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Bashar Al Belbeisi, blessé par la guerre, sauvé par la danse

publié le 27/06/2026 par Jean Claude Djian

Blessé à Gaza et évacué in extrémis en France, le danseur palestinien remonte sur scène à Bobigny, au terme d’un long combat pour sauver sa jambe et retrouver son corps

« J’ai l’impression de voler « 

Sur la scène de la MC93 de Bobigny, Bashar Al Belbeisi redécouvre le plateau après des mois d’hospitalisation. Dans Chez Samy, création de Claire Lasne Darcueil, il rejoint une troupe où se mêlent amateurs et professionnels, dans une chorégraphie signée Feroz Sahoulamide. Pour le jeune Palestinien de Gaza, ce retour n’a rien d’anecdotique : il marque la reprise d’une passion fondatrice, la danse, le dabké, devenu pour lui un outil de résistance et de transmission. « J’ai l’impression de voler quand je danse le dabké, je me sens libre, sans restriction ni barrières. »

La blessure qui interrompt une trajectoire

Le 30 juin 2025, Bashar est grièvement blessé lors d’un bombardement israélien à Gaza. La jambe est gravement atteinte et il manque de la perdre. Avant cela, il avait déjà montré son art en France et notamment au Théâtre national de la danse à Chaillot. La blessure interrompt brutalement une trajectoire déjà engagée entre Gaza et la scène internationale.

Une mobilisation pour son évacuation

Son évacuation vers la France est le fruit d’une mobilisation portée notamment par la médecin rennaise Catherine Le Scolan-Quéré, qui l’avait rencontré à Gaza lors d’une mission humanitaire. Arrivé dans la nuit du 31 juillet 2025, Bashar est ensuite pris en charge au CHU de Rennes : « cette évacuation représentait ma seule opportunité de sauver ma jambe. »

Présente cette nuit-là, Catherine Le Scolan raconte : « Quand il est arrivé à deux heures du matin, la police entourait l’ambulance comme si c’était un terroriste. Lorsque l’ambulance s’est garée à l’hôpital, la porte s’est ouverte. Nous nous sommes pris dans les bras. Il m’a simplement dit “Finally” (On se retrouve).

Un espace de vie

Aujourd’hui, aux côtés de Bashar à Rennes se trouvent son père et son frère. Sa mère, ses deux sœurs et son frère aîné restent à Gaza, dans une famille fracturée par la guerre. Bashar dit qu’il se sentira véritablement libre lorsque sa famille sera réunie en France et qu’il pourra danser pleinement à nouveau. Cette liberté passe aussi par les démarches auprès de l’OFPRA qui avancent lentement. En attendant, il s’accroche à la scène, et la proposition de résidence au Palais de Chaillot lui ouvre l’horizon, là où la danse redevient un espace de vie.


Le dabké est une danse folklorique en ligne où les danseurs se tiennent les mains et frappent le sol fortement, particulièrement répandue au Levant (Palestine, Liban, Syrie, Jordanie).


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