La France affaiblie dans le monde après les violences du week-end
À six mois d’une élection incertaine et avec une situation financière précaire, la France a rajouté à l’inquiétude du monde avec cette explosion de violence
Photo: Les photos de l’hôtel de ville de Limoges en flamme ont fait le tour du monde entier ©AFP – PASCAL LACHENAUD / AFP
Donald Trump a appelé la France à fermer ses frontières après les violences du week-end, qui ont choqué le monde entier.
« La France brûle », écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. On pouvait compter sur le président américain pour réagir brutalement aux images venues de France. Et il le fait avec son prisme idéologique : « Fermez vos frontières et reprenez le contrôle avant qu’il ne soit trop tard », ajoute-t-il.
Son vice-président, J.D. Vance, qui avait sermonné l’Europe l’an dernier sur la perte de valeurs civilisationnelles, n’est pas en reste : il écrit que les « libéraux » ont importé le tiers monde en France « au nom de l’assimilation et de la compassion » ; et il met en garde les Américains que c’est l’avenir que les Démocrates préparent pour les États-Unis. Les élections de mi-mandat ont lieu dans deux semaines et il n’y a pas de petit profit politique.
Les images des violences en France donnent également des ailes aux partisans des méthodes fortes. Le président du Salvador, Nayib Bukele, connu pour ses prisons impitoyables, estime que la France pourrait régler ses problèmes « en une semaine », si elle suivait sa voie. Ça rappelle évidemment l’Iran qui, au début du mouvement lycéen, a convoqué l’ambassadeur de France pour le réprimander sur les violences policières : gonflé pour un pays qui a fait entre 20 et 30 000 morts dans la répression au début de l’année.
L’écho des événements du weekend est considérable dans le monde
Les photos de l’hôtel de ville de Limoges en flammes, ou des affrontements place de la République à Paris, ont fait la une des médias dans le monde entier. La presse exprime sa stupéfaction devant l’ampleur des scènes de pillage et de destruction. Le Guardian au Royaume-Uni titre sur un « échec colossal de l’État », tandis que le New York Times évoque le « blame game », le jeu des acteurs politiques qui consiste à blâmer l’autre.
Le plus grave est que ça intervient à un moment où la France inquiétait déjà en raison de sa situation financière et de l’impasse politique. Le poids de la dette, les taux d’emprunt français sur les marchés – le fameux « spread », ce mot entré dans le langage courant qui désigne le différentiel entre la France et ses voisins –, et bien sûr la difficulté à adopter un budget. Cela contribuait déjà à former ce que les anglo-saxons appellent un « perfect storm », les conditions d’une « tempête ».
Emmanuel Macron, un « lame duck », « un canard boiteux »
Emmanuel Macron a maintenu son voyage dans le Golfe, destiné à garantir les approvisionnements énergétiques français à un moment de grande tension. Mais il est évident que ce président à six mois de son départ, à la tête d’un pays fragilisé, pèse moins lourd. Il est devenu ce que les Américains décrivent à la fin des mandats de leurs présidents un « lame duck », un canard boiteux ».
Pour autant, dans le chaos du monde actuel, quel dirigeant peut se vanter d’une popularité rayonnante et d’une stabilité sociale à toute épreuve ? D’autres pays européens, comme la Belgique ou l’Italie, ont aussi connu des manifestations contre la vie chère ce week-end. Cela n’enlève rien aux maux de la France et à son influence en berne, mais ça relativise les jugements définitifs. Surtout au moment où Donald Trump passe du côté de Vladimir Poutine, où l’Ukraine a besoin de tous les soutiens, même celui d’une France affaiblie.
L’approche d’une élection incertaine doublée d’un climat explosif font aussi le jeu des adversaires de la démocratie : les images venues de France n’étaient pas faites ce week-end pour leur déplaire.
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