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Israël a voté pour la peur plutôt que l’espoir

publié le 28/10/2026 par Marc Lefevre

Netanyahou résiste, l’opposition déçoit, les partis arabes s’imposent. Sans majorité claire, à la recherche d’une coalition, Israël reste prisonnier de la cuisine post-électorale

À la clôture du scrutin du mardi 27 octobre au soir, les premiers sondages en sortie de bureaux de vote étaient déjà loin des prévisions publiées pendant les derniers jours de la campagne électorale.

Ils donnaient encore un léger avantage en mandats de députés au bloc d’opposition et ouvraient les perspectives d’un gouvernement de changement même avec une majorité parlementaire fragile. Mais très rapidement, ces sondages ont commençé à attribuer plus de voix au parti Likoud de Netanyahou qu’au parti Yachar (Droit) de Gadi Eisenkot.

Netanyahou résiste, l’alternance s’éloigne

Les premiers résultats du dépouillement dans la nuit confirmaient cette tendance. Et dans la matinée, une fois que plus de 50% des votes avaient été validés, la conclusion était nette : le bloc d’opposition à Netanyahou avait échoué. Crédité d’environ 50 sièges, il en obtiendrait moins que le bloc des partis qui soutiennent Netanyahou.

L’effondrement annoncé et espéré par beaucoup de Benjamin Netanyahou n’aura pas eu lieu. Avec un bloc de soutiens crédité d’environ 55 sièges, le Premier ministre sortant se maintient au centre des combinaisons et des possibles scénarios futurs.

Une forte mobilisation

On attendait avec intérêt les conséquences possibles d’une évolution possible des taux de participation. Conscients de l’importance stratégique de ces élections, tous les secteurs de la population se sont mobilisés. Et la participation électorale a été en forte augmentation partout. Que ce soit les religieux ultra-orthodoxes de Jérusalem, les Arabes israéliens, les libéraux démocrates des villes du centre ou les électeurs du Likoud des villes de la périphérie, tout le monde est allé aux urnes pour faire pencher la balance en sa faveur.

Pour tous ceux qui espéraient une nouvelle gestion du pays et des perspectives pour sortir des traumatismes du 7 octobre, le constat est amer. Les craintes sécuritaires qui traversent le pays continuent à être manipulées avec talent par Benjamin Netanyahou. Elles ont prévalu dans l’électorat israélien juif qui l’a préféré à l’espoir d’une gestion responsable et moins aventureuse.

L’opposition rattrapée par ses contradictions

Pendant ce temps-là, le bloc d’opposition paie ses erreurs. Il s’est présenté comme une coalition de partis souvent rivaux et réunis essentiellement pour faire tomber Netanyahou. C’est seulement bien tard dans la campagne que ses leaders ont commencé à se soucier d’élaborer un programme de gouvernement attractif et donner un contenu à la volonté de changement qu’ils souhaitaient incarner.

Ils paient cher leurs atermoiements sur le vote arabe. La plupart des composantes de l’opposition avaient laissé entendre au début de la campagne qu’elles étaient disposées à travailler avec le parti arabe Ra’am qui a déjà participé au gouvernement Lapid-Bennett. En cédant à l’excitation nationaliste anti-arabe de Netanyahou, ils ont fait machine arrière, révélant leur manque de courage et leurs divisions. Ils ont également envoyé un signal négatif fort aux Arabes israéliens. Ceux-ci l’ont compris, en votant massivement pour envoyer une forte représentation de députés arabes israéliens à la nouvelle Knesset. Ces quelque quinze députés, selon les dernières estimations, rappelleront en permanence que l’État d’Israël ne pourra continuer à les ignorer.

Le couvercle s’est refermé

Ces élections donnaient l’opportunité aux électeurs israéliens d’ouvrir la voie à une société plus ouverte et plus éclairée. Le couvercle semble se refermer sur une société qui n’arrive pas à se libérer de ses peurs. Et attend encore désespérément un nouveau leadership porteur d’une vision et d’un espoir.


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