L’année où Donald Trump a dynamité l’ordre international mais peine à s’imposer
Qu’attendre de 2026? Trump aura fort affaire avec Epstein, le coût de la vie et les divisions du mouvement MAGA…
Pour la première année, Donald Trump a bouleversé l’ordre international, sur la forme et sur le fond, et esquissé une doctrine à laquelle on ne s’attendait pas. Mais il n’a pas eu les succès dont il se vante, et devra gagner l’an prochain les élections de mi-mandat qui seront âprement disputées.
Reconnaissons-le, depuis son entrée à la Maison Blanche le 20 janvier, Donald Trump a dominé l’actualité de l’année, tant sur la forme que sur le fond. Pas un jour sans une déclaration ou une saillie du président, ou un tweet nocturne qui prendra le reste du monde par surprise au réveil. Une stratégie de l’attention qui a été théorisée.
Mais c’est sur le fond que c’est important : Trump a dynamité l’ordre international issu de la Seconde guerre mondiale, court-circuité le droit qui régit les relations entre États, changé la mondialisation avec ses droits de douane, fragilisé les alliances des États-Unis comme l’OTAN, et les organisations internationales comme l’ONU.
Il prétend avoir résolu huit guerres – mais sur les deux principales dans lesquelles les États-Unis sont impliqués, même sans combattre, l’Ukraine et le conflit israélo-palestinien, il n’a rien résolu du tout. L’une des pires images de l’année restera la séance d’humiliation du président ukrainien Volodymyr Zelensky dans le bureau ovale, en février, avec son antithèse, le tapis rouge pour Vladimir Poutine en Alaska en août. Mais la guerre qu’il jurait pendant la campagne de résoudre en 24 heures, se poursuivra tant que Trump n’aura pas admis que le président russe ne veut pas d’un compromis, mais une victoire totale.
Y a-t-il une « doctrine Trump » ?
Elle prend forme, et ne ressemble pas à ce qu’on imaginait en se basant sur son premier mandat. Deux exemples :
Trump veut éviter les « guerres sans fin » comme les États-Unis en ont menées en Afghanistan ou en Irak ; mais il n’hésite pas à utiliser son armée, au grand dam de l’aile isolationniste de ses partisans. Il l’a fait au Yémen, en Iran, en ce moment même au large du Venezuela, et il y a quelques jours en Syrie contre Daech, après les premiers soldats américains tués de l’ère Trump. L’armée, libérée de toute contrainte légale, est un instrument politique de puissance à la disposition de l’exécutif, y compris à l’intérieur des États-Unis.
Second exemple, la politique énoncée dans le récent document stratégique américain qui remet au goût du jour la « doctrine Monroe » d’il y a deux siècles vis-à-vis de l’Amérique latine : les États-Unis sont hégémoniques dans leur hémisphère. Les pressions contre le Venezuela sont là pour le démontrer.
Qu’attendre de 2026 ?
Le principal enjeu pour Donald Trump l’an prochain est double : à l’international, définir sa position vis-à-vis de la Chine, son seul vrai rival au 21ème siècle, le seul pays qui a montré en 2025 qu’il peut lui résister. Il se rend à Pékin en avril, un voyage déterminant pour la relation sino-américaine mais aussi pour le monde.
Mais le défi sera domestique, avec les élections de mi-mandat en novembre. Donald Trump a enregistré une baisse importante de popularité depuis son élection, et a perdu tous les scrutins locaux récents, à la mairie de New York, mais plus surprenant à celle de Miami. Et les démocrates feront tout pour surfer sur le mécontentement pour prendre leur revanche au Congrès.
Les handicaps de Trump tiennent en trois mots : Epstein, du nom du milliardaire pédophile dont les photos qui viennent de sortir montrent l’étendue de la connivence de l’élite américaine, Trump compris ; deuxième mot : « affordability », le mot anglais qui décrit le coût de la vie toujours inabordable malgré les démentis du président ; et enfin « divisions », celles qui fracturent le camp MAGA (Make America Great Again). Il a dix mois pour rendre Trump « great again », ce n’est pas gagné.
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