Jean-Paul Mari présente :
Le site d'un amoureuxdu grand-reportage

Donald Trump face à Xi Jinping : qui sera le maître du monde?

publié le 23/09/2026 par Pierre Haski

A Washington, les Etats-Unis face à la Chine jouent la stabilité pour mieux rivaliser

Pour leur troisième rencontre depuis le retour de Donald Trump aux affaires, les dirigeants américain et chinois sont en quête de stabilité dans leur relation ; ce qui n’empêche pas la rivalité entre deux hommes, et deux nations, qui se voient en maître du monde.

Difficile de trouver deux hommes plus différents que Donald Trump et Xi Jinping. Le président des États-Unis et le Secrétaire Général du Parti communiste chinois se retrouvent pour la troisième fois en moins d’un an, à un moment où le monde est déstabilisé par les guerres, par les prix de l’énergie qui explosent, par l’effacement de l’idée même de communauté internationale.

Mais ne comptez pas sur les dirigeants des deux premières puissances mondiales pour s’attaquer à ces problèmes globaux, qui concernent le sort de milliards d’individus. Ils ont chacun leur agenda, très autocentré ; et nous, le reste du monde, n’en faisons pas partie.

Hier, Donald Trump était à la tribune de l’ONU, et il s’est livré à son exercice habituel de vantardise, de menaces, et d’outrances que personne ne prend plus au sérieux. Il ne fait plus illusion quand il est enlisé au Moyen Orient et plombe l’économie mondiale.

Xi Jinping, lui, vient avec la conviction que l’heure de la Chine est arrivée, et ce n’est pas le spectacle désolant de la Maison Blanche qui le démentira. Il gardera son visage impassible, qui donne l’illusion d’être un pôle de stabilité dans le chaos du monde.

Donald Trump et Xi Jinping ne sont pas inscrits dans la même temporalité, leurs attentes ne sont pas les mêmes. Le président américain a le regard fixé sur ses élections de mi-mandat -il en même parlé dans son discours à l’ONU-, et ne sait toujours pas comment sortir du bourbier moyen-oriental dans lequel il s’est lui-même jeté. Il a besoin de la Chine.

Le dirigeant chinois a d’autres préoccupations : il veut profiter de l’accalmie dans la guerre commerciale avec les États-Unis ; il avance ses pions sur Taiwan, en tentant d’empêcher l’Amérique d’armer l’île qu’il convoite ; et enfin, il veut peaufiner sa stature alors qu’il avance vers un quatrième mandat à la tête de la Chine l’an prochain.

Le point commun de ces deux agendas, c’est le besoin de stabilité dans leur relation. Trump avait commencé son second mandat en imposant des droits de douane record à la Chine, pour se prendre un embargo sur les terres rares en retour. Il avait dû reculer et, depuis, tient compte du rapport de force qui ne lui est pas favorable.

Cette stabilité recherchée peut être considérée comme une bonne nouvelle. Mais la stabilité est une vertu louable qui n’empêche pas les ambitions. Derrière les sourires à Washington, il reste une rivalité farouche : les États-Unis feront tout ce qu’ils peuvent pour empêcher la Chine de les dépasser, technologiquement et militairement ; tandis que Xi Jinping garde le cap sur la reconquête de Taiwan et sur l’objectif de devenir la première puissance mondiale.

Ces deux hommes n’aiment pas qu’on leur fasse de l’ombre ou que l’on se mette en travers de leur route. Donald Trump a cette pulsion narcissique qu’il met en image régulièrement sur son réseau social ; tandis que Xi Jinping se vit en empereur d’une Chine qui renoue avec sa splendeur passée.

Le reste du monde, lui, est réuni à New York, à l’ONU, maison commune malade et marginalisée, à l’image d’un monde fragmenté. A Washington, tout sépare Donald Trump et Xi Jinping, sauf cette ambition farouche de devenir maître du monde.


Tous droits réservés "grands-reporters.com"