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Iran 1 – Trump 0 – Israël sur la touche

publié le 26/05/2026 par Marc Lefevre

Après 70 jours de guerre, Trump s’apprête à sceller avec Téhéran un accord nucléaire qui renforce le régime iranien et laisse Israël plus isolé que jamais

Après 70 jours de conflit armé, les grandes lignes d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran commencent à être révélées et font la démonstration que le régime des mollahs sort renforcé de ce conflit. Malgré les dénégations de Donald Trump, ce sont les demandes prioritaires de Téhéran qui seront satisfaites.

Un cessez-le-feu payé au prix fort

  • Moyennant un cessez-le-feu de 60 jours et la levée du blocus du détroit d’Ormuz, l’Iran pourra de nouveau vendre librement son pétrole et commencer à financer sa reconstruction.
  • Les négociations qui seront menées pour arriver à un accord définitif seront accompagnées par une levée progressive des sanctions économiques américaines contre l’Iran.

Téhéran temporise sur le nucléaire

Pour les questions affichées comme prioritaires pour les Américains, l’Iran prend prétexte de nombreuses consultations au sein de la hiérarchie du pouvoir pour prendre son temps.

  • Des engagements iraniens sur l’arrêt de l’enrichissement d’uranium et le démantèlement du stock d’uranium enrichi sont régulièrement annoncés par la Maison-Blanche et démentis tout aussi régulièrement par des responsables à Téhéran.
  • Les autres sujets importants pour les États-Unis et Israël, comme l’arrêt du programme de développement de missiles balistiques ou le soutien apporté par l’Iran au Hezbollah et à ses autres proxys, sont absents de l’accord annoncé et sont repoussés sine die.

La diplomatie, choix contraint de Washington

Donald Trump a beau continuer à agiter ses menaces de relance possible d’actions militaires, il semble à peu près évident que c’est la voie diplomatique qui est privilégiée :

  • Les pays arabes alliés des États-Unis ont fait la démonstration de leur vulnérabilité stratégique et de leur impuissance militaire. Et ils demandent un arrêt des hostilités.
  • Rien ne filtre sur ce que Trump pourrait obtenir de la Chine en échange d’une désescalade avec l’Iran, mais la question mérite d’être posée suite à sa rencontre avec Xi Jinping.

Israël et le peuple iranien, grands perdants

En attendant, c’est Israël – et le peuple iranien – qui semble le grand perdant d’un accord qui maintiendrait en place le régime des mollahs et des gardiens de la Révolution.

Depuis son entrée en politique, Benjamin Netanyahou a axé son parcours politique sur la mise en avant de la lutte contre la menace iranienne.

En 2018, il avait prétexté de l’absence d’engagements iraniens sur leur programme balistique pour réussir à convaincre « son ami » Donald Trump de dénoncer l’accord multilatéral JCPOA de limitation de son programme nucléaire conclu par l’Iran en 2015 avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Libérés des contraintes de l’accord de 2015, les Iraniens s’appuient aujourd’hui sur un stock d’uranium hautement enrichi de plus de 2 tonnes, en plus des 440 kg d’uranium enrichi à 60%.

Le revers stratégique de Trump

Pour tenter de s’extraire du bourbier dans lequel il s’est lui-même enfoncé, Donald Trump est sur le point de conclure avec l’Iran un accord nucléaire plus contraignant que celui de 2015 qu’il avait déchiré.

En laissant un régime iranien sortir renforcé régionalement après avoir tenu tête à deux grandes puissances militaires, Donald Trump aura illustré son incompétence et sa pusillanimité.

Il est en passe de laisser son allié Benjamin Netanyahou seul face à un ennemi principal très loin d’être affaibli et encore plus déterminé à s’imposer dans la région.

Israël, en guerre et en campagne

En Israël, le désarroi prévaut parmi les responsables politiques et militaires, toutes tendances et sensibilités confondues. On cherche encore à se rassurer en attendant les résultats d’une négociation dont le pays est exclu alors que ses intérêts vitaux sont en jeu.

La Knesset s’étant prononcée pour une dissolution avancée, la campagne électorale a démarré et les différentes forces politiques s’organisent pour des élections annoncées pour le mois de septembre.

En Israël, le constat est partagé par l’ensemble de la population :

Malgré les sacrifices humains et matériels et les succès militaires depuis les massacres du 7 octobre, Israël n’a obtenu qu’un répit sécuritaire, sans garantie crédible pour l’avenir.

Le gouvernement Netanyahou a choisi de lier son avenir et sa sécurité à une alliance exclusive avec Donald Trump.

La démonstration est en train de se faire que ce choix amène à une impasse stratégique et à un isolement international aggravé. Pour l’instant, l’opposition ne partage qu’un objectif : pousser Benjamin Netanyahou vers la sortie. Elle n’a pas encore tranché sur ce qu’elle veut offrir en échange au pays.

Reste une question centrale : s’agit‑il de rompre avec la ligne politique et stratégique actuelle pour sortir des impasses, ou simplement de promettre « mieux » que Netanyahou dans le cadre qu’il a lui‑même fixé ? « Les prochains mois diront si le pays est prêt à rompre avec l’héritage Netanyahou ou s’il se contente d’en reconduire les lignes sous un autre visage. »


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