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Alerte au Pentagone. Quand Netanyahou espionne Donald Trump

publié le 09/06/2026 par grands-reporters

Pour la première fois, le renseignement militaire américain classe Israël au plus haut niveau de menace de contre‑espionnage, sur fond de tensions croissantes entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou

Le Pentagone soupçonne son allié israélien d’avoir poussé très loin sa curiosité sur les coulisses du pouvoir américain. Selon un document interne révélé par la presse, la Defense Intelligence Agency (DIA), service de renseignement militaire du département de la Défense, a reclassé Israël au niveau de menace de contre‑espionnage « critique », le plus élevé de sa grille. Une décision rare, explosive sur le plan politique, qui intervient alors que les relations entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou se dégradent sur fond de guerre régionale avec l’Iran.

Un allié désormais « critique » pour le Pentagone

Le document, d’une poignée de pages, estime que la capacité d’Israël à mener des opérations d’espionnage humain et de collecte technique sur le sol américain a atteint un « niveau critique ». Autrement dit, les services israéliens sont considérés comme particulièrement actifs et efficaces lorsqu’il s’agit de tenter de percer les secrets de leur principal partenaire stratégique. Ce classement place, en matière de contre‑espionnage, l’État hébreu au même niveau que certains rivaux assumés de Washington. Il rompt avec l’idée d’un allié « hors catégorie », intouchable malgré les tensions.

Trump dans le viseur des services israéliens

Cette réévaluation intervient dans un contexte précis : l’enlisement de la guerre au Moyen‑Orient et les débats internes à Washington sur les limites à imposer aux opérations israéliennes au Liban et à Gaza. D’après plusieurs médias, l’objectif prioritaire d’Israël aurait été de percer les délibérations internes de l’administration Trump, en particulier sur le dossier iranien. Des tentatives de mise sur écoute de hauts responsables sont évoquées, parmi lesquels Steve Witkoff, proche du président et négociateur clé, ou encore Elbridge Colby, haut responsable politique du Pentagone. Des responsables du renseignement font aussi état de logiciels espions découverts sur des téléphones de militaires américains en mission.

Les failles américaines

Aux yeux de la DIA, ces incidents s’inscrivent dans un schéma plus large d’activité « agressive » : recrutement de sources, pressions sur des intermédiaires économiques ou politiques, exploitation de failles dans les réseaux et les systèmes de téléphonie utilisés par des délégations américaines. Mais le texte mettrait également en cause les pratiques de certains responsables américains eux‑mêmes, friands de téléphones personnels non sécurisés, de réunions dans des hôtels ou des jets privés, au mépris des protocoles. La vulnérabilité ne tient donc pas seulement à la détermination des services israéliens, mais aussi au relâchement des standards de sécurité de l’entourage présidentiel.

Démentis israéliens, malaise à Washington

Face à ces accusations, Israël oppose des démentis catégoriques. L’ambassade à Washington assure que l’État hébreu « ne mène pas d’opérations de renseignement contre les États‑Unis » et insiste sur le caractère « stratégique » de la coopération bilatérale. Espionner son principal fournisseur d’armes et de soutien diplomatique serait, plaident ses représentants, contraire aux intérêts fondamentaux du pays. Côté américain, la réaction est plus embarrassée : des responsables de la Maison Blanche contestent la précision des articles sans nier clairement l’existence du document ni la qualification de la menace.

Quand la crise Trump–Netanyahou alimente la guerre des services

En arrière‑plan, les révélations sur le contre‑espionnage se mêlent à la détérioration spectaculaire de la relation personnelle entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou. Plusieurs médias ont raconté un échange téléphonique d’une rare violence entre les deux hommes, au sujet de l’incursion de l’armée israélienne au Liban. Trump y aurait traité le Premier ministre israélien de « complètement fou », lui reprochant de faire détester Israël par son escalade, tout en lui rappelant qu’il lui avait « sauvé la mise » face à ses ennuis judiciaires. Pour Netanyahou, ces prises de distance publiques sonnent comme un avertissement ; pour les services israéliens, elles nourrissent la tentation de vouloir vérifier, par tous les moyens, ce qui se décide réellement dans le huis clos de la Maison Blanche.

Espionner son allié, un secret de Polichinelle

Au‑delà du cas israélien, l’affaire rappelle un secret de Polichinelle : les États, y compris alliés, s’espionnent entre eux. La coopération ne supprime ni les divergences d’intérêts ni l’obsession de vérifier par soi‑même les intentions de l’autre. Les États‑Unis ont eux‑mêmes été pris à espionner des dirigeants européens. Ce qui change ici, c’est que la méfiance est désormais assumée, noir sur blanc, par le Pentagone à l’égard d’un partenaire présenté comme indéfectible. Washington et Tel‑Aviv devront pourtant continuer à travailler ensemble. Ils le feront en resserrant les dispositifs de sécurité, en recadrant leurs services… et, sans doute, en se surveillant plus que jamais.


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