Jean-Paul Mari présente :
Le site d'un amoureuxdu grand-reportage

FIGRA: Le Palmarès complet

publié le 02/04/2026 par Jean-Paul Mari

Chronique du FIGRA, Festival International du Grand Reportage d’Actualité.

PRIX AÏNA ROGER ESJ Lille-FiGRA

Décerné par un jury composé d’étudiants de l’École Supérieure de Journalisme de Lille,
à une 1ère ou 2nd œuvre de la sélection officielle du FiGRA 2026


LES OMBRES DU GROENLAND
De SARAH ANDERSEN


Prod.: BABEL DOC / Co – Prod.: FRANCE 24


MENTION SPÉCIALE DU JURY COUP DE POUCE

Un projet de VINCENT TEJERO et EDOUARD LENORMAND

LA CROISIÈRE NOIRE, HISTOIRE D’UN MYTHE COLONIAL


PRIX COUP DE POUCE


présidé par MYRTO GRECOS, journaliste et productrice Découpages

parrainé par la CCAS et France 24

Un projet de CLÉMENCE FACCHINETTI et ALINE DESCHAMPS

LES REVENANTES : LA VIE EN SIERRA LEONE APRÈS L’ESCLAVAGE


AUTREMENT VU

Jury présidé par SOFIA FISCHER, réalisatrice, Lauréate du Prix des activités sociales de l’énergie

et composé de membres bénéficiaires de la CCAS

PRIX DES ACTIVITÉS SOCIALES DE L’ÉNERGIE AUTREMENT VU

IL SUFFIT D’ÉCOUTER LES FEMMES

De SONIA GONZALEZ

Prod.: INA / Co – Prod.: FRANCE TELEVISIONS


PRIX DU PUBLIC AUTREMENT VU

LES 2 GISÈLE

De JULIETTE GUERIN

Prod.: BO TRAVAIL / Co – Prod.: ARTE G.E.I.E.


MENTION SPÉCIALE TERRE(S) D’HISTOIRE

L’ALBUM SS RETROUVÉ

De BARBARA NECEK, SUSANN REICH, JOBST KNIGGE

Prod.: ZED / Co – Prod.: SPIEGEL TV


SÉLECTION OFFICIELLE

TERRE(S) D’HISTOIRE

Jury présidé par ANNE GEORGET, journaliste et réalisatrice, Présidente du Fipadoc

PRIX TERRE(S) D’HISTOIRE INA-FiGRA

CATHERINE LEROY, UNE FRANÇAISE DANS LA GUERRE DU VIETNAM

De MARIE-CHRISTINE GAMBART

Prod.: MORGANE PRODUCTION


MENTION SPÉCIALE DU JURY moins 40 min

parrainé par RSF – Reporters Sans Frontières

GAZA L’ARME DE LA FAIM

De FANNY MOREL et JÉRÉMIE PAIRE

Prod.: BFMTV


SÉLECTION OFFICIELLE

COMPÉTITION INTERNATIONALE moins de 40 minutes

Jury présidé par LAURENT RICHARD, producteur, journaliste et réalisateur, fondateur de Forbidden Stories

GRAND PRIX DU FiGRA moins 40 min

HISTOIRE DE VIE

De FLORENCE HELLEUX

Prod.: AUXYMA PRODUCTION


PRIX DU PUBLIC +40 min

INSIDE GAZA

De HÉLÈNE LAM TRONG

Prod.: FACTSTORY / Co- Prod : FACTSORY BELGIQUE, PROD A LA DEMANDE, ARTE FRANCE, RTBF-UNITE DOCUMENTAIRE


PRIX DU JURY JEUNES

parrainé par la Région Hauts-de-France

attribué par un jury composé de 8 lycéens et apprentis de la Région Hauts-de-France

AFRIQUE-FRANCE : LE DIVORCE ?

De ALEXANDRA JOUSSET et KSENIA BOLCHAKOVA

Prod.: CAPA PRESSE


MENTION SPÉCIALE DU JURY +40 min

LES FANTÔMES DE L’UKRAINE

De ANNE POIRET

Prod.: AFTER WAR / Co- Prod : SQUAWK PRODUCTION


PRIX POUR LES DROITS HUMAINS +40 min

parrainé par Docs Up Fund

POLITZEK, LES VOIX QUI DÉFIENT LE KREMLIN

De MANON LOIZEAU et EKATERINA MAMONTOVA

Prod.: BABEL DOC / Co- Prod : CLIN D’OEIL FILMS


PRIX ARNAUD HAMELIN SATEV-FiGRA

POLITZEK, LES VOIX QUI DÉFIENT LE KREMLIN

De MANON LOIZEAU et EKATERINA MAMONTOVA

Prod.: BABEL DOC / Co- Prod : CLIN D’OEIL FILMS


PRIX SCAM DE L’INVESTIGATION +40 min

JULIAN ASSANGE : L’HOMME À FAIRE TAIRE

De ÉTIENNE HUVER

Prod.: SLUGNEWS


PRIX SPÉCIAL DU JURY +40 min

parrainé par la Région Hauts-de-France

FRAGMENTS DE GUERRE

De SOLÈNE CHALVON-FIORITI

Prod.: ELEPHANT ADVENTURES / Co- Prod : CHRYSALIDE


SÉLECTION OFFICIELLE

COMPÉTITION INTERNATIONALE plus de 40 minutes

Jury présidé par VICTOR CASTANET, journaliste indépendant

GRAND PRIX DU FiGRA +40 min

INSIDE GAZA

De HÉLÈNE LAM TRONG

Prod.: FACTSTORY / Co- Prod : FACTSORY BELGIQUE, PROD A LA DEMANDE, ARTE FRANCE, RTBF-UNITE DOCUMENTAIRE



Billet

Ce sont des illuminés ! Pour ne pas dire des attardés. Laissez-moi vous parler de… comment dire ? D’une secte, oui, un groupe de croyants fanatiques qui se sentent investis d’une mission universelle. Leur dogme, leur acte de foi, leur croisade ? Parler du réel. Sous toutes ses formes. Le pourchasser, le capturer, l’exposer. Une étrange secte sans gourou. Étonnant, non ? Mais qui se réunit une fois par an, pas à Cannes ou Biarritz, non, à Douai, dans le Nooord. Ils n’ont même pas l’excuse de vouloir le soleil, à la différence des congrès médicaux à Chamonix ou Tahiti.

Ils ne savent pas grand-chose d’ailleurs. Ils ne connaissent pas l’I.A ! À qui il suffit pourtant de demander : «Gentille I.A, fabrique-moi une interview télévisée de Donald Trump sur un manuel de l’immobilier appliqué à la politique mondiale. » Et hop ! Voici le résultat. Un scoop. Amazing guy.

Reste que les membres de cette secte moyenâgeuse font des choses inouïes. Par exemple des films — pas des pubs ni des séries glamour — mais des objets qu’ils appellent « documentaires ». Une acception absurde pour une activité, disons-le, masochiste. Explication.

Cela commence par une idée — feraient mieux de demander à ChatGPT. Ensuite, il faut la mettre sur papier, la proposer à un producteur, sorte de conseiller spirituel chargé de mettre en forme l’objet du désir et de le présenter à un grand prêtre des chaînes de télévision. Ah ! Là, on touche au pouvoir divin. Si le grand maître bénit l’enfant à venir, commence alors une épopée. Constitution d’une mini-caravane : reporter, preneur d’images, parfois de son, chargée de matériel, missionnaires en quête de visas ou d’autres documents.

Puis ils s’en vont en chantant les louanges du Seigneur sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle qui courent de la banlieue parisienne à l’Ouzbékistan en passant par Washington et l’Iran. Parfois, il y a la guerre. Certains en reviennent blessés, un peu fous, ou n’en reviennent pas.

À leur retour, les rescapés s’enferment dans des lieux obscurs pour s’adonner à une pratique magique dénommée le « montage », en attendant que le Grand Maître appose son blanc-seing sur la divulgation de leurs divagations. Au final, lors de la grande messe de Douai, connue sous le nom de FIGRA, ils projettent leurs œuvres, vont voir celles des autres, boivent, se rencontrent, s’embrassent, reboivent, se disputent, en discutant de… quoi ? Ah ! Vous n’avez pas suivi…d’images et de réel, bien sûr.

Les uns déplorant qu’à l’heure des fake news et de l’I.A, le combat est perdu ; les autres proclamant que si un film allume une petite bougie dans la tête d’un seul spectateur, la mission est accomplie. À la fin du grand rassemblement pascal, certains seront les grands élus et recevront en grande pompe une médaille en chocolat doré. Mais eux ne pensent qu’à une chose : repartir. À la recherche de sujets et d’images – des obsédés ! – du réel.

Des attardés, on ne sait pas. Mais des illuminés, le doute n’est plus permis.

Jean-Paul Mari


Making-of : les enfants ne savent pas…

Sur scène, le réalisateur, Antoine Védeilhé, et son compère indien, Abhijeet Pandey.`
Il vient de projeter son film : « Les cheveux de mon père ». Une jeune fille de 17 ans, Kinjal, une « intouchable », a été violée par un fils de propriétaire terrien, issu d’une caste supérieure. Le père jure de ne plus couper les cheveux avant d’obtenir justice.
Le viol, sujet dur. En Inde, il s’en produit 88 par jour. En 2024, à Calcutta, une jeune médecin a été violée et tuée au sein même de l’hôpital. Dans les années 80, Phoolan Devi, la « reine des bandits », victime d’un viol collectif, a pris les armes pour se venger. En un demi-siècle, rien n’a changé. D’ailleurs, malgré les preuves, la justice déclarera le violeur innocent.
Le tournage a nécessité 9 voyages et duré 7 mois. Antoine Védeilhé vit en Inde depuis 6 ans.

Dans la salle, une cinquantaine de jeunes. De très jeunes, CM2 de Douai, une dizaines d’années, et un peu plus âgés, lycée professionnel de Lille.
Postulat : le documentaire n’intéresse pas les jeunes. Et le viol, c’est trop dur à entendre. Corollaire : on s’attend aux bâillements d’ennui ou au désordre.
Erreur.

Les mains se lèvent et les questions fusent.
« D’où vous est venue l’idée ? Comment avez-vous pris contact avec la famille ? Vous avez rencontré le violeur ? »
Technique : « Combien de voyages ? Combien a coûté le film ? »
Diffusion : « Le film est-il diffusé en Inde ? Elle a perdu. L’histoire est finie ? »
Et la plus difficile : « À quoi sert votre film ? »

Les castes, la justice, la corruption, les propriétaires terriens, l’argent… tout y passe. On finira par parler peine de mort et politique. Oui, le gouvernement du BJP de Modi ne fait rien pour que cela change. Gouvernement de castes.

Une heure de débat. Sans TikTok, sans YouTube, sans Snapchat. Et les jeunes sont toujours là. Passionnés. De quoi allumer quelques bougies dans les têtes. Combien de fois faudra-t-il faire la preuve que nos enfants seront meilleurs que nous… À condition de les prendre au sérieux.


Critique

Sonia, le calvaire d’une héroïne

« Police ! Les mains contre le mur ! »
Ce jour-là, une équipe d’intervention musclée cueille Sonia sur le palier de son appartement. « Mais qu’est-ce qui se passe ? » — « Ferme-la, t’es en garde à vue ! ». On veut défoncer sa porte : « Pas la peine, les clés sont dans ma poche ».Intrusion. « Police ! Bougez pas ! ».
À l’intérieur : son compagnon, son fils, sa fille, terrorisés. Garde à vue : isolement, couchette, toilettes sommaires. Quel crime a-t-elle commis ?

Sonia, au risque de sa vie, a dénoncé Abdelhamid Abaaoud, le cerveau des attentats du 13 novembre 2015 : Stade de France, Bataclan, terrasses de cafés, 130 morts et des centaines de blessés. Lui et un complice prévoyaient de se faire sauter au milieu de La Défense, sur le parvis.
Hasna, la jeune fille paumée, entre drogue et islamisme, qu’elle héberge et dont elle prend soin, est aussi la cousine d’Abaaoud, qui lui a demandé de lui trouver un appartement refuge.

Sonia n’hésite pas, va rencontrer le terroriste et son complice cachés… dans un buisson sous une bretelle d’autoroute à Aubervilliers. « Ce n’est pas fini. Noël, La Défense. Boum ! ».
Elle comprend le danger et l’urgence et, dans le chaos de l’après-13 novembre, appelle la police plusieurs fois pour donner l’adresse de la planque à Saint-Denis.


Grâce à elle, les forces spéciales interviennent, cernent l’immeuble et tirent 1 500 cartouches pour fixer les terroristes. À la fenêtre, Hasna hurle : « Laissez-moi sortir ! ». Trop tard. Un terroriste déclenche sa ceinture d’explosifs, l’immeuble s’effondre en partie. Trois morts, dont Hasna. Fin tragique, qui aurait été bien pire si les islamistes s’étaient fait sauter dans la foule de La Défense.

De suspecte en garde à vue, Sonia devient témoin, puis héroïne. À protéger. Ouf ? Non. Elle, son compagnon, son fils, sa fille, sont placés dans une maison isolée. La nuit, Sonia a peur. Le matin, dans sa salle de bains, elle voit le visage de Hasna et d’Abaaoud qui la fixent dans le miroir.

Désormais, sa vie d’avant n’existe plus. Nouvelle identité, nouveau lieu, nouvelle maison, nouveau téléphone… elle est déclarée « morte ». Son visage, son nom, sa voix : plus rien ne doit apparaître. Nulle part. Un cauchemar administratif pour les démarches du quotidien.

Cinq ans plus tard, au procès, elle tient à témoigner — visage caché, voix déformée — par compassion pour les familles des victimes. Non, son islam à elle n’est pas celui des accusés qui parlent de paix et d’amour mais se font déchiqueter au milieu des civils innocents, chrétiens ou musulmans. Sa dignité et son courage impressionnent.

Aujourd’hui, Sonia continue à mener une existence post-mortem, sans amis, sans proches, sans voisins, et sans les maraudes de la Croix-Rouge auxquelles elle tenait tant. Sans passé.
« Témoin protégé » ? La justice ne sait pas faire. Les repentis, oui ; les témoins, non.
On ne lui remettra pas la Légion d’honneur. Son nom ne doit pas être rendu public.
D’ailleurs, elle est morte. Non, l’État ne sait pas faire. Il a montré ses limites. Une forme d’incompétence et d’impuissance face à une situation jamais envisagée.

Sonia, elle, vit un calvaire. Les héros, quand le rideau tombe, ont souvent des vies banales et tristes. Des regrets ? Il y aurait de quoi. Le silence lui aurait assuré de conserver sa vie d’avant. Petite lâcheté, mais grand confort. Sauf que…


Sans elle, il y aurait eu d’autres morts, d’autres blessés, tant d’autres vies amputées. Combien de vies a-t-elle sauvées ? Sans doute assez pour que nous lui soyons tous redevables. À vie. Alors, toute douleur assumée, Sonia répète encore aujourd’hui : « Si c’était à refaire, je le referais. »Sonia, française et musulmane, femme forte et tranquille, est une grande dame.

13 novembre, le choix de Sonia- David André


Le débat : « C’est quoi l’info ? »

Bonne question. Hervé Brusini, président de l’Association Albert Londres, a répondu en refaisant l’histoire – de l’Antiquité à nos jours – de l’information et de la perception des faits et des opinions.

Impartialité, vérité, honnêteté, neutralité, responsabilité… les mots ne manquent pas, peut-être parce qu’ils tournent autour d’une définition difficile à cerner.
Il avait eu aussi la bonne idée de faire intervenir, en direct, depuis Beyrouth, Caroline Hayek, journaliste libanaise à L’Orient-Le Jour et Prix Albert Londres.
Et là, c’est Beyrouth qui a fait irruption dans l’amphithéâtre du FIGRA.

Que disait la journaliste depuis Beyrouth ?
Après un mois sous haute tension, la rédaction est épuisée : « Nous sommes tous à bout ».
Les récits et les opinions s’entrechoquent en ce moment charnière du métier et du Liban.
Après trois semaines très intenses, la capitale est moins touchée. « Alors, on accuse le coup en se posant toutes sortes de questions sur notre métier ».
Comment raconter une guerre qu’on a déjà vécue auparavant ? Le même million de déplacés chiites, leur accueil, les tensions entre communautés libanaises et le spectre historique d’une nouvelle guerre civile. Les Libanais n’arrivent plus à se parler. Comment reconstruire un pays ?

Comment gérer l’immédiateté de l’information ? Où prendre le temps du recul nécessaire pour décrypter l’information ? Par ironie ou par désespoir, les journalistes de la rédaction Web en sont venus à organiser des paris sur la fin de la guerre ou la nuit à venir.
Comment vivre comme reporter de guerre dans son propre pays ? Essayer de dormir chez soi avec le bourdonnement permanent des drones israéliens qui volent jour et nuit au-dessus de votre toit ?

Et les obstacles. Pour accéder au Sud du pays envahi par l’armée israélienne. Mais aussi empêchés, entravés, surveillés par le Hezbollah, qui exige un permis pour tout : circuler, photographier, filmer. Le Hezbollah qui organise de véritables « tours » médiatiques, avec mise en scène et témoins « inopinés », au récit conforme au parti de Dieu.

Caroline parle, sa voix s’étouffe parfois, mais le propos est clair. Que veut dire « impartial » quand on est coincé entre la presse arabe et la propagande d’Israël, les réseaux sociaux et les rumeurs les plus folles ? Être impartial, c’est sans doute accepter de se faire attaquer de toutes parts.

Brutalement, le débat sur « C’est quoi l’info ? » a pris sa véritable dimension. Venue de Beyrouth en guerre, la voix de Caroline a apporté, comme une claque brûlante de la guerre, ce que seuls les reporters peuvent dire : la vérité du terrain.

Jury « Coup de pouce »: une trouvaille!

Il faut être vigilant en assistant à la présentation des candidats au « Coup de pouce » Figra.
Les candidats n’ont parfois rien réalisé. Mais ils ont un projet. Et, parmi eux, se trouvent peut-être les grands réalisateurs de demain. Ils n’ont besoin que d’un coup de pouce, qu’un producteur les remarque, les accueille et les aide à monter un dossier pour affronter la machine implacable des diffuseurs.
Ils sont cinq à avoir été sélectionnés. Et là, debout sur l’estrade, la lumière d’un projecteur dans les yeux, aveuglés et la boule à l’estomac, ils doivent le défendre face au jury et à ses questions : « comment allez-vous tourner ? Quelle longueur ? Quelle mécanique narrative ? La place des archives ? », etc.

Première sur le grill, Emeline Sauvage, « Ukraine : neuf mois contre un avenir ». Elle a déjà tourné « Tajikistan, l’Islam sous surveillance », avec un vétéran chevronné de la caméra, Frédéric Tonnolli, film déjà en compétition dans les moins de 40’. Du talent donc. Là, elle rêve d’aller en Ukraine en guerre pour rencontrer les femmes qui se tournent vers la GPA (gestation pour autrui). Le Tajikistan est dirigé par un dictateur, l’Ukraine est en guerre : « ces sujets-là m’attirent ». Future reportère de guerre ?

« La Croisière noire, histoire d’un mythe colonial » (Vincent Tejero et Édouard Lenorman). Les deux réalisateurs sont passionnés d’histoire et d’archives. Ou comment déconstruire un film commandé par la famille Citroën. On n’échappe pas à la tendance décoloniale, mais le film promet d’être sérieux.

« Les revenantes », la vie en Sierra Leone après l’esclavage (Clémence Fachinetti et Aline Deschamps). Au Koweït ou au Liban, le sort des femmes – et des hommes – qui partent travailler là-bas et se font exploiter ,est connu. Pour les femmes, il y a, en plus, le mépris qui attend celles abusées. Et leur résistance.

« Algérie, histoire d’un héritage en suspens » (Mathilde Jauvin). Que fait-on quand on découvre que sa famille d’ex-colons est encore propriétaire d’une centaine d’appartements à Alger ? On prend sa caméra et on part en Algérie pour fouiller, entre archives familiales et fils de témoins.

Beaux projets. Tous, bien menés, peuvent donner un vrai documentaire.

Reste « Cuisine » (Élise Abetor). Une voix douce, allure timide mais une présence lumineuse. Quoi ? Cuisine… au Figra ? Attendez un instant. Élise est éducatrice spécialisée, suit des ados « à problèmes », en clair, durs et promis à la désintégration. Achille, Antony et Izzar sont suivis par la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse). Encore un film dur sur l’adolescence qui part en vrille ? Erreur.

Il a suffi d’un concours national de cuisine pour que les ados perdus se transforment en cuisiniers passionnés. « Ces jeunes m’ont bousculée », dit Élise. Loin des sentiers battus, son projet est une trouvaille humaine. Et, toujours de sa voix douce, Élise a remué le public en profondeur. Et le jury ?

A suivre


Programme complet:

La 33ème édition du FiGRA, jusqu’au samedi 4 avril 2026


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