9 Européens sur 10 ne considèrent plus les États-Unis comme un « allié »
A l’approche de sa venue -en principe- en France pour le Sommet du G7, une étude dans 15 pays européens montre un effondrement de la confiance dans les États-Unis.
Comment le président américain se comportera-t-il au Sommet sur le continent européen ? Son imprévisibilité est le principal casse-tête.
Voici une étude que Donald Trump ferait bien de lire avant de s’envoler pour participer au Sommet du G7 à Évian lundi et mardi prochains – s’il vient car rien n’est moins sûr. C’est un sondage effectué dans 15 pays européens, dont la France, et qui montre l’effondrement de la confiance des citoyens du continent dans l‘Amérique de Trump.
Selon cette étude, publiée hier par le Conseil européen pour les affaires internationales, un think tank, il n’y a plus qu’un Européen sur dix pour considérer les États-Unis comme un allié fiable. L’opinion majoritaire est que les États-Unis sont un « partenaire nécessaire », et plus un allié.
Une majorité d’Européens doute même que les États-Unis voleraient à leur secours si leur pays était agressé, malgré leurs obligations au sein de l’OTAN. Les Français ne sont que 29% à le penser ; et c’est pire encore dans les pays directement menacés : en Estonie, un pays qui a près de 300 km de frontière commune avec la Russie, ils ne sont que 19% à croire à la solidarité américaine.
Les indicateurs étaient déjà en baisse ces dernières années, mais ils se sont véritablement effondrés depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, il y a bientôt 18 mois. Sans surprise, le président américain a multiplié les gestes de mépris ou d’agressivité en direction des Européens : les droits de douane punitifs ou sa revendication sur le Groenland, possession danoise ; ou encore ce document tout à fait officiel en décembre dernier qui évoquait un « effacement civilisationnel » de l’Europe.
Comme pour illustrer ce sondage, le Secrétaire à la guerre de l’administration Trump, Pete Hegseth, a choqué la semaine dernière en détournant la cérémonie anniversaire du débarquement allié en Normandie pour dénoncer une « nouvelle invasion » de l’Europe, migratoire cette fois. C’était non seulement déplacé lors d’une cérémonie du souvenir d’un moment fondateur de la solidarité transatlantique ; mais c’était aussi chargé idéologiquement, une ingérence dans les débats politiques du continent.
Le corolaire de cette perte de confiance, c’est un soutien en hausse à une défense européenne autonome, même si on a vu cette semaine avec l’abandon de l’avion franco-allemand du futur que ce n’est pas une voie facile.
Ce climat va-t-il peser sur la visite de Donald Trump ? C’est la seule vraie inconnue de ce sommet : quelle sera l’attitude du président le plus imprévisible de la terre ? Sa désinvolture est telle que la Maison Blanche n’avait toujours pas répondu en début de semaine à une invitation française à prolonger de quelques heures son séjour pour participer à une célébration des 250 ans de l’indépendance américaine – un événement auquel la France a contribué de manière significative avec le marquis de La Fayette.
Trump et les G7, c’est une longue histoire. Les Canadiens se souviennent encore de ce communiqué commun accepté par les États-Unis puis rejeté par Donald Trump par un tweet envoyé de son avion. Depuis, on ne fait plus de communiqué ! De même, il risque de ne pas apprécier outre mesure les deux heures prévues mardi matin du G7 avec Volodymyr Zelensky, le président ukrainien que les États-Unis n’aident quasiment plus.
S’il lisait l’étude des opinions européennes, il pourrait s’interroger sur le soft power américain évaporé, et au-delà, sur la valeur des alliances. Mais c’est sans doute trop demander.
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