pantalons finissaient en pattes d’élephant, je portais la barbe et toujours un exemplaire de “ La Société du Spectacle “ dans la poche de ma parka tagée au feutre de slogans pour la “ Paix au vietnam”.

Yann Morvan (Vu) Conférence du 11 novembre 2016

par Yan Morvan
Vendredi 11 novembre 2016, de 14h à 16h30, à la Galerie VU' Places limitées. Réservation impérative. Inscrivez-vous : vuconference@abvent.fr

« Dante n’avait rien vu », par Etienne de Montety.

par Jean-Paul Mari
Dante n’avait rien vu Etienne de Montety On se souvient qu’Albert Londres définissait son métier comme l’art de « porter la plume dans la plaie ». Il consacra aux bagnards, esclaves, forçats de son temps d’admirables reportages qui firent date....

« Migrants : les vérités désagréables » par Laurent Joffrin

par Jean-Paul Mari
Jean-Paul Mari nous fait vivre l’Odyssée des migrants venus d’Afghanistan, d’Irak ou d’Afrique en évitant tous les pièges du «politiquement correct».

Collection « Photos de Reporters »

par grands-reporters
L’Esprit Une collection de photographies réalisées par les plus grands photoreporters lors de leurs missions à travers les événements qui font l’actualité. Si la photo d’actualité est appréciée par le grand public, rares sont ceux qui osent en acquérir. Parce...

Crise migratoire: que faire?

par Jean-Paul Mari
crisemigratoire1417-2.mp4 LCI :Cliquez sur l'icone pour Voir le débat sur la crise migratoire au sujet du livre "Les Bateaux Ivres"" crisemigratoire1417-2.mp4 [gallery link="file" ids="8860,8861"]

Mur Hongrois contre les migrants

par grands-reporters
  Voir le clip vidéo diffusé par l'armée hongroise

FIGRA 2016: Prix, concours, dossiers d’inscription.

par Jean-Paul Mari
Dossier d'inscription [gallery link="file" ids="8853"]

L’ÉDITO. « Bayeux : Pour en finir avec l’obscurantisme », par Jean-Paul Mari.

par Jean-Paul Mari
L’obscurantisme est une religion en soi et toutes les religions ont leurs dogmes. La Force Obscure, celle qui sait exactement ce que pensent les Français – quoi, quand, comment, tout on vous dit ! – a promulgué trois dogmes principaux. Une sorte de prière entêtante ânonnée par les fidèles dans les cafés du commerce médiatique, les rédactions et ceux qui les dirigent à l’économie et dont le métier est de refuser les reportages sur « la misère du monde ». - Dogme N°1 : « Les Français ne s’intéressent plus à l’actualité étrangère ». Soirée au prix Bayeux des Correspondants de Guerre. Un chapiteau de 1300 places –un dixième de la population locale- bondé. Soirée passionnante sur la Syrie, sujet dur et complexe, cinq intervenants, deux heures et demie de débats, la salle qui retient son souffle et pose des questions précises et intelligentes. La passion de l’info. - Dogme N°2 : « Les Français ne lisent plus. » Salon du Livre. Une trentaine d’auteurs, les livres s’arrachent, le public se presse, parle avec les reporters-écrivains. Epuisé en quelques heures un livre sur la Syrie et un autre sur les Migrants, sujet « qui n’intéresse personne », répétait la Force. - Dogme N°3 : « Les jeunes ne lisent pas et ne s’intéressent pas à l’actualité étrangère. » Salauds de jeunes ! Une série de rencontres avec des classes de lycéens avides de savoir, des débats trop courts d’une heure et demie, un Prix du Lycéen, le Salon du Livre envahi par les adolescents qui interpellent les reporters de guerre, prennent des notes, twittent, facebookent et chattent sur les bouquins... Prix de Bayeux, Rencontres Albert Londres à Vichy, Visa pour l’Image à Perpignan, autant de cathédrales lumineuses contre les dogmes obscurs. Surtout ne les écoutez plus. JPM

L’ÉDITO: » MSF bombardé…Paris se tait. », par Luc Mathieu.

par Luc Mathieu
Médecins sans frontières, fondée par des Français en 1971, a reçu le prix Nobel de la paix en 1999. Samedi, son hôpital de Kunduz, une ville du nord de l’Afghanistan, a été bombardé par l’armée américaine. Douze employés et sept patients ont été tués. L’ONU évoque un possible crime de guerre. L’armée américaine livre des récits contradictoires, alternant entre «dommage collatéral» et ciblage «par erreur». Les autorités françaises, elles, restent silencieuses. Ni François Hollande, ni Manuel Valls, ni la classe politique n’ont réagi. Ils n’ont rien condamné, rien demandé. Seul le Quai d’Orsay a publié un communiqué de cinq lignes pour souhaiter que «toute la lumière soit faite sur ce drame». Ce silence est aussi lâche que dangereux. MSF ne travaillait pas en secret à Kunduz, son hôpital aujourd’hui ravagé était connu, de l’armée américaine. Au regard de la Convention de Genève, ses équipes et ses patients, civils ou non, devaient être protégés. Que la France ne le rappelle pas affaiblit encore un peu plus le droit humanitaire international. Face à l’un des pires drames qui l’ait frappée en plus de quarante ans, MSF demande une enquête internationale indépendante. Cela relève du bon sens. Le moins que l’on aurait pu attendre des autorités françaises, mais aussi européennes, eût été qu’elles appuient cette requête. Leur silence masque mal leur embarras. Paris veut-il éviter de froisser son allié américain et oublier l’Afghanistan? Peut-être. Mais la guerre n’est pas finie. En six ans, elle a fait près de 5 000 victimes civiles. A Kunduz, MSF a évacué son hôpital. C’était le seul de la région capable de soigner des grands blessés. L.M

Stop-Djihad

par grands-reporters
VOIR LA VIDEO - Libération (7 octobre 2015) Le ministère de l'Intérieur et le Secrétariat d'Etat à la Famille présentent de nouveaux clips pour déconstruire la propagande jihadiste. Les chaînes de télévision les diffuseront à partir du 7 octobre. Le...
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