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Désarmement du Hamas: Trump impose, Netanyahou subit

publié le 01/08/2026 par Marc Lefevre

Washington annonce un accord de désarmement du Hamas. Netanyahou, hors-jeu, se retrouve spectateur d’un scénario politique qu’il entendait dicter

Trump, la guerre et les sondages

Mais si Donald Trump multiplie les signes révélateurs de sa frustration sur la durée de la guerre contre l’Iran, ses répercussions économiques et les incertitudes sur les sorties possibles du conflit, il sait aussi lire les sondages. Il voit qu’une majorité de l’opinion publique américaine est hostile à Benjamin Netanyahou et le perçoit comme responsable, en grande partie, de la situation inextricable dans laquelle les États-Unis sont engagés.

C’est dans ce contexte que les déclarations préliminaires du cabinet Netanyahou se sont révélées contre-productives. En annonçant être porteur d’informations uniques et décisives sur une possible relance du programme nucléaire iranien, le Premier ministre israélien se faisait fort de convaincre son allié américain de relancer des attaques aériennes de grande ampleur sur une variété d’objectifs stratégiques.

Une visite à la Maison-Blanche au minimum protocolaire

Irrité par ces pressions indirectes, Donald Trump s’est donc empressé de faire savoir à son « ami Bibi », avant même leur rencontre, que les États-Unis n’avaient besoin ni d’informations ni de conseils, et décidaient seuls de la conduite des opérations.

C’est dans ce contexte que les observateurs ont remarqué que la visite à la Maison-Blanche a été réduite au minimum protocolaire : pas de tapis rouge à l’arrivée à l’aéroport, entrée au Bureau ovale par la petite porte, entretien réduit à une durée minimum de 30 minutes, sans photo ni déclaration finale.

Si les déclarations respectives des deux parties, en sortie de l’entretien, se sont voulues rassurantes, elles se révélaient néanmoins en grande partie contradictoires.

Netanyahou marginalisé sur l’Iran

En s’empressant de qualifier cette réunion comme la meilleure qu’il ait jamais eue avec son allié américain, Benjamin Netanyahou s’est focalisé sur l’Iran. En admettant publiquement que Donald Trump était le seul décideur, il a dû reconnaître, à la grande frustration de ses responsables militaires, qu’il n’avait pas son mot à dire sur l’ampleur et la nature des opérations à venir contre l’Iran.

Gaza, le dossier qui embarrasse Netanyahou

Mais c’est l’annonce de la Maison-Blanche, selon laquelle l’avenir de la bande de Gaza avait été au cœur des échanges dans le Bureau ovale, qui a mis Netanyahou dans l’embarras. Donald Trump avait fait savoir qu’il accepterait de recevoir Benjamin Netanyahou à la Maison-Blanche si celui-ci montrait des signes d’assouplissement de la position israélienne sur la bande de Gaza.

Benjamin Netanyahou avait accédé à cette demande en faisant accepter par son gouvernement qu’un désarmement complet du Hamas ne soit plus une condition préalable à l’entrée dans la bande de Gaza des premiers éléments de la force militaire d’interposition du Conseil de la paix, mis en place par Donald Trump en 2025.

Mais ces concessions mineures ont été bousculées par les annonces simultanées du Conseil de la paix et de Donald Trump sur un accord de désarmement avec le Hamas.

Le Hamas sous pression

Depuis plusieurs mois, le Hamas traînait les négociations sur la démilitarisation de la bande de Gaza et sur le transfert du pouvoir au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Mais les pressions extérieures de la Turquie, de l’Égypte et du Qatar ainsi que l’aggravation de sa crise financière et son impopularité croissante conduiront finalement le Hamas à accepter cet accord.

L’annonce de ces concessions du Hamas est arrivée immédiatement après l’élection, le 20 juillet, de Khalil al-Hayya à la tête du mouvement. Longtemps numéro deux du Hamas dans la bande de Gaza, avant de devenir l’un des principaux responsables politiques en exil au Qatar, il a toujours joué un rôle central dans les relations extérieures du mouvement. Mais alors que le Hamas traverse une crise grave, sa nomination ne peut être interprétée comme un signe de modération. Elle représente plutôt le souhait d’avoir à sa tête un homme d’expérience capable de préserver les intérêts du Hamas et son pouvoir d’influence, à l’horizon des élections palestiniennes à venir.

Un désarmement sous haute surveillance

Telles qu’annoncées dans le détail, les principales dispositions de l’accord portent sur un processus de désarmement et de prise de contrôle progressif de la gestion de la bande de Gaza par l’autorité du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), qui se développerait sur une période de 6 à 8 mois.

À ce jour, les questions essentielles restent en suspens, en particulier les conditions de vérification du respect des accords par les diverses parties, le contrôle du stockage des armes lourdes, et le lien entre le désarmement et la mise en place d’un nouveau pouvoir politique à Gaza.

Trump triomphaliste, Netanyahou impuissant

Fidèle à ses habitudes, l’administration Trump a fait des annonces triomphalistes en partie démenties par le Hamas. Mais l’amorce d’une possible dynamique de déblocage de la situation politique et humanitaire à Gaza laisse le gouvernement Netanyahou désarmé et impuissant, alors que, du point de vue sécuritaire, la situation sur le terrain semble stabilisée.

Benjamin Netanyahou était venu à Washington pour influencer les décisions de Donald Trump. Il en revient en concédant que seul Trump décide pour l’Iran, et que, sur Gaza, une possible dynamique se met en place sur laquelle son gouvernement a un contrôle limité.

Face à la hâte américaine d’afficher des résultats visibles et à une volonté des États de la région de sortir du statu quo, la stratégie de Netanyahou de dicter ses choix et d’imposer ses conditions par la seule force militaire sans proposition de sortie politique fait la démonstration de son impuissance.


Encadré

Les principales dispositions de l’accord (*)


Désarmement complet

Toutes les armes, lourdes comme légères, devront être éliminées au cours d’un processus de six à huit mois.
Le Hamas devra remettre :

  • les plans de son réseau de tunnels ;
  • les emplacements de ses ateliers de fabrication d’armes ;
  • les localisations de ses dépôts d’armes.

Mise en œuvre progressive

Le gouvernement technocratique ne prendra progressivement le contrôle des différentes zones de Gaza qu’après vérification de leur démilitarisation complète.


Nouvelle police palestinienne

Une nouvelle force de police palestinienne sera créée.
Elle sera composée de plusieurs milliers de Palestiniens ayant fait l’objet d’un contrôle de sécurité par le Shin Bet.
Elle sera déployée dans les zones transférées au NCAG.


Stockage des armes

Les armes seront placées sous le contrôle conjoint du NCAG et de la force internationale de stabilisation, dont le déploiement devrait commencer prochainement.
Les milices armées par Israël dans la bande de Gaza devront elles aussi remettre leurs armes et être dissoutes.


Amnistie et rachat des armes

Les combattants acceptant de remettre volontairement leur arme personnelle pourront recevoir une compensation financière dans le cadre d’un programme de rachat des armes.
Les membres du Hamas bénéficieront d’une amnistie et seront autorisés à demeurer dans la bande de Gaza.


Retrait israélien

Selon le projet d’accord, Israël se retirera jusqu’à la « ligne jaune », c’est‑à‑dire la ligne occupée par Tsahal après le cessez‑le‑feu d’octobre dernier.
Depuis lors, l’armée israélienne avait repris le contrôle de territoires situés à l’ouest de cette ligne.
Tout retrait supplémentaire ne pourra intervenir qu’après la mise en œuvre effective de l’accord et une fois le désarmement du Hamas vérifié.


Fin des assassinats ciblés

Israël cessera les éliminations ciblées de membres du Hamas dans la bande de Gaza, sauf en cas de menace immédiate (« bombe à retardement »).


(*) Chaîne israélienne N12


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