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L’Iran vu par ABBAS, photographe de la lumière.

Photos publié le 01/05/2018 | par grands-reporters

De 1978 à 1980, Abbas, photographe de l’agence Magum, a photographié la révolution iranienne. Il n’était ensuite retourné en Iran qu’en 1997 après un exil volontaire de dix-sept ans. Son livre, Iran Diary 1971-2002, est une interprétation critique de l’histoire iranienne, photographiée et écrite comme un journal intime.


 

 

 

 

Dans une interview à la BBC l’an dernier, Abbas avait décrit son expérience de la couverture de la révolution iranienne : « je savais que cela serait la seule fois de ma vie que je serai non seulement concerné par un événement, mais aussi impliqué par cet événement, du moins au tout début. ». Se décrivant lui-même comme un « historien du présent », Abbas avait répondu, en farsi, à ceux qui essayaient de l’empêcher de photographier : « c’est pour l’Histoire ».
Pendant ses années d’exil, Abbas a voyagé constamment. Entre 1983 et 1986, il a sillonné le Mexique, s’efforçant de photographier un pays à la manière dont un romancier le décrirait.

L’exposition et le livre, Return to Mexico, journeys beyond the mask qui en résultèrent, définirent son esthétique photographique.
Son intérêt pour la religion était né de la révolution iranienne et il s’était concentré sur la montée de l’islamisme à travers le monde. L’ouvrage Allah O Akbar : a journey through militant Islam, ainsi que l’exposition qui l’accompagnait, couvrant vingt-six pays et
quatre continents, avaient suscité une attention particulière après les attentats du 11 septembre 2001 à New York.

 

A propos de l’aspect prémonitoire de ce travail, Abbas avait commenté sur la BBC : « En couvrant la révolution iranienne pendant deux ans, je me suis aperçu que la vague de passion religieuse provoquée par Khomeini, loin de se limiter aux frontières de l’Iran, allait se répandre sur tout le monde musulman ».

 

« Je ne fais pas seulement des histoires sur ce qui se passe mais plutôt sur ma façon de voir ce qui se passe ».

Selon Abbas, il y a deux approches en photographie : « l’une consiste à écrire avec la lumière, l’autre à dessiner avec elle. A l’école d’Henri Cartier-Bresson, on dessine avec la lumière. Et la quête réside dans l’image unique. Pour moi, cela n’a jamais été le cas. Mes images font toujours partie d’une série, d’un essai photographique. Chaque photo doit se suffire à elle-même mais c’est au sein un ensemble qu’elle prend sa valeur. ».

Bien que sa biographie officielle dise qu’il est « né photographe », Abbas confiait à Magnum l’an dernier que c’était au cours d’un road-trip à travers la Nouvelle-Orléans en 1968 qu’il était devenu un « professionnel ». Il expliquait alors comment à travers la réalisation de son premier essai photographique, il avait appris l’importance du sens du séquençage afin de construire une narration.

« Le photographe sera toujours pour moi celui qui écrit avec la lumière. » Abbas.


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