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Exécutions en Iran : une course folle à la mort

publié le 01/01/2026 par grands-reporters

Plus de 1 500 exécutions en 2025 un record depuis 35 ans. Enquête sur une année où la peine de mort est devenue un outil systématique de terreur d’État

500 exécutions en 2022, 800 en 2023, 975 en 2024, plus de 1 500 en 2025…

L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a publié jeudi 1er janvier 2026 un rapport accablant : au moins 1 500 exécutions ont été recensées en Iran en 2025. Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’organisation, précise qu’il s’agit du chiffre le plus élevé depuis la fin des années 1980. « Ce dont nous sommes sûrs, c’est que le nombre d’exécutions dépasse les 1 500. C’est un record absolu, le plus grand nombre d’exécutions signalées depuis plus de 35 ans », a-t-il déclaré à l’AFP.

La progression est vertigineuse : 500 exécutions en 2022, 800 en 2023, 975 en 2024, et désormais plus de 1 500 en 2025. « Les autorités iraniennes utilisent la peine de mort comme un instrument de terreur », affirme Mahmood Amiry-Moghaddam. Les Nations unies ont qualifié cette recrudescence d’« exécutions profondément inquiétante », tandis que Téhéran se contente de répondre que la peine capitale est réservée aux « crimes les plus graves », une justification de plus en plus contestée.

« On ne nous a même pas rendu son corps »

Derrière chaque exécution, il y a des proches laissés dans le désarroi. Maryam, 32 ans, rencontrée à Téhéran, témoigne : « Mon frère, Reza, a été pendu en janvier 2025 pour avoir participé à une manifestation en 2022. Il avait 24 ans. On ne nous a même pas rendu son corps. Nous n’avons pas pu organiser de funérailles, ni lui dire un dernier adieu. Aujourd’hui, nous vivons avec ce vide, cette injustice qui nous ronge. »

À Zahedan, dans la province du Sistan-Baloutchistan, la mère de Javad, exécuté en mars 2025, confie sous les sanglots : « Mon fils était boulanger. Il distribuait du pain aux pauvres. Ils l’ont accusé de terrorisme parce qu’il était baloutche. Il n’a jamais touché une arme. Maintenant, je porte son portrait partout avec moi, pour que les gens sachent ce qu’ils ont fait. »

Ces récits, recueillis par des militants des droits humains, illustrent une réalité brutale : la peine de mort en Iran frappe souvent les plus vulnérables, dans un climat d’impunité totale.

Une répression ciblée : minorités et opposants en première ligne

Les minorités ethniques sont particulièrement touchées. Selon Amnesty International, près de 40 % des exécutions en 2025 ont visé des Kurdes, des Baloutches ou des Arabes ahwazis, souvent sous prétexte de « séparatisme » ou de « terrorisme ». Les opposants politiques ne sont pas épargnés. Une femme, qui a requis l’anonymat, raconte : « Mon mari, enseignant, a été exécuté en septembre pour avoir critiqué le gouvernement sur les réseaux sociaux. Il n’a même pas eu droit à un avocat. On l’a accusé de ‘corruption sur Terre’. Quel crime a-t-il commis ? Avoir exprimé son opinion ? »

Les femmes ne sont pas non plus à l’abri. Zahra Sedighi-Hamadani, militante LGBTQ+, a été pendue en octobre 2025. Une amie proche, exilée en Allemagne, dénonce : « Zahra n’a eu aucun procès équitable. Elle a été arrêtée, torturée, et exécutée en quelques mois. Les autorités voulaient envoyer un message : toute voix dissidente sera écrasée. »

L’Iran, champion mondial des exécutions

Avec ce bilan, l’Iran se place parmi les trois pays les plus exécuteurs au monde, aux côtés de la Chine et de l’Arabie saoudite. Mais contrairement à ces derniers, Téhéran applique la peine de mort pour des crimes qui ne relèvent pas des standards internationaux. Penduaisons publiques, exécutions de mineurs – en violation de la Convention internationale des droits de l’enfant –, et recours systématique à la torture pour obtenir des aveux : le régime iranien semble déterminé à défier les normes internationales.

En Europe, des manifestations de solidarité se multiplient. À Paris, le 11 octobre 2025, des centaines de personnes ont défilé pour dénoncer « le silence complice de la communauté internationale ». Une militante franco-iranienne, portant le portrait de son frère exécuté, déclarait : « Chaque exécution est un échec pour l’humanité. Nous ne pouvons pas rester silencieux. »

Que peut faire la communauté internationale ?

Face à cette escalade, les options semblent limitées :

  • Sanctions ciblées : L’Union européenne et les États-Unis ont déjà imposé des mesures contre des responsables iraniens, mais leur efficacité reste limitée.
  • Isolement diplomatique : Certains pays, comme la France, ont rappelé leurs ambassadeurs pour consultation, une mesure symbolique mais forte.
  • Mobilisation citoyenne : Les ONG appellent à une pression constante sur les gouvernements pour qu’ils condamnent publiquement ces pratiques.

Mahmood Amiry-Moghaddam insiste : « Le monde ne peut plus fermer les yeux. Chaque exécution est un crime contre l’humanité. Ceux qui les ordonnent doivent être tenus pour responsables devant la justice internationale. »


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