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Le Hamas annonce renoncer à Gaza…engagement ou tour de passe-passe ?

publié le 10/07/2026 par Marc Lefevre

En renonçant à l’administration de Gaza, le Hamas nourrit surtout les doutes, tant son contrôle sécuritaire demeure intact

De façon inattendue, le Hamas a annoncé il y a quelques jours qu’il était prêt à renoncer à l’administration civile de la bande de Gaza. Il serait disposé, a-t-il ajouté, à transférer ses responsabilités de gestion au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) créé sous l’égide du Conseil de la paix, toujours localisé au Caire.

Une annonce accueillie avec prudence

On aurait pu s’attendre à ce que cette annonce par le Hamas de sa volonté de se mettre en retrait suscite de multiples analyses et commentaires, aussi bien dans la région que dans le reste du monde. Mais force est de constater que ce sont la prudence, sinon l’indifférence, qui prévalent.

Le Hamas sera jugé sur ses actes

Si la réaction immédiate du gouvernement Netanyahou dénonçant un simple geste de communication n’a étonné personne, il est plus intéressant d’observer la réaction du Conseil de la paix, qui est officiellement en charge de la transition du pouvoir dans la bande de Gaza.

À ce jour, le Conseil de la paix a répondu avec réserve et circonspection. Il salue ce qu’il considère comme une initiative qui va dans la bonne direction, mais il s’empresse d’ajouter que le Hamas sera jugé sur ses actes plutôt que sur des déclarations.

Retrait affiché, contrôle conservé

Car si le Hamas annonce qu’il va dissoudre le comité gouvernemental qu’il avait mis en place depuis sa prise de pouvoir en 2007, il affirme en même temps que les responsables administratifs actuels restent en poste et qu’il entend garder son contrôle sur les forces de sécurité et de police.

Par l’annonce de ce retrait, on peut comprendre que le Hamas cherche à améliorer son image et à mieux se positionner à l’égard de la population à l’aube des élections à venir, préparées par l’Autorité palestinienne et annoncées pour l’automne.

Mis en accusation par la population

En effet, une partie significative de la population, que ce soit en Cisjordanie ou à Gaza, ne manque pas de pointer la responsabilité du Hamas dans les destructions et la situation humanitaire catastrophique qui a résulté de sa décision d’attaquer Israël le 7 octobre 2023.

Le Hamas a donc intérêt, même tardivement, à témoigner d’un esprit de responsabilité, à l’heure où la société palestinienne cherche à se reconstruire et aspire au retour au calme et à la stabilité.

Un coût politique que le Hamas veut éviter

Il est clair également que le Hamas ne souhaite pas supporter le coût politique de la situation à Gaza. Par cette annonce de retrait, il cherche à faire porter à d’autres le poids du mécontentement de la population, exposée à une situation humanitaire toujours aussi pénible, et à l’absence de remise en état des infrastructures essentielles.

L’Autorité palestinienne, basée à Ramallah, et son chef Mahmoud Abbas viennent d’annoncer de premiers échanges avec le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), toujours installé au Caire. Mais pour autant, les Palestiniens de Gaza ne voient toujours pas d’initiatives concrètes de reconstruction.

La mise en place des divers contingents internationaux annoncés pour assurer la sécurité dans la bande de Gaza se fait attendre. Pendant ce temps, trafics et corruption prévalent au quotidien, ponctués de règlements de compte entre les différents clans familiaux.

Une transition sous contraintes extérieures

Pour que cette annonce du Hamas puisse être considérée comme significative, il faudra encore que le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) puisse venir s’installer à Gaza et ait une véritable liberté de mouvement.
Il faudra aussi que les milliers de fonctionnaires encore en place ne soient plus rétribués par le Hamas et que des financements garantis par le NCAG soient organisés.

Le poids des armes

Mais ces actes concrets ne verront pas le jour sans l’implication effective du centre logistique piloté par les Américains depuis la ville de Kyriat Gat, en Israël. Et il est illusoire de penser que ces avancées verront le jour tant qu’Israël n’obtiendra pas des garanties sur l’amorce d’une réduction du potentiel militaire du Hamas, en particulier sur les armements lourds qu’il détient toujours.

Entre guerre régionale et impuissance palestinienne

Par-delà les effets d’annonce, les blocages et les obstacles à une véritable reconstruction de Gaza demeurent toujours les mêmes.

  • Le refus du Hamas de se désarmer et l’intransigeance du gouvernement Netanyahou se répondent et s’entretiennent mutuellement.
  • Donald Trump est empêtré dans un conflit à l’issue imprévisible avec l’Iran et ne semble avoir ni l’envie ni la capacité d’exercer les pressions nécessaires sur les parties en présence à Gaza.

Tant que durera cette situation, les Gazaouis devront attendre et se satisfaire des vagues intentions du Hamas, de l’intransigeance israélienne et de l’impuissance de l’Autorité palestinienne.


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