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Esclavage moderne : 50 millions de victimes et 236 milliards de profits

publié le 03/12/2025 par grands-reporters

En cette Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, l’ONU révèle des chiffres en hausse constante, le travail forcé s’impose comme un système mondialisé et lucratif

Une économie criminelle qui pèse plus qu’un pays

Le constat est sans appel. Ce mardi 2 décembre, alors que la communauté internationale commémore l’adoption de la convention de 1949 contre la traite des êtres humains, les Nations Unies dressent un bilan statistique alarmant : l’esclavage ne recule pas, il se transforme et s’intensifie.
Les dernières données de l’Organisation internationale du Travail mettent en lumière la dimension financière du phénomène. Le travail forcé génère aujourd’hui 236 milliards de dollars de profits annuels, l’équivalent du PIB de l’Éthiopie, directement soustraits à des travailleurs incapable de couvrir leurs besoins essentiels.
Loin d’être résiduel, le phénomène s’aggrave. Entre 2016 et 2021, 10 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans une forme d’esclavage moderne, pour atteindre 50 millions d’individus. Parmi eux, 27,6 millions sont soumis au travail forcé.

Le secteur privé, premier bénéficiaire

Sous le terme d’esclavage moderne, sans définition juridique unique, se regroupent des pratiques diverses : travail forcé, servitude pour dettes, mariages contraints, traite d’êtres humains. Pour António Guterres, ces exploitations prospèrent sur l’extrême pauvreté, la discrimination et la dégradation environnementale. L’analyse bouscule les idées reçues : 14 % des cas relèvent d’impositions étatiques. L’immense majorité, près de 90 %, opère dans l’économie privée.

Femmes et enfants en première ligne

L’Asie-Pacifique concentre le plus grand nombre de victimes, 15 millions. Mais ce sont les États arabes qui affichent la prévalence la plus élevée : une personne sur 200. Les femmes et les filles sont majoritaires parmi les victimes : 4,9 millions subissent l’exploitation sexuelle commerciale, 6 millions sont exploitées dans d’autres secteurs.
La situation des mineurs est tout aussi alarmante : un huitième des victimes d’esclavage moderne sont des enfants, dont plus de la moitié exploités sexuellement. Plus de 150 millions d’enfants dans le monde travaillent de manière contrainte.

Appel urgent à une réponse mondiale

Face à ces chiffres, António Guterres demande de dépasser l’indignation pour passer à l’action. Gouvernements, entreprises et société civile doivent s’unir pour briser ce système. L’ONU insiste sur la réparation : justice, indemnisation, réhabilitation des victimes.
Pour les Nations Unies, mettre fin à ce marché noir à 236 milliards de dollars est indispensable pour espérer bâtir un monde fondé sur la justice et la dignité.



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