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La guerre en Iran coûte un milliard de dollars par jour

publié le 27/03/2026 par grands-reporters

Cette estimation du coût que fait peser la guerre en Iran sur les contribuables américains fait couler beaucoup d’encre dans les médias outre-Atlantique

La toute première semaine de la guerre avec l’Iran aurait coûté plus de 11 milliards de dollars (près de 10 milliards d’euros) aux contribuables américains, rapporte le magazine Time. Un chiffre qui “n’inclut pas le déploiement de soldats et de navires de guerre dans la région avant les premières frappes”.

En sus du coût des munitions et du matériel militaire, “les Américains ressentent déjà les effets de cette guerre à la pompe”, et une hausse des prix des denrées alimentaires pourrait bientôt suivre en raison des perturbations du commerce mondial, souligne le bimensuel américain.

Les prix recommencent à flamber

Comme l’analyse de son côté The New York Times, alors que, selon Donald Trump, l’économie américaine semblait évoluer favorablement au début de l’année, avec “un marché boursier en effervescence, une stabilisation des prix et des signes d’une reprise vigoureuse de la croissance”, la guerre en Iran est venue interrompre cette trajectoire et créer de nouveaux risques à quelques mois des élections de mi-mandat, qui auront lieu en novembre prochain.

Le plus grand risque pour la Maison-Blanche, d’ici à cette échéance électorale, “réside aujourd’hui dans la hausse rapide des prix de l’énergie, dont les répercussions se font sentir sur toute l’économie et viennent peser sur le budget des familles américaines bien au-delà de la pompe à essence”.

Qui plus est, “tout n’était pas aussi rose sur le plan économique” que ne le claironnait la Maison-Blanche avant le lancement des opérations militaires en Iran, rappelle le quotidien new-yorkais.

La première année du second mandat de Trump a été marquée par d’énormes bouleversements, “notamment sur le marché du travail, qui a connu de nouvelles suppressions d’emplois alors que les entreprises américaines étaient notamment confrontées au choc de la guerre commerciale” déclarée par le locataire de la Maison-Blanche. Et avant le lancement de l’opération militaire Fureur épique contre Téhéran, “de nombreux Américains faisaient déjà état de réelles difficultés à payer leurs courses”, malgré les dénégations répétées de Trump sur la question du pouvoir d’achat.

“Ça finit par faire une belle somme !”

Dans The Boston Globe, la chroniqueuse Yvonne Abraham n’y va pas par quatre chemins pour souligner le fardeau que fait peser cette guerre lancée à la hâte et dans l’impréparation par le locataire de la Maison-Blanche. “Les six premiers jours de la guerre contre l’Iran ont déjà coûté 11,3 milliards de dollars aux contribuables américains”, souligne-t-elle avant de détailler, par le menu et de manière volontairement choquante, les dépenses de guerre engagées par les États-Unis jusqu’à présent.

“Ce missile Tomahawk qui a tué des dizaines d’écolières iraniennes dans leurs salles de classe à Minab dès le premier jour de la guerre [l’administration américaine a indiqué le 13 mars qu’elle allait enquêter sur ce sujet] nous a coûté 2,5 millions de dollars [2,2 millions d’euros]”, écrit-elle sans ambages. Et c’est “une torpille à 4,2 millions de dollars [3,7 millions d’euros] qui a coulé un navire iranien au large des côtes du Sri Lanka le 4 mars, faisant 87 morts et laissant 32 survivants à la dérive. Ça finit par faire une belle somme !” note la chroniqueuse.

Certes, “comme on ne cesse de nous le seriner, la liberté a un prix, poursuit-elle non sans ironie. La plupart des experts semblent s’accorder sur le fait que nous avons dépensé au moins 1 milliard de dollars [près de 900 millions d’euros] par jour depuis que nous nous sommes alliés avec Israël pour attaquer l’Iran le 28 février.” Or, après deux semaines de conflit, “nos responsables politiques ne parviennent toujours pas à s’accorder sur les raisons mêmes de notre intervention. Tout cela rend d’autant plus difficile de justifier les sommes colossales qu’ils dépensent là-bas en notre nom.”

L’histoire montre que les Américains “ont un seuil de tolérance assez élevé face au nombre de morts au Moyen-Orient, mais lorsque semer la destruction chez les autres leur coûte de l’argent réel, même les Américains les plus va-t-en-guerre commencent à vaciller”.

Les électeurs ne parviennent peut-être pas toujours à se faire une idée précise “des milliards nécessaires pour détruire des mosquées et des dépôts de carburant, mais nous comprenons très bien ce que représentent 3,58 dollars [environ 3,12 euros] le gallon [3,8 litres] à la pompe”, conclut-elle.

Par Bérangère Cagnat, Time, traduit et republié par Courrier International


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