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Apocalypse Now : le troisième mandat de Trump

publié le 27/01/2026 par Jean-Paul Mari

Et si l’interdit constitutionnel sautait ? Entre paris financiers, scénarios de coup de force et simulations par IA, l’hypothèse d’un Trump en 2028 cesse d’être une fiction

Frisson. Et si Donald Trump restait président des États-Unis en 2028 ? Une impossibilité selon le texte clair du vingt-deuxième amendement : « Nul ne peut être élu à la présidence plus de deux fois. » Les marchés de paris estiment à environ une chance sur 25 la probabilité d’un effondrement constitutionnel en Amérique. N’importe qui peut miser trois ou quatre centimes sur Polymarket qui promet un gain d’un dollar si Donald Trump remporte un troisième mandat lors des élections de 2028.

Dmitri Mehlhorn, ancien capital-risqueur devenu stratège politique démocrate « anti-Trump », estime, lui, que le risque d’un cataclysme politique est environ… vingt fois plus élevé et que les Américains doivent s’y préparer dès maintenant. Il a créé un jeu de simulation politique avec des « maîtres du jeu », piloté par l’IA – voir l’article fouillé de Michael Scherer dans The Atlantic – pour tester comment réagir si Trump tentait de se maintenir au pouvoir au mépris de la Constitution : « On a un homme qui enfreint la loi, et cet homme, c’est le dictateur. »

Qui cède, l’homme ou la loi ? Voilà la question », interroge Mehlhorn. Trump le veut-il ? Il a commencé à vendre des casquettes « Trump 2028 » trois mois après son entrée en fonction. Huit mois plus tard, il a réuni les hauts responsables militaires pour se concentrer sur la « guerre de l’intérieur ». « À bien y réfléchir, on ne devrait même pas avoir d’élections », a déclaré Trump à Reuters la semaine dernière au sujet des élections de mi-mandat de 2026. S’il ne le veut pas, il y pense tous les matins en se rasant…

Mehlhorn a établi trois scénarios possibles.

1/ Le scénario « Dershowitz ». Trump est réélu par le Congrès, sans consultation directe.
Du nom d’Alan Dershowitz, avocat et professeur de droit américain (Harvard), figure médiatique très connue aux États-Unis. L’ex avocat-conseil pour Donald Trump lui aurait remis un projet de livre expliquant des « pistes » pour contourner le 22e amendement.

En clair : Trump se présente quand même en 2028. Il « gagne » politiquement, ou arrive en position de gagner, mais ses grands électeurs républicains refusent volontairement de voter pour lui au Collège électoral. Résultat : personne n’obtient la majorité requise au Collège électoral. La décision est alors renvoyée au Congrès (procédure de secours). Le Congrès « sélectionne » Trump président, au lieu que Trump soit « élu » normalement.


2/ Le scénario « Mehlhorn ». Coup de force politique et verrouillage du dépouillement.
Le plus pessimiste. Trump annonce tard sa candidature, le Parti républicain le suit et le désigne. La Cour suprême, soit se divise, soit tranche contre lui mais sans effet réel. Pendant le comptage des voix, Trump et les forces fédérales crient à la fraude dans les grandes villes. En janvier 2029, le vice-président J. D. Vance utilise son rôle institutionnel pour « donner » l’élection à Trump. En cas de résistance, une foule pro-Trump, renforcée par des gens déjà graciés du 6 janvier, sert de force d’intimidation et de pression.


3/ Dans la simulation I.A  Trump perd.
Dans le scénario des « maîtres du jeu », contrôlé par l’IA, le monde des affaires a racheté des médias nationaux dans l’espoir d’accroître son influence sur l’administration. Les défenseurs de la Constitution ont commencé à recruter des généraux à la retraite. un shérif de l’Oregon a commencé à organiser les forces de l’ordre locales pour s’opposer au renforcement du pouvoir fédéral par le président.

La situation se dégrade rapidement.

Dans les États démocrates, la Garde nationale a commencé à faire défection. Inquiète de l’instabilité économique, la communauté des affaires tente de transférer ses capitaux à l’étranger. L’équipe du président lance ensuite une cyberattaque sous faux drapeau contre les infrastructures électriques et en impute la responsabilité à la Corée du Nord.

Lors des tours suivants, les États démocrates ont lancé un boycott fiscal, œuvré pour rallier l’armée et fait du shérif de l’Oregon un champion de la liberté. Le rôle de Trump dans une attaque sous faux drapeau nord-coréenne est révélé… Il fuit en avion militaire vers la Hongrie.

Conclusion de l’IA : « La République a tenu. De justesse. » Le pays, lui, sort en mauvais état : récession, institutions fragilisées. Trump y perd, mais le pays est durablement abîmé. Fiction ? Sans doute. Mais qu’aurait-on dit si, il y a quelque temps, une IA avait affirmé que Trump allait annoncer vouloir s’emparer du Groenland par la force et faire exploser l’OTAN?


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