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Guerre en Iran : La Chine se frotte les mains

publié le 28/03/2026 par Malik Henni

Prudent mais opportuniste, Pékin en profite pour avancer à bas bruit face à la guerre. Mais le conflit risque de pousser la nouvelle puissance à s’engager 

Depuis le début du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, la position de Pékin inquiète. Si la rhétorique officielle chinoise loue volontiers la solidarité entre deux civilisations millénaires face à l’impérialisme occidental, la réalité est plus froide. Pour la Chine, les enjeux de cette guerre dépassent la simple sécurisation de son approvisionnement en hydrocarbures. Ils remettent en cause sa posture diplomatique et sécuritaire.

Une alliance sans garantie

La relation sino-iranienne est vaste, mais elle manque de profondeur : bien que les deux nations aient signé en 2021 un accord stratégique prévoyant 400 milliards de dollars d’investissements chinois, leur alliance reste transactionnelle. Pékin est disposé à vendre des armes à Téhéran, mais refuse toute garantie de sécurité. Ces armes ont d’ailleurs eu une efficacité limitée. Certes, le dernier voyage à l’étranger de feu Ali Khamenei était à Pékin, mais cela remonte à… 1989. Ebrahim Raïssi avait fait le déplacement en 2023, sans renforcer la coopération entre Pékin et Téhéran.

Une dépendance relative au pétrole iranien

Ce pragmatisme s’observe également sur le plan énergétique : si la République islamique écoule près de 90 % de son pétrole vers l’Empire du Milieu, souvent à prix cassés en raison des sanctions occidentales, ce brut ne représente que 13 % des importations chinoises. En prévision des crises, Pékin a diversifié ses fournisseurs en se tournant vers les autres pays du Golfe et a accumulé des réserves stratégiques.

Une guerre qui éloigne l’Amérique de la région

Toutefois, ce conflit n’apporte pas que des motifs d’inquiétude pour Xi Jinping. Il offre aussi des opportunités : l’attention militaire, financière et diplomatique des États-Unis est détournée vers le Moyen-Orient. Washington y dépenserait près d’un demi-milliard de dollars par jour. Cette distraction éloigne l’Amérique de la région indopacifique, offrant à Pékin une marge de manœuvre pour avancer ses pions, notamment sur Taïwan.

La fin de l’ambiguïté ?

Mais le vrai défi est ailleurs. La neutralité de façade et la fameuse « ambiguïté stratégique » atteignent leurs limites. Avec des intérêts économiques mondialisés et près d’un million de ressortissants installés au Moyen-Orient, Pékin ne peut plus rester en retrait. Ses citoyens et ses partenaires commerciaux attendent une protection concrète.

De spectateur à puissance exposée

La Chine a longtemps agi comme un « passager clandestin » de la sécurité mondiale : elle a profité de la stabilité garantie par l’hégémonie américaine sans en assumer les coûts. Face à un monde où l’Amérique de Donald Trump semble prête à renverser l’ordre établi, Pékin fait face à une question simple : que se passe-t-il après ? La Chine doit sortir de sa zone de confort et assumer des responsabilités risquées, inhérentes à son statut de puissance émergente.


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